Sacha Declomesnil

RECEVEZ LES NOUVELLES DE Sacha Declomesnil
 

Je fais une expérience de politique québecoise 2.0

Publication: 16/08/2012 14:58

J'ai décidé de faire une expérience pendant toute la durée de la campagne électorale: ne m'informer qu'à partir du web. Je consulte occasionellement les journaux en papier, mais je boycotte la TV. Et je compare aux précédantes élections.

J'avais fait la même expérience avec les Jeux Olympiques, mais l'olympisme canadien est tellement insignifiant pour les jeux d'été (36ème rang des médailles) qu'il n'y a pas grand chose à rater... Pour la politique par contre, surtout durant ces élections venant aprés une crise sociale menée casseroles battantes par les étudiants, les esprits sont plus qu'enflammés, les tweetfights sont fréquents et l'humour est plus que présent. Bref c'est un bonheur.

Pour la politique, je choisis de ne suivre de manière régulière que les médias sociaux.

Je me suis abonné à la page Facebook des grands partis en lice, et je suis sur Twitter les partis et leurs ténors (quand ils sont présents). Je suis aussi les mots-clés les plus populaires tels que #qc2012 et #polqc ou encore le toujours actif #assnat. Sinon, je n'ai pas de règle. Lorsqu'un parti renvoie sur une page de son propre site, j'y vais. Lorsque des individus pointent des nouvelles sur des grands sites d'informations (ou des moins grands) j'y vais aussi sans préjugé. Je ne considère pas tel organe de presse comme plus ou moins intéressant qu'un autre. Si la personne qui le réfère sur Twitter ou Facebook a de la crédibilité pour moi, j'embarque. Je regarde des vidéos et pour ne pas être biaisé, je m'efforce de ne pas participer, mais de me contenter d'être un observateur.

Premier enseignement: Je ne rate pas grand chose.

Les analyses des journalistes à la télévision n'ont pas plus de valeur que les commentaires des journalistes de la presse sur le web. Les grands moments qui tournent en boucle sur les chaines de télé sont aussi rediffusés en vidéo. Et même je trouve une impertinence et un humour chez les commentateurs de Twitter qu'on n'entend jamais à la télé. Même les analystes qui passent à la télévision et qui ont un compte Twitter sont beaucoup plus amusants, intéressants et libérés sur la toile que sur le papier. Enfin, lorsqu'on me parle de politique, je ne suis pas perdu. Toutes les infos que mes amis ont eues en regardant la télévision, je les connais aussi sans avoir allumé mon téléviseur.

Deuxième enseignement: la politique est beaucoup plus vivante sur le web.

Les tweetfights sont violents, le dernier en date sur les saines habitudes de vie d'un ministrable obèse a été particulièrement sanglant. L'humour (et les bassesses parfois) deviennent monnaie courante. Comme en politique « normale », on trouve les seconds couteaux qui twittent pour la cause et défendent le programme (ou le bilan) de leur chef. Deux des trois grands chefs en campagne ne sont pas personnellement actifs sur Twitter. Par contre leur entourage, leurs conseillers et certains députés à l'avant plan de la scène politique engagent une conversation effrenée avec leur base autant qu'avec leurs adversaires. Naviguer sans transition au cours de ma soirée entre les analyses songées de @ChantalHebert pour ensuite assister aux piques acérées de Michel Rochette (qui bien que fraichement débarqué sur twitter en a compris la logique et l'intelligence avec une rapidité déconcertante), et finir sa soirée en lisant les réponses du drolissime @danielthibault et de sa populaire "Twitter-série" #danielvousrépond permet de vivre la politique de manière beaucoup plus agréable que pendant le journal télévisé.

Troisième enseignement: la politique c'est un dialogue... qui s'est réouvert.

J'avais depuis longtemps le sentiment d'avoir perdu ce dialogue. Désormais les organisations politiques sont à un clic de leur électorat, et les futurs députés répondent aux questions d'ordre local autant que d'ordre général. Ca fait plaisir. Le lien politique semble renoué. La question reste de savoir qui est derrière le compte. La plupart du temps ce sont tout de même les vrais candidats. Et derrière un logo, on trouve de vrais militants au courant de la position du parti. Sans être le parti le plus populaire, QS est surement le parti le plus présent sur les médias sociaux, et si ce n'est le plus bruyant, du moins le plus établi, sa gestionnaire de communauté se raconte ici. Bien sur le nombre de followers n'est pas un critère valide. Certains des partis en présence ont jusqu'à 20% de bots et de faux comptes dans leur base. Si comme moi ca vous amuse, vous pouvez faire le test avec ce nouveau service web: service people. Comparez avec les grands noms de la campagne américaines et vous verrez que quand on se compare on se console...

