Le balancier stupide de nos émotions incontrôlées s'est encore fait aller. c'était écrit dans le ciel désespérant de nos médiocrités répétées. On n'apprend pas, c'est décourageant.
Pourquoi diable ne sommes-nous pas capables de nous indigner avec intelligence? Pourquoi devons-nous forcément aller frapper le même mur, sur la même route, et à la même vitesse que la dernière fois? Nous sommes des incontinents émotifs, et on en fout partout. La policière en question a agit et parlé de façon inacceptable. On est tous d'accord là-dessus, c'est révoltant.
Mais c'est toujours la même valse bancale à deux temps. Premier temps, l'indignation sans sphincter. On s'échappe, et ça ne tarde pas à sentir mauvais. Sans contrôle, injures, parodies, diffusion de son adresse, menaces de mort, lynchage... du bruit, du bruit, du bruit, jusqu'à l'écoeurement. Et quand, épuisés, le nez dans notre pisse, on se rend compte qu'on aurait un peu dû serrer les fesses, vient le temps du deuxième temps de notre danse ridicule, le remord, tout aussi imbécile. Ils ne sont pas tous comme ça dans la police, soyez respectueux, c'est un être humain, et gnagnagna, et gnagnagna... Un deuxième temps tout aussi gluant que le premier.
Si au moins c'était la première fois. Souvenez-vous l'an dernier, la petite ado qui s'est suicidée parce qu'elle subissait de l'intimidation. Souvenez-vous comment l'autre petite, soupçonnée d'intimidation, a été, par nous, livrée aux chiens. Souvenez-vous, l'an dernier encore, quand un certain internaute a voulu piéger des cyber-prédateurs, comme nous avons, complices, diffusé en large photos et vidéos d'individus sans jamais se soucier, ni du vrai, ni du faux, ni des impacts d'une telle justice irraisonnée et lapidaire. Et j'aurais pu parler de Cantat, de Turcotte...
Et finalement, qu'avons-nous réglé? Rien évidemment. L'intimidation vient de tuer cette semaine encore en Colombie-Britannique, et je crois bien que les cyber-prédateurs sévissent toujours. Nos pertes chaudes sont non seulement inutiles, mais elles finissent, du fait de ce balancier d'excès d'indignation et de remords, par neutraliser l'événement, par un épuisement invisible de l'émotion.
Quarante-huit heures après la diffusion des images de l'intervention inacceptable de la policière, où en sommes-nous? On est écoeurés, on ne veut plus en entendre parler. Voilà le résultat. Les excès d'indignation et les excès de remords font qu'on n'en pense plus rien, déjà.
Et on recommencera, parce que c'est offert, parce que c'est permis.
Suivre Savignac sur Twitter: www.twitter.com/_Savignac
Faudra-t-il qu'il ajoute un commentaire déplacé sur les artistes ou les carrés rouge afin qu'on y porte ne serait-ce qu'un dixième de l'attention qu'il mérite ?
Par contre, le fait d'être scandalisé et d'en discuter, de pair avec les témoignages et les documents audio et vidéo publiés, sont notre meilleure garantie que les choses vont enfin bouger. Je vous signale aussi que les québécois ont démontré une remarquable résilience dans leur demande pour la tenue d'une enquête publique. Ils en ont parlé presque sans discontinuer pendant deux ans, ils ont tenu leur bout pendant deux ans, ils se sont scandalisés pendant deux ans et ils ont finalement obtenu gain de cause.
Ils nous donnent un peu de prise sur la réalité, ils nous permettent de l'appréhender dans toute son horreur parfois et cela ne pourra selon moi, qu'apporter des changements pour le mieux, car la plupart des citoyens ne sont ni cinglés, ni irresponsables et malheureusement le fait que les cinglés, les maniaques et les irresponsables puissent eux aussi s'exprimer est le prix à payer pour cette occasion qui nous est enfin donnée d'exercer un pouvoir qui, depuis longtemps, nous était interdit par ceux qui l'usurpait à leur propre profit.
Elle aura alors tout le support des fédéralistes québecois et du reste du canada en entier!
Ca va de mal en pis !!!
http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2012/10/14/001-matricule-temoin-rapport.shtml?isAutoPlay=1
Je suis très heureux, pour ma part, des suites de cet événement de la #728. Le SPVM était en flamme depuis le psychodramme des carrés rouges. Voici qui va les faire revenir sur Terre. On ne traite pas les citoyens comme des animaux. Nous avons tous la même valeur d'êtres humains, carré rouge, itinérant, PDG. La police a besoin d'une sérieuse remise en question. Le problème fondamental en est un de manque de respect.
Bien sincèrement, en dépit de l'inacceptable de ses gestes et de ses mots, je me demande, en tant qu'être humain, comment on peut recevoir autant de haine,. C'est insensé, c'est ancestral, et nous devons, je crois, mieux nous contrôler.
Pour finir, si par malheur la policière devait un jour, à bout d'humiliation, pendouiller au bout de sa corde, nous aurions sous nos yeux le triste spectacle d'une émotion sans retenue venu de ceux-là même qui l'auront par trop accablée.
Jamais dans ce texte, pas très bon, c'est possible, jamais je n'ai dit que ce qui est arrivé est acceptable.
Oui Simon le SPVM a été dégueulasse, et plus encore. Trois fois oui. Je vois bien que le cas 728 permet de revenir sur le printemps et de mettre ça en évidence, et je suis même capable de comprendre que ça a un goût de justice. Mais je n'arrive pas à me détacher de la personne derrière le matricule, et aussi abjecte qu'elle ait pu être, j'ai un vrai malaise face à son lynchage.
Pour finir, oui je la déteste, oui je la condamne, oui je souhaite qu'elle soit congédiée, mais non je ne veux pas qu'on la lapide. Non pour elle, parce que personne ne mérite ça, et non pour nous, parce qu'on est laids et petits dans ces moments là.
Le constable 728 est la parfaite illustration que la brutalité policière qui est dénoncée tous les ans dans les rues de Montréal est une réalité et non une fiction. Si le SPVM veut retrouver son honneur, il va falloir qu'il travaille fort car il a toutes les apparences d'une organisation ou on laisse libre court aux comportements haineux. Je vous rappelle que les allégations de profilage racial et d'usage exagéré de la force sont légions contre elle.
Et ce qui m'écoeure le plus, c'est la facilité avec laquelle certains agents usent de leur arme contre des itinérants qu'il serait bien facile d'amener à la raison par d'autres moyens.
Je ne ferais pas preuve de la moindre mansuétude vis à vis d'une personne qui est l'auteur d'autant des problèmes ni du corps de police qui l'a visiblement protégé pendant 10 ans.
Face à l'agitation, je pense que le corps de police de Montréal ne fait pas partie de la solution au problème; il est le problème. C'est pour cela que chaque année, vous avez des manifestations contre la brutalité policière à Montréal. C'est justifie. Amplement.
En attendant, utiliser les suppositoires à la glycérine si cous avez des problèmes de sphincters. Vos analogies sont repoussantes.