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Cours d'éducation financière: une démarche précipitée

01/06/2017 11:50 EDT | Actualisé 01/06/2017 11:51 EDT

Monsieur le ministre, nous, les membres du conseil d'établissement de l'école Joseph-François-Perrault, avons décidé de vous écrire au sujet du nouveau cours d'éducation financière, plus particulièrement de la démarche précipitée et unilatérale qui a accompagné sa mise en place pour l'an prochain. Nous nous sommes particulièrement sentis bousculés par l'urgence que vous nous imposiez. Un tel changement dans l'organisation scolaire a des impacts majeurs sur les acteurs de l'éducation que sont les enseignants, les parents et les élèves.

Comme le conseil d'établissement a pour mandat d'adopter la grille horaire et que c'est cette dernière qui détermine l'éventail des cours offerts, mais également la tâche de l'ensemble des enseignants, nous savons qu'il est indispensable de procéder à cet exercice plusieurs mois avant la fin de l'année scolaire en cours. C'est pour nous une question de rigueur et de respect de tous qui nous tient à cœur. Votre décision tardive quant à la modification du régime pédagogique nous a forcés à refaire une démarche déjà faite - la maquette scolaire avait déjà été entérinée par le Conseil d'établissement -, mais, cette fois-ci, de façon urgente. D'ailleurs, la marge de manœuvre était pour ainsi dire inexistante : le cours d'éducation financière sera obligatoire, attribué à un enseignant d'univers social, offert à tous les élèves de cinquième secondaire et remplacera une partie du cours de monde contemporain.

La cinquième secondaire étant l'aboutissement du travail colossal qu'accomplissent nos jeunes, vous comprendrez que l'horaire est déjà surchargé pour eux. Vous nous forcez aujourd'hui à le surcharger davantage.

Nous tenons aujourd'hui à unir nos voix afin de dénoncer la rigidité avec laquelle votre ministère a piloté l'implantation de ce cours. À titre d'exemple, ici, à l'école Joseph-François-Perrault, notre expertise est l'apprentissage de la musique classique, passant de la maîtrise d'un instrument à l'appréciation musicale en passant par la participation à un ensemble vocal. La cinquième secondaire étant l'aboutissement du travail colossal qu'accomplissent nos jeunes, vous comprendrez que l'horaire est déjà surchargé pour eux. Vous nous forcez aujourd'hui à le surcharger davantage.

Enfin, nous nous permettons de vous rappeler le triste sort que vous réservez au cours de monde contemporain. Une fois de plus, pour libérer du temps, vous agissez avec entêtement en amputant à ce cours la moitié de son contenu. Comme si ce n'était pas assez, vous ne donnez aucune balise claire sur les thèmes à couper. Des cinq thèmes qui composent le cours (population, pouvoir, richesse, environnement, conflits et tensions), vous demandez à chaque enseignant de traiter deux thèmes de leur choix. Cette apparente souplesse cache, à notre sens, un certain mépris d'un cours que nous estimons riche. En refusant de baliser ce nouveau cours raccourci, vous nous dites qu'au fond, ce n'est pas si grave si on aborde un sujet ou un autre. Nous croyons, pour notre part, que tous ces sujets devraient continuer d'être abordés puisqu'ils stimulent chez nos jeunes l'esprit critique et la curiosité intellectuelle.

En terminant, nous répétons notre grande déception et notre mécontentement quant à la façon dont votre ministère a piloté la mise en place du cours d'éducation financière. Nous n'avons pas le sentiment d'avoir eu le choix ou la marge de manœuvre que nous méritions. Plus fondamentalement, nous n'avons pas eu le sentiment d'avoir été invités à partager notre opinion puisque la consultation habituelle pour la mise en place d'un nouveau cours a été arbitrairement écourtée. Nous espérons que vous prendrez note de nos constatations et que vous saurez à l'avenir répondre à nos inquiétudes que nous croyons légitimes.

Ce texte est cosigné par Elaine Leroux, Présidente du Conseil d'établissement de l'école Joseph-François Perrault.

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