Quatrième enseignement: Twitter prend du temps, beaucoup de temps.

@francoislegault tire relativement bien son épingle du jeu dans la mesure où ses tweets sont suivis et repris, il répond à tout le monde, et il diffuse les contenus de sa plateforme, retwittant les articles de journaux mentionnant ses interventions et celles de son équipe rapprochés, mais les attaques sont nombreuses, ce qui implique souvent une stratégie de défense, et le temps qu'il y passe est considérable. Je comprends que les chefs plus implantés ne tweettent pas eux-mêmes: ils n'ont pas le temps de bien le faire. Être actif sur Twitter demande une relativement grande disponibilité que les plus occupés ne peuvent entretenir. Cependant, malgré cette contrainte de temps, les partis les moins riches semblent voir en Twitter un média dont le coût est le temps plutôt que l'argent. Pour eux, les médias sociaux deviennet une alternative aux couteux spots de 30 secondes. Il est ainsi symptomatique de voir que les chefs des deux partis historique PQ et PLQ sont absents des médias sociaux, mais que les chefs des partis plus jeunes et moins riches tels que la CAQ, QS et ON, eux entretiennent une présence nourrie sur les médias sociaux. Les résultats du vote nous donneront les réponses sur la pertinence de ces choix, mais mon pari est que les deux grands partis vont ramasser le plus de votes.

Cinquième enseignement: aux prochaines elections tous les chefs seront sur Twitter.

On dit souvent que les médias sociaux, c'est du slow marketing. Les partis politiques (qui réussissent) planifient sur le long terme. Ceux qui ont commencé à entretenir une solide présence sur le web en verront les bénéfices au bout de plusieurs années. Les chefs de demain seront les jeunes d'aujourd'hui, qui vivent avec les médias sociaux. Quand on voit que Léo Bureau-Blouin a annoncé ses intentions et son programme sur Twitter en primeur, et que son engagement premier est de créer une plateforme web pour que les citoyens de son comté puissent s'exprimer. Qu'il soit élu ou pas, que cette plateforme voit le jour ou pas, une chose est sûre, d'autres voudront faire la même chose, car c'est tout simplement ce à quoi s'attendent les jeunes de la génération web. Si on ne le fait pas aujourd'hui, ils le feront eux-même demain, alors pourquoi attendre?

Loading Slideshow...
  • Jean Charest - Parti libéral du Québec

    Né à Sherbrooke le 24 juin 1958 Marié, père de trois enfants Formation en droit. Admis au Barreau du Québec en 1981. Avant d'entrer en politique: pratique le droit à Sherbrooke Entrée en politique: en 1984, candidat pour le Parti progressiste-conservateur du Canada dans Sherbrooke. Élu député fédéral lors des élections générales à l'âge de 26 ans. <strong>Carrière politique: </strong> Au fédéral, il est nommé ministre d'État à la Jeunesse en 1986 à l'âge de 28 ans. Devient le plus jeune membre d'un cabinet fédéral. Il est ensuite ministre d'État à la Condition physique et au Sport amateur, leader adjoint du gouvernement, président du Comité parlementaire spécial pour le projet de résolution d'accompagnement à l'Accord du lac Meech, ministre de l'Environnement, ministre de l'Industrie et des Sciences, vice-premier ministre, candidat au leadership du Parti progressiste-conservateur du Canada en 1993, chef du Parti progressiste-conservateur, vice-président du Comité national des Québécois pour le Non pendant la campagne référendaire au Québec en 1995. Au plan provincial: il devient chef du Parti libéral du Québec en avril 1998 et chef de l'opposition officielle en décembre de la même année, il est assermenté comme premier ministre du Québec le 29 avril 2003, de nouveau le 18 avril 2007 et le 18 décembre 2008.

  • Pauline Marois - Parti québécois

    Née à Québec le 29 mars 1949 Mariée et mère de quatre enfants <strong>Formation</strong>: baccalauréat en service social, Université Laval et maîtrise en administration des affaires (MBA) aux HEC, Université de Montréal Avant d'entrer en politique: consultante budgétaire, responsable du service animation, coordonnatrice du cours en assistance sociale, directrice générale d'un CLSC, attachée de presse, consultante, directrice de cabinet, professeur à l'Université du Québec à Hull <strong>Carrière politique</strong>: députée de La Peltrie de 1981 à 1985, puis députée de Taillon de 1989 à 2006, puis députée de Charlevoix depuis 2007. Elle a été ministre d'État à la Condition féminine, de la Main-d'oeuvre et de la Sécurité du revenu, présidente du Conseil du trésor, ministre des Finances et ministre du Revenu, ministre responsable de la Famille, ministre de l'Éducation, ministre de la Famille et de l'Enfance, ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux, ministre de la Recherche, de la Science et de la Technologie, ministre d'État à l'Économie et aux Finances, ministre de l'Industrie et du Commerce, vice-première ministre.

