Robert Kuttner

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Des armes, des gestes et du courage

Publication: 17/12/2012 15:41

TUERIE DE NEWTOWN - Le massacre de 20 élèves et de 7 adultes, dont le tireur, à Newtown (Connecticut) pourrait être un tournant dans l'opinion publique et la présidence. Ou ce pourrait être le moment d'élans de bonté et de changements peu durables.

Le Président Obama était éloquent dimanche soir et a semblé préparer le terrain pour une action gouvernementale décisive et non pas symbolique. «J'utiliserai tous les pouvoirs en ma possession» a-t-il déclaré, rappelant Lyndon Johnson, pour empêcher «d'autres tragédies comme celle-ci».

La tuerie est survenue à un moment où Obama, tout juste réélu pour un deuxième mandat, commençait à comprendre comment utiliser son statut présidentiel pour gagner l'opinion publique à sa cause et placer ses opposants sur la défensive. Il était en train de découvrir qu'un peu de courage dans son action présidentielle, bien loin d'agacer les républicains, les contraignait à faire des concessions.

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La politique concernant le contrôle des armes est particulièrement difficile parce que c'est un problème qui divise non seulement d'un point de vue idéologique, mais aussi culturel et géographique. Il y a vraiment des douzaines d'états dans lesquels adopter des limites, même les plus modestes, en matière de port d'armes revient à commettre un suicide politique. Et ce n'est pas un jeu de mots.

Ces dernières années, même les libéraux les plus convaincus ont tout simplement choisi d'éviter le sujet. Après le carnage de Virginia Tech, aucun chef politique de premier plan n'a profité du désordre pour réclamer de nouveau un contrôle des armes plus efficace. Même après celui de Colombine (Colorado), les politiciens étaient trop intimidés pour remettre le contrôle des armes en tête de l'agenda politique.

Bien au contraire, la tendance allait même dans l'autre sens. La Floride vient juste de célébrer son millionième permis autorisant le port d'armes dissimulées. De plus en plus d'états et de villes autorisent les gens à porter des armes dans deux lieux où elles étaient auparavant interdites. La tentative avortée du Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives (ATF) de suivre le trafic transfrontalier d'armes, l'opération Fast and Furious, n'a servi qu'à mettre le contrôle des armes sur la sellette et à encourager encore plus la droite.

En cette année électorale, le Département de la Justice d'Obama a abandonné les plus modestes des initiatives visant à renforcer les lois déjà existantes. La respectable campagne Brady contre la violence des armes n'a jamais été plus faible depuis son lancement. Le petit bureau du Centre national de prévention contre la maladie, qui abordait la violence armée comme un problème de santé publique, a été fermé il y a plus de dix ans. Il n'y a pas de lobby en matière de lutte contre les armes, et à l'exception de quelques rares personnalités comme le maire de New York, Michael Bloomberg, la plupart des politiciens sont aux abonnés absents.

Mais peut-être parce que les victimes étaient des élèves de CP. Peut-être parce que c'est la semaine précédant Noël. Peut-être parce qu'Obama s'est récemment découvert un peu de poigne et qu'il aime ça. Ce massacre de Newtown est regardé différemment, et il place les lobbys des armes dans le box des accusés, d'une manière dont aucune tuerie ne l'avait fait jusqu'ici.

Un signe indicatif majeur : les émissions de dimanche ont invité 31 figures républicaines à venir défendre la liberté du port d'armes. Personne n'est venu.

La NRA reste elle aussi étrangement silencieuse.

Sous certains aspects, la NRA est un tigre de papier. Une majorité de vrais chasseurs et autres « sportifs » (quel que soit le sens de ce mot) sont en faveur des lois pour le contrôle des armes. La NRA a su camoufler tout effort pour réglementer le port d'armes d'assaut sous le slogan d'une campagne affirmant : « On veut vous enlever vos armes ». Dans la plus grande partie de l'Amérique rurale, l'opposition de la NRA à la candidature d'un politicien peut vraiment lui causer du tort, ce qui explique que nombreux démocrates évitent tout simplement le sujet.

Mais le moment est venu de rendre la NRA politiquement radioactive. Accepter ses financements devrait devenir une plaque politique pour la honte. Ce serait aussi le bon moment pour faire plus de journalisme d'investigation afin de savoir qui finance vraiment leur lobbying et leur campagne de dons. Ce ne sont pas les « sportifs ».

Après le massacre de Virginia Tech, mon ami Drew Westen a proposé le spot publicitaire suivant, destiné à être prononcé par un élu démocrate rural, comme Jim Webb ou Jon Tester.

L'intervenant porte un kalachnikov dans une main et un fusil de chasse dans l'autre. Il regarde la caméra et dit: «Ceci est un fusil de chasse. J'en possède un depuis l'adolescence. Tout Américain respectueux de la loi a le droit d'en posséder un. Ceci est un fusil d'assaut. On s'en sert pour tuer les gens. Si vous voulez avoir le droit de vous en servir, vous devriez vous porter volontaire pour intégrer l'armée. Si vous pensez que l'on doit s'en servir pour un daim, vous ne devriez pas en détenir un. Des questions?»

Bien sûr, la plus grande majorité des Américains sont d'accord. Mais personne ne s'est montré intéressé.

La droite affirme que le contrôle des armes ne fonctionne pas. Même la paisible Norvège a connu la folie meurtrière. Mais les lois sur les armes réduisent considérablement les tueries armées.

En 1996, après un massacre en Tasmanie (Australie), le premier ministre conservateur a mis en place une loi très simple. Les armes d'assaut seraient interdites et le gouvernement a financé leur rachat. Depuis lors, le taux d'homicide par les armes à feu a diminué de 59%, et celui de suicide au pistolet, de 65%.

Il y a un vrai risque que ce moment passe, que la vie continue, et que la politique en faveur du contrôle des armes ne se réduit qu'à une politique de gestes. Le Président pourrait parier sur la mise en place d'une commission nationale sur la violence armée. Cette commission travaillera deux ans et rendra son rapport: ô surprise! Nos lois sur le contrôle des armes sont bien trop laxistes; une minorité continuera d'insister sur le fait que les armes ne tuent pas les gens, que ce sont les gens qui tuent les gens, et l'élan sera perdu. Ou bien le Président et le Congrès pourraient se limiter à colmater quelques brèches comme le libre accès aux expositions d'armes à feu, sans s'attaquer au problème principal.

Notre société peut désormais aller dans l'une ou l'autre direction. Ou bien nous acceptons des folies meurtrières régulières comme des évènements malheureux qu'il faut bien traverser - comme, par exemple, les inondations et les morts qui en découlent avec le changement climatique mondial.

Si nous empruntons ce chemin, même nos plus accueillantes et plus sûres écoles élémentaires se transformeront en forteresse. Les vestiges de notre société tolérante se transformeront en société de surveillance. Nous mettrons fin à notre problème de chômage en engageant encore des millions de gardes armés.

Sinon, nous pourrions enfin nous attaquer sérieusement au contrôle des armes à feu. Mais c'est au Président de prendre la tête de ce mouvement. Une loi comme celle mise en place par l'Australie serait un bon début.

Durant la Guerre froide, il y avait un concept de négociations connu sous le nom de « linkage » (« lien »). Si nous nous mettions d'accord avec les Soviétiques pour, par exemple, réduire le nombre de têtes nucléaires, les progrès en ce domaine pourraient-ils être reliés à ceux d'un domaine totalement étranger comme les droits de l'homme en Pologne ou la vente de caviar russe ?

Durant son premier mandat, Obama avait sa propre idée du « linkage » : si vous calmiez la droite sur un problème, elle pourrait se montrer plus conciliante sur un autre. Et si vous la poussiez un peu trop fort d'un côté, elle risquait de vous renvoyer dans vos cordes de l'autre.

Ce principe s'est révélé dramatiquement faux sur tous les front. Plus Obama cherchait la conciliation, plus les républicains étaient persuadés qu'il n'était qu'un faible.

Aujourd'hui, les Républicains sont sur la défensive en matière de politique budgétaire parce que l'opinion publique est contre eux et parce qu'Obama a tiré parti de son avantage.

Certains experts ont suggéré que le Président ne voudra pas peut-être pas trop insister sur le problème des armes à feu parce que les négociations budgétaires ont atteint un seuil critique et qu'il a besoin de la coopération républicaine. C'est exactement l'inverse de ce qu'il faut comprendre. La droite ne comprend pas la bonne volonté. Elle ne comprend que la détermination inébranlable.

Ce Président a un don pour toucher l'opinion publique. S'il y a un moment où il devrait l'utiliser, au nom de ces élèves de CP tués et de ceux qui pourraient être épargnés, c'est bien aujourd'hui.

Robert Kuttner est rédacteur en chef adjoint du magazine The American Prospect et un membre senior de l'organisation Démos.

» Suivez toutes les dernières infos en direct après la tuerie de Newtown :

La police a formellement confirmé dimanche après-midi l'identité de l'auteur de la fusillade de l'école Sandy Hook de Newtown, comme étant Adam Lanza, 20 ans, qui s'est suicidé après avoir tué 20 enfants et six adultes vendredi.

Le porte-parole de la police, Paul Vance, a également confirmé que le tireur avait auparavant tué sa mère à son domicile. Comme les autres victimes, celle-ci est décédée après avoir été criblée de plusieurs balles.

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"Chronique d'un massacre annoncé", à lire en cliquant ici.

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Une église de la ville de Newtown, où se recueillaient des fidèles à la mémoire des personnes tuées dans la fusillade de vendredi, a été évacuée et la police a installé un périmètre de sécurité alentour, a-t-on indiqué de source policière.

L'église catholique Sainte Rose de Lima, où des centaines de fidèles avaient convergé tôt pour se recueillir à la messe dominicale, a été évacuée, la police ciblant apparemment une maison située juste à côté alors que les cloches sonnaient sans discontinuer, a également constaté l'AFP.

"L'église a été évacuée", a déclaré un policier devant l'édifice, entouré de véhicules de police et d'une équipe d'intervention.

"C'était au milieu de la messe. Ils ont juste demandé à tout le monde de sortir en raison d'une menace. L'église était pleine", a témoigné Anne, originaire de Hartford et qui se trouvait à l'intérieur au moment de l'évacuation.

Des centaines d'habitants de Newtown se sont recueillis dans les églises de la ville dimanche pour prier pour les 20 enfants et 6 adultes tués dans la fusillade vendredi.

C'est déjà à l'église catholique Saint Rose of Lima que s'était tenue vendredi l'une des premières cérémonies en mémoire des victimes.

L'église avait été fermée aux dizaines de reporters qui ont déferlé sur la ville après le drame. "La situation est extrêmement tendue, c'est pourquoi nous ne voulons ni journalistes ni caméras ici", a expliqué Brian Wallace, porte-parole du diocèse.

Des offices dominicaux ont réuni les habitants bouleversés dans les églises de la ville, comme la Saint John's Episcopal Church et la United Methodist Church, à quelques encablures de l'école primaire de Sandy Hook.

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Le porte-parole de la police du Connecticut, Paul Vance, a mis en garde dimanche contre les informations qui proviennent des réseaux sociaux, rappelant qu'il était la seule source fiable d'informations concernant l'enquête sur la fusillade de l'école Sandy Hook.

"Cela devient un problème pour nous, il y a de fausses informations mises en ligne sur les réseaux sociaux", a dit le lieutenant de police Paul Vance en charge de l'enquête lors d'une conférence de presse.

Il a fait référence à des gens qui se font par exemple passer pour le tueur, ou qui postent des informations en se faisant passer pour la police.

"C'est très clair: les informations relatives à cette affaire que vous trouvez sur les réseaux sociaux n'ont pas été postées par la police du Connecticut, n'ont pas été postées par la police de Newtown, n'ont pas été postées par les autorités", a-t-il insisté.

"Nous en avons discuté avec les autorités fédérales: ces agissements constituent des délits et des enquêtes seront menées au niveau des Etats ainsi qu'au niveau fédéral. Ceux qui ont commis ces agissements seront poursuivis", a encore prévenu Paul Vance.

Le policier s'est toutefois refusé à révéler les éléments de preuve dont il dispose pour expliquer les motivations du tueur. Il n'a pas donné beaucoup d'éléments sur les faits perpétrés vendredi, expliquant que l'enquête était toujours en cours. Il a toutefois fait état de quatre armes, contre trois mentionnées jusqu'à présent (deux armes de poing et un fusil d'assaut).

"Nous allons examiner, analyser les quatre armes. Nous allons remonter leur origine, voir chaque fois que c'est possible quand elles ont été utilisées, comment elles ont été utilisées", a déclaré Paul Vance sans donner d'autres précisions.

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La sénatrice américaine Dianne Feinstein a annoncé dimanche qu'elle allait proposer une loi pour bannir les fusils d'assaut dès l'entrée en fonction du nