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Artistes et Internet, le mix gagnant?

15/03/2014 08:12 EDT | Actualisé 15/05/2014 05:12 EDT

Art, artiste, oeuvre. Trois mots, unis en un fondamental commun depuis la préhistoire: s'exprimer. À l'aube de changements, l'art s'adapte, pour conserver sa place au sein du «nouvel ordre mondial». Internet abolit la distance ? L'art s'en joue et y propulse ses talents.

Et ils se comptent en millions. 2% de la population mondiale est artiste professionnel. 6 fois le nombre de docteurs. Les oeuvres produites annuellement ? 7,8 milliards selon Namta.

Un constat qui convainc Prasad Ankit de lancer, avec Mohammed Wasim, «TouchTalent» en avril 2012. L'idée ? «À la manière de LinkedIn, nous construisons une communauté d'artistes. Photographie, art, sculpture, art digital, édition vidéo, poème, sont quelques-unes des 19 catégories du site. Chacun est libre d'y déposer la photographie de son oeuvre». Et l'audience est au rendez-vous - un commentaire posté chaque 2 minutes. Une fois rendue publique, l'oeuvre reçoit 155 consultations (moyenne). Si l'artiste le souhaite, sa production pourra être vendue directement sur le site. Prasad Ankit précise avec vigueur qu'à ce jour, aucune commission ne s'applique. «Une galerie d'art conserve 30 à 50% du montant, nous avons fait le choix du 0%. Cependant, des abonnements premium sont proposés. 60$ par an pour des fonctionnalités étendues». Les clients de cette option résident dans 18 pays. Chiffre à relativiser eu égard de l'audience du site: 192 pays dans le monde.

Côté entrepreneuriat, Prasad Ankit n'a rien du débutant: il est entrepreneur depuis l'âge de 15 ans. Les chiffres viennent corroborer ses compétences acquises de l'expérience. TouchTalent compte aujourd'hui 300 000 membres, avec un objectif à 1,7 million d'ici à janvier 2015. Lancée le 2 janvier 2014, l'application mobile compte d'ores et déjà 200 000 téléchargements. Chaque minute, un téléchargement mobile est recensé. Le site reçoit pour sa part quotidiennement, des visiteurs de 100 nationalités différentes.

Niveau futur ? «La priorité est à la structuration d'une équipe de qualité. Premier recrutement en cours. Ils donneront un nouveau souffle. Plusieurs avancées majeures sont en cours» affirme Prasad Ankit.

Esprit créatif ou mercantile: le dilemme

Un futur pour lequel, Prasad Ankit se veut intimement convaincu, «de l'importance du 100% passion pour l'art amateur. Cet attrait désintéressé les différencie des professionnels». Une variation de statut qu'Internet tend à marginaliser. Il renchérit avec pertinence : «création et vente sont deux aspects différents. L'unique souhait de certains artistes réside dans l'assouvissement d'une passion créative». A contrario, un artiste professionnel doit disposer de levier permettant la vente. Internet en est un. Et sa contribution permet l'émergence de transactions toujours plus globalisées.

Cette évolution, Prasad Ankit l'illustre d'un exemple. «Pubali Dutta est l'une de nos artistes, elle vit à New Delhi. Son oeuvre a été achetée par un résident pakistanais. L'adresse de délivrance ? Un ami à Seattle (États-Unis). Un paiement via PayPal aura suffi». Un monde de possibilité s'offre aux artistes. De là à envisager une «consommation artistique» alternative dans les années à venir, il n'y a qu'un pas.

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