  • François Legault - Coalition avenir Québec

    Né à Sainte-Anne-de-Bellevue le 26 mai 1957 Marié, père de deux enfants <strong>Formation</strong>: baccalauréat en administration des affaires (comptabilité publique), MBA en finances des HECAvant la politique: directeur du marketing chez Québécair, cofondateur d'Air Transat en 1986, en devient le pdg jusqu'en 1997. Administrateur de sociétés comme Provigo, Culinar, Sico. Fellow de l'Ordre des comptables agréés du Québec. <strong>En politique</strong>: élu député péquiste de Rousseau en novembre 1998. Réélu en 2003, 2007 et 2008. Ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie, ministre d'État à l'Éducation et aux Jeunes, ministre de l'Éducation, ministre d'État à l'Éducation et l'Emploi, ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux. En 2011, il fonde un nouveau parti, la Coalition avenir Québec.

  • Françoise David - Québec solidaire

    Née à Montréal en 1948 <strong>Formation</strong>: baccalauréat en service social (organisation communautaire) de l'Université de MontréalAvant la politique: travaille en service social dans le quartier centre-sud de Montréal, coordonnatrice du Regroupement des centres de femmes, présidente de la Fédération des femmes du Québec. Elle organise notamment la Marche des femmes contre la pauvreté «Du pain et des roses» et la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence en 2000. <strong>En politique</strong>: porte-parole du mouvement Option citoyenne, puis porte-parole de Québec solidaire lors de sa création en 2006. Candidate pour Québec solidaire en 2007 et 2008 dans Gouin où elle termine deuxième.

  • Amir Khadir - Québec solidaire

    Né le 12 juin 1961 à Téhéran, en Iran. Immigre au Québec à l'âge de 10 ans. Marié et père de trois filles. <strong>Formation</strong>: baccalauréat en physique Université de Montréal, maîtrise en physique Université McGill, doctorat en médecine Université Laval, spécialité en microbiologie-infectiologie Université de MontréalCarrière avant la politique: médecin microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier Pierre-Le-Gardeur à Lachenaie. A fait partie de la Coalition des médecins pour la justice sociale, a fait des missions pour Médecins du monde en Irak, en Afghanistan et en Palestine. A présidé le conseil d'administration du SUCO. <strong>Carrière politique</strong>: candidat du Bloc québécois dans Outremont en 2000, candidat de l'Union des forces progressistes dans Mercier en 2003, premier député élu de Québec solidaire dans Mercier en 2008

  • Jean-Martin Aussant - Option nationale

    Né à Sorel-Tracy le 1er juin 1970 <strong>Formation</strong>: baccalauréat en administration des affaires et études en actuariat, Université Laval; maîtrise en sciences économiques, Université de Montréal; études au doctorat en analyse économique, Université Autonoma de Barcelone, Espagne. Avant d'entrer en politique: agent de recherche au CIRANO, vice-président Morgan Stanley Capital International, gestionnaire de portefeuille principal, Investissements PSP. <strong>Carrière politique</strong>: élu député de Nicolet-Yamaska aux élections générales du 8 décembre 2008 sous la bannière du Parti québécois. Porte-parole de l'opposition officielle pour les dossiers de développement économique, institutions financières, commerce international. Il quitte le Parti québécois en juin 2011, siège comme indépendant, puis annonce la création d'Option nationale.

  • Répartition des 125 sièges à la dissolution de l'Assemblée nationale

    Parti libéral du Québec (forme le gouvernement): 64 députés Parti québécois (forme l'opposition officielle): 47 députés Coalition avenir Québec: 9 députés Option nationale: 1 député Québec solidaire: 1 député Indépendants: 2 députés Circonscriptions vacantes: 1 (Bourassa-Sauvé) <strong>Résultats du scrutin du 8 décembre 2008</strong> Parti libéral du Québec: 1 366 046 votes (42,08 %) Parti québécois: 1 141 751 votes (35,17 %) Action démocratique/Équipe Mario Dumont: 531 358 votes (16,37 %) Québec solidaire: 122 618 votes (3,78 %) Taux de participation: 57,43 % ou 3 295 914 votes Bulletins valides: 3 246 333 ou 98,5 %

 
Suivre Le HuffPost Québec