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Effondrement du système de santé au Québec: Urgence!

01/03/2012 11:15 EST | Actualisé 02/05/2012 05:12 EDT
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Tous les signaux sont réunis au Québec, en 2012, pour en venir à la seule conclusion possible, le système de santé s'est effondré dans ses fondements les plus élémentaires comme l'accès universel et l'État persiste à le cacher.

C'est la profonde conviction exprimée par André V. (qui souhaite garder l'anonymat) quant à son aventure avec le système de santé québécois. Il a souhaité nous accorder une entrevue pour dénoncer les problèmes et surtout l'hypocrisie du système de santé qui, appuyé par ce qu'il déclare être un "je m'en foutisme impérial" du ministre de la Santé Yves Bolduc, ne permet plus de soigner les québécois.

Souffrant de plusieurs symptômes inexpliqués pendant de nombreuses années comme des problèmes cardiaques, des douleurs abdominales, des troubles de la concentration et des résultats d'analyses sanguines toujours hors normes, son médecin de clinique d'urgence, décidait de le référer au département d'hématologie de l'Hôpital Notre-Dame de Montréal pour que l'on cherche l'origine des résultats constatés. André a attendu près de 4 ans et 1/2 avant de pouvoir enfin voir un hématologue qui, après avoir ordonné quelques tests sanguins complémentaires, lui a diagnostiqué une maladie génétique du nom d'hémochromatose.

L'hémochromatose est un trouble génétique qui cause une accumulation de fer dans le sang et qui cause des dommages à long terme aux principaux organes. Le seul traitement disponible pour faire baisser le taux de fer est la phlébotomie, une procédure qui consiste à retirer une grande quantité de sang du patient sans le remplacer de manière à forcer le corps à produire du nouveau sang avec les réserves de fer accumulées, abaissant du coup les réserves totales. Un patient peut subir plus de 20 phlébotomies par an et doit continuer pour le reste de sa vie ces traitements. Pour André, qui habite à quelques pas de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, impossible de recevoir ses traitements à cet hôpital comme son médecin n'y est pas rattaché, pas plus qu'à Notre-Dame où la liste d'attente est de plus de 2 ans.

André a finalement réussi à recevoir des traitements à l'Hôpital du Lakeshore de Pointe-Claire et il doit parcourir plus de 50 kilomètres aller-retour s'il veut se faire traiter.

Pire, la maladie lui cause une atteinte importante de ses glandes productrices de testostérone, une hormone masculine responsable de la libido et du tonus musculaire. Or, le seul traitement efficace pour lui, les injections de testostérone (car le gel topique est sans effet pour son cas) est non disponible depuis quelques mois au Québec parce qu'en rupture de stocks.

André pourrait devoir attendre encore quelques mois avant de pouvoir commencer son traitement hormonal puisque le médicament, normalement disponible au Québec, ne se trouve plus nulle part parce que des compagnies pharmaceutiques n'en produisent pas assez de manière à en faire monter le prix. Encore un autre débat qui ne semble pas préoccuper le Ministre Bolduc qui est pourtant confronté à des ruptures de stocks pour de nombreux autres médicaments injectables contre le cancer par exemple. André doit consacrer un temps important à la recherche de médecins, pour prendre ses rendez-vous, pour vérifier les atteintes d'organes avec des examens d'échographie demandés par ses médecins mais qui font l'objet de listes d'attente de plus de deux ans à Montréal.

Pendant ce temps, le Ministre Bolduc, avec son "je m'en foutisme impérial", ne semble pas vouloir intervenir pour régler les problèmes d'accès à la santé de première ligne des québécois qui s'en plaignent au quotidien dans les médias, probablement parce que les coûts engendrés par une quelconque amélioration sont astronomiques. Mais est-ce que la solution réside dans de nouveaux budgets ou dans une gestion plus efficace du temps par les professionnels de la santé? La question devra se poser tôt ou tard!