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Occupons Montréal... en blanc

Publication: 16/08/2012 22:05

Ce soir, ils dînent en blanc à Montréal. Trois jours que je prépare ma réplique, rouge sang.

Elle me dit : "j'aime qu'ils occupent un espace... "

J'avais envie de lui répondre... septembre 2011, Place du Peuple, ne trouves-tu pas que c'était plus beau, plus vrai, plus pur... mais j'ai pas osé. Elle est tellement belle... ses boucles ont eu raison de moi, alors j'ai décidé, comme Brassens, de mourir pour des idées, mais de mort lente.

Elle est plus intelligente que moi, c'est embêtant. Moi je voulais me fâcher. Trois jours de camp d'entraînement intense pour rentrer dans le dîner en blanc. J'étais prêt, plus fort que Lucian Bute.

Ça donnait à peu près ceci :

"Élégance, convivialité et savoir-vivre... le temps d'une soirée, les invités se réapproprient une part de leur patrimoine en le mettant en valeur par leur simple présence ... tous les convives se démarquent par leur élégance tant sur le plan de leur comportement que dans leur tenue". Dixit le site web du Dîner en blanc.

Muscles luisants, couteau entre les dents, j'allais répliquer: ton champagne tiède me fait roter, jeunesse dorée. Ton élégance n'est pas celle de l'âme, jeunesse friquée. Ton blanc est démodé, jeunesse ridée. As-tu remis le trajet de ta stagnation délavée, jeunesse gavée? C'est en rouge que tu dois dîner, jeunesse imaginée. Je ne t'aime pas, jeunesse décolorée.

Et d'en rajouter...

Pourquoi dînes-tu en blanc, jeunesse entamée? Pourquoi donc la matraque te ménage-t-elle, jeunesse privilégiée? Pourtant, tu es bien plus vulgaire que le rouge, crois-moi. Tes rêves sont laids, tu les maquilles en blanc, mais nous ne sommes pas dupes. Tu dînes avec la couleur du mépris de l'arc-en-ciel de nos différences. Tu dînes sans moi, sans elle, sans lui... tu dînes tout seul, jeunesse inventée.

Et de finir, invincible...

Il n'y eut, cette année, pas de plus belle couleur que le rouge, mais tu as séché au soleil d'un printemps qui t'a fait sourire, jeunesse éteinte, au regard si méprisant. Étouffe, ce soir, de ton caviar, et disparait jusqu'à l'an prochain. Demain, le rouge revient. Le rouge de l'émotion, celui qui ne se pose jamais sur tes joues, jeunesse décédée.

Mais elle m'a dit... "j'aime qu'ils occupent un espace..."

Elle m'a juste dit ça. Et c'était assez pour que je baisse la garde. Lucian Bute a peut-être perdu par amour, qui sait... qu'ils dînent comme il veulent, moi je veux juste qu'elle se rappelle de mon parfum quand je suis pas là. Je veux juste qu'elle me fasse mourir, mais de mort lente.

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