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L'argent mène le monde: et vous, que faites-vous avec votre argent?

26/11/2014 11:57 EST | Actualisé 26/01/2015 05:12 EST

Il y a maintenant plus d'une décennie, jeune et un peu naïve, je croyais qu'en choisissant de me consacrer à la responsabilité sociale et ajoutant ma voix à l'effort collectif naissant, j'arriverais à sensibiliser les grandes entreprises et qu'en quelques années, nous pourrions transformer leurs pratiques.

Depuis plusieurs années, je travaille à sensibiliser et accompagner les investisseurs pour les intéresser, par le biais de leurs placements, petits ou grands, aux enjeux environnementaux, aux problématiques sociales et aux défis de la gouvernance d'entreprise, autrement dit à la responsabilité sociale des entreprises dans lesquelles ils choisissent d'investir.

Mieux gérer nos risques en optant pour l'ISR

Pourquoi ? Parce que notre monde change. Et parce que la façon de gérer les placements se doit également d'évoluer de façon à prendre en compte les différents enjeux auxquels les entreprises comme les citoyens sont confrontés. Et parce que c'est logique... Mieux gérer les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), ça veut aussi dire une meilleure gestion des risques. Pensez-vous vos placements à l'abri des changements climatiques? En finances, les risques, ça compte tout autant, sinon plus, que les rendements financiers.

Choisir d'intégrer les facteurs ESG dans la sélection et la gestion de nos placements, ça s'appelle l'investissement socialement responsable (ISR). En avez-vous déjà entendu parler ? 84 % des Québécois en ont peu ou pas du tout entendu parler. Pourtant, lorsqu'on aborde le sujet avec eux, 50 % à 75 % (dépendamment des études) démontrent un intérêt pour l'ISR. C'est donc important d'informer les investisseurs et d'amorcer une discussion sur le levier de changement qu'est l'ISR.

Pour mieux éduquer et sensibiliser plus de citoyens sur l'ISR, Desjardins continue ses efforts d'éducation et lance le site PensonsISR.com. On y trouve des articles, un vox-pop et des statistiques sur des enjeux environnementaux et sociaux auxquels notre planète fait face. On y découvre comment l'ISR est un moyen concret et efficace de contribuer au développement économique, social et environnemental de la société.

Comment l'ISR se pratique

L'ISR combine des techniques d'intervention avant l'investissement et d'autres qui agissent une fois que la décision d'investir est prise. Par exemple, il y a une évaluation systématique de toutes les entreprises éligibles pour des placements sur la base des critères ESG. L'entreprise qui ne répond pas ces attentes devient inéligible.

À titre d'exemple, nous nous attendons à ce qu'une entreprise productrice de pétrole se fixe des objectifs de réduction des gaz à effet de serre, et ce, même si le gouvernement du Canada n'a pas lui-même fixé une limite. L'éthique au-delà de la loi, quoi.

Pour l'un des produits ISR de Desjardins, le Fonds Desjardins environnement, c'est 109 entreprises canadiennes sur les 251 qui constituent l'indice composite S&P/TSX qui sont retenues pour constituer le portefeuille de titres, et ce, dans tous les secteurs, excluant les entreprises qui œuvre dans les domaines du tabac, de l'armement et du nucléaire.

Aucun portefeuille n'est parfait

Surpris de voir que nous investissons dans tous les secteurs, incluant le secteur énergétique? C'est surtout parce que ça nous permet d'entamer des dialogues plutôt que de choisir d'ignorer leurs activités. Comme le marché boursier canadien est composé en grande partie de secteurs extractifs (le Canada regorge de ressources naturelles), même en éliminant les « mauvais joueurs », il reste encore des entreprises polluantes...

En fait, il faut comprendre qu'aucune entreprise n'est parfaite ! Nous utilisons donc nos droits en tant qu'actionnaires pour engager la discussion avec l'entreprise et l'inciter à s'améliorer. Nous portons les doléances de nos clients jusque dans les réunions de conseils d'administration des grandes entreprises. Et elles écoutent de plus en plus...

Un appel à la cohérence dans les comportements

Nos comportements comme consommateurs ont beaucoup changé ces dix dernières années : plus de recyclage, moins de sacs de plastique, bouffe bio, etc. Nous sommes de plus en plus conscients des dangers qui menacent notre planète. Et celle que nous lèguerons à nos enfants.

Que ce soit lors de nos cotisations RÉER, ou bien dans les cotisations en épargne étude, ou encore dans la gestion de notre fonds de pension, je continue de croire que la préservation de notre environnement et la solution à plusieurs problématiques sociales peuvent passer par les investisseurs, à condition qu'ils deviennent collectivement des actionnaires engagés.

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