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Le masculin l'emporte

Publication: 24/03/2012 04:08

Dans un de mes récents textes, je m'adressais aux étudiants en grève. Cette lettre à l'étudiant a connu un écho certain et cette lecture fut recommandée, à ma grande joie, de très nombreuses fois sur les médias sociaux.

Une de ces recommandations a retenu mon attention, elle invitait à lire la lettre à l'étudiant-e. Euh ... non. "Lettre à l'étudiant tiret e" n'est pas mon titre, et en plus c'est très laid. Puis changer un titre, je trouve ça cavalier, chère. Vous l'aurez compris, la personne en question est animée par une grande sensibilité féministe, et de toute évidence elle est en croisade, grammairienne tout au moins.

Retour justement sur la grammaire. Oui, depuis la disparition du neutre latin, le pluriel des genres s'accorde au masculin. C'est conventionnel, et comme ça fait quelques siècles que c'est comme ça, je crois qu'on en est de moins en moins surpris et que notre compréhension n'est pas trop altérée. Testons : "les étudiants sont contre l'augmentation des frais de scolarité". Compréhension : la communauté composée de garçons et de filles qui poursuivent leurs études est contre l'augmentation des frais de scolarité. Ça marche, et j'ai vérifié sur les photos de la manif' du 22, le cortège était bien composé de filles et de garçons. Féminisons: "les étudiantes sont contre l'augmentation des frais de scolarité". Compréhension : les gars s'en crissent.

L'accord masculin est donc un accord inclusif et accueillant les deux moitiés de notre humanité, qu'est-ce que tu veux que je te dise, copine grammaticalement insurgée? Aurait-il fallut que je truffe mon texte de tirets et de e, au risque de le rendre illisible, ou bien suis-je condamné à ne parler que des bagagistes, des téléphonistes, des étudistes afin de m'assurer de ne pas être re-titré au gré de tes humeurs de lutte, copine à l'accord tourmenté?

La langue française est ainsi faite, contrainte de trancher en permanence dans ses genres. Bourreau et assassin, invariablement masculins, te précipites-tu, copine, avec tes tirets et tes e? Est-ce de ma faute à moi si même féminin est un nom masculin? Et as-tu pensé à la souris, petit animal rongeur dont le mâle est si injustement, au péril de sa virilité, affublé de ce petit nom féminin ridicule?

Et la violence copine, la violence... nom commun si stupidement féminin, alors que l'humanité tout entière s'éveille blottie au chaud de ton sein, que tu vas si rarement à la chasse ou à la guerre, toi qui ne fus même jamais dictateure ...

Aujourd'hui, demain, après-demain, des dizaines de copines, des voisines, des collègues de travail vont êtres harcelées, intimidées, bousculées, tabassées. D'ici la fin de l'année, quinze d'entre elles n'y auront pas survécu, parce que le masculin l'emporte. Elle est là, copine, la lutte, et je crois qu'elle a besoin de plus d'indignation et de changements que mes accords.

 

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Dans un de mes récents textes, je m'adressais aux étudiants en grève. Cette lettre à l'étudiant a connu un écho certain et cette lecture fut recommandée, à ma grande joie, de très nombreuses ...
Dans un de mes récents textes, je m'adressais aux étudiants en grève. Cette lettre à l'étudiant a connu un écho certain et cette lecture fut recommandée, à ma grande joie, de très nombreuses ...
 
 
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
AndreLegare
Carpe diem
23:55 sur 24/03/2012
Ha puis après tout....même la police s'en fout.....:)
18:19 sur 24/03/2012
Je crois que je ne saisis pas la pertinence de cet article...

Jocelyne Robert a laissé un très bon commentaire au passage.

Non mais... On s'en fout du "tiret e" ??? Est-ce qu'on peut jaser des vraies affaires, là? x)
18:09 sur 24/03/2012
On pourrait respectivement rebaptiser le masculin et le féminin comme étant le "sans-e" et le "avec-e". On pourrait aussi jeter aux oubliettes la formulation "le masculin l'emporte sur le féminin" et dire que "le féminin est unique" et que "le masculin c'est n'importe quoi". On peut aussi faire un mixte des deux propositions. Afin que la langue soit la plus polyvalente et fonctionnelle possible, il resterait à donner à chaque profession un équivalent "avec-e".
15:22 sur 24/03/2012
Le fait que le masculin l'emporte sur le féminin n'est pas qu'une règle de grammaire anodine, c'est le reflet de nos rapport homme-femme archaïques et dépassés. Il est normal que ça se module avec le temps. Parler de l'«Homme» pour parler des «individus» en général, c'est légitimer que dans l'Histoire, on a refusé d'accorder de l'importance au sexe féminin; c'est tenter de le mettre à néant en lui refusant même d'entrer dans le langage. On appelle ça de la violence symbolique. Autant j'ai adoré votre «lettre à l'étudiant», autant je trouve que cet article est condescendant. On accepte bien de franciser des anglicisme (je pense au mot cédérom, entre autres, que l'on trouve dans le dictionnaire), et de modifier ainsi la langue. Que l'on soit réticent à féminiser des termes mais qu'on accepte les anglicismes, prouve à mon avis que l'homme a du mal à accepter l'égalité des sexes. Mon humble avis...
17:23 sur 24/03/2012
Je sais qu'on lit vite ici, notez toutefois que je ne justifie pas, dans ce texte, ces incongruités de la langue que vous dénoncez, et qui sont vraies. Mais c'est ma langue, telle qu'elle est aujourd'hui, et oui souhaitons qu'elle évolue. Mais en attendant je la manipulerai telle qu'elle est, et je ne la décorerai pas de tirets, majuscules ou autres guirlandes militantes.
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08:53 sur 25/03/2012
Alors que penser des expressions : de TVA ," LE (sic) variété de Stars académie .... "
et aussi : " AU v.tv ", du Canal V.
et tout le charabia de la prononciation "orale" des fins de mots prononcés avec tellement d'insistance que c'est très distrayant que c'est rendu un défaut: voir RDI lecteur de nouvelles.
Enfin chiâler ça fait du bien.

Bonne journée et bonnes réflexions. Continuez
14:34 sur 24/03/2012
J'aime, j'aime, j'aime!
12:15 sur 24/03/2012
Texte très sympathique mais ô combien simplificateur et conventionnel. À l'image de la langue française quoi! En d'autres termes, surtout, n'y changeons rien, le masculin l'emporte, un point c'est tout. Merci de la finale condescendante qui rappelle aux filles où est la vraie lutte. Pour le cas où elles ne le sauraient pas...
15:12 sur 24/03/2012
Jocelyne ! la langue française est simplificatrice et conventionnelle ? Voyons donc ! Elle es la plus subtile et la plus complexe de toutes ! Ah c'est certain qu'on aurait la paix en anglais. Student, fille, garçon, cochon d'inde, le mot est valide et valise, on peut tout mettre dedans ! quant à la subtilité ...
16:17 sur 24/03/2012
"Elle es la plus subtile et la plus complexe de toutes !"

Mouais mouais, si on passe sous silence le chinois à 1500 caractères différents et le Japonnais qu'on met 10 ans à apprendre.....
12:08 sur 24/03/2012
Conférence Régionale des ÉluEs

Oui c'est comme ça que ça s'écrit.

Bienvenue dans notre nouvelle ère M. Savignac!

Bonne journée de réflexions!

Charles Tremblay, biologiste, gauchiste, féministe et encourage l'avancée de féminisme dans la grammaire!
10:13 sur 24/03/2012
Voilà bien les propos d'un dinosaure... Il s'agit là, bien sûr, de la position dominante, mais malheureusement pour vous, monsieur, elle est en voie de disparition. Oh, non pas les garçons ou le masculin comme tels, mais cette position qui dit que si le masculin l'emporte en français, c'est parce qu'il l'a toujours emporté. Une position ridicule, qui heureusement ne cesse de perdre du terrain. De plus en plus, en effet, on écrit autrement. Et si le tiret vous gêne, il y a une foule d'autres stratégies possibles. Suffit de faire un peu de recherche...