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Patrick Roy: bénédiction ou malédiction?

Au lieu de vouloir gagner la Coupe Stanley avec une armée remplie de soldats talentueux, on veut plutôt la gagner en volant cette coupe avec un gardien dans le filet.

26/10/2017 09:00 EDT
Bettmann Archive
Pour les Canadiens, la structure de l'équipe dépend beaucoup trop de la performance du gardien de but.

Tout commença le 3 mai 1986. Un jeune garçon de 9 ans regarda avec intensité la troisième période de la finale de la conférence de l'Est de la Ligue nationale de hockey. Le combat est féroce entre les Canadiens de Montréal et les Rangers de New York.

Le Madison Square Garden était l'arène de ce combat. Ce jeune homme a eu son premier baptême de la foule new-yorkaise.

Cette même foule criait de toute leur force envers un jeune gardien de but québécois en priant que sa concentration et son jeu serait affecté. La foule cria en le ridiculisant avec : ROOOOAHHHHH

Hélas, ce jeune gardien de but qui se nomme Patrick Roy a donné la meilleure performance de sa carrière. Il a fait 13 arrêts de but en 2 minutes.

Ce match a mis Patrick Roy sur la carte.

Je me permets d'écrire qu'il a volé (dans une bonne façon) en prolongation ce match légendaire. On a vu à quel point il était spécial. Les yeux de ce jeune garçon de Montréal-Nord avaient changé à tout jamais. Il n'a jamais vu en temps réel malgré que ce ne fût qu'un enfant de l'année 1976, une performance de ce genre.

Les Canadiens de Montréal ont gagné la Coupe Stanley. Montréal était en feu et il a vu sa première émeute comme si c'était les Hooligans démolissaient les rues de Londres. Le jeune garçon a compris la notion des émeutes à ce moment-là.

Patrick Roy est devenu à ce moment un mythe, une légende et un messie.

Le jeune garçon est mon grand frère et il s'est toujours posé cette question. Est-ce que les Canadiens auraient battu les Oilers d'Edmonton durant cette série? Très dur à répondre surtout que les Oilers avaient une équipe de choc avec Gretzky, Coffey, Messier, Anderson, Fuhr, Murphy, Huddy, Kurri et le reste de la Dream Team au hockey. Je crois que vous avez deviné ma réponse.

Durant cette série, Steve Smith des Oilers marque un but dans son propre but par accident et les Flames de Calgary qui était également une superbe équipe ont éliminé les Oilers. Des larmes se sont versées pour les partisans des Oilers. Mon frère s'est dit à ce moment, peut-être que les Canadiens auraient une chance de gagner la coupe. Son seul désir au grand frère était que les Canadiens battent les Nordiques s'ils se rencontraient.

Parlant des Nordiques durant cette série, le nom qui pourrait encore donner des cauchemars à Michel Bergeron, le gardien de but Mark Liut a fait un Patrick Roy de lui-même face aux Nordiques et on a dû dire bye bye aux Nordiques de Québec durant les éliminatoires de 1986. Les Canadiens fassent à cette élimination des Nordiques n'ont pas eu à les affronter. Également, ils ont esquivé les puissants Flyers de Philadelphie, car les Rangers ont surpris les Flyers en les éliminant en 5 matchs. La triste note durant cet affrontement est que les Flyers avaient perdu leur gardien de but Pete Linberg dans un grave accident de voiture. Malgré cette triste perte, c'était une équipe très dangereuse durant les séries.

Peut-être que vous voyez où je vais me diriger dans mes prochains propos. Le monde entier a donné tous les crédits de la victoire des Canadiens de Montréal lors des séries éliminatoires de 1986 et l'ascension à la Coupe Stanley à Patrick Roy, mais ne pensez-vous pas que peut-être les circonstances ont joué un rôle majeur sans sous-estimer le talent indéniable du numéro 33, mais la chance a été un très grand facteur.

Je vous dirais que oui.

En 1971, un jeune ingénu à jouer que quelques matchs dans l'uniforme du CH (6 matchs pour être plus précis). Ken Dryden affronte avec ses coéquipiers tel que Jean Béliveau les Bruns de Boston. Les Bruns étaient la meilleure équipe de la ligue qui avait le plus grand joueur de hockey de tous les temps, Bobby Orr.

Ken Dryden a, entre guillemets, volé la série contre Boston au 1er tour. Je devrais dire que Patrick Roy a fait un Ken Dryden de lui en 1986. Monsieur Dryden était l'original.

La différence est dans un nom qui est Sam Pollock. L'ancien directeur général ne s'est pas dit à l'époque : bon, on a trouvé notre gardien alors notre système de jeu doit tourner à l'entour de lui. Au contraire, après cette série éliminatoire, il s'est dit qu'il va bâtir la plus grande équipe de la ligue. Il a été cherché le démon blanc Guy Lafleur durant le repêchage. Par la suite, Larry Robinson, Bob Guiney, Serge Savard et Guy Lapointe ont formé la nouvelle génération de l'équipe des Canadiens version 70's.

La mentalité de l'équipe n'était pas de mettre l'accent sur le gardien, mais de devenir une grande équipe. Sam Pollock prenait des risques et avec l'équipe qui avait, le ciel n'avait aucune limite pour les Habs.

C'est cette équipe que je veux revoir.

La pire chose qui s'est passée aux Canadiens de Montréal a été qu'ils ont gagné la Coupe Stanley en 1986 et en 1993. Vu les miracles du numéro 33, l'organisation a plutôt voulu trouver un 2e Patrick Roy au lieu de bâtir une dynastie entourée de rois.

Pour les Canadiens, la structure de l'équipe dépend beaucoup trop de la performance du gardien de but. Carey Price n'est pas dans sa plus grande forme et les Canadiens ne jouent pas aussi mal qu'on le dise, mais la structure tue l'équipe. On veut trop vivre dans le passé au lieu d'avancer.

L'échange de P.K Subban pour Webber est un exemple flagrant de la malédiction qui quête les Canadiens.

Au lieu de vouloir gagner la Coupe Stanley avec une armée remplie de soldats talentueux, on veut plutôt la gagner en volant cette coupe avec un gardien dans le filet.

Il faut qu'on sorte de ce sort, car depuis 30 ans, nous sommes ensorcelés par cette mentalité qui empêche cette équipe avec une histoire si riche d'évoluer.

C'est le temps d'évoluer!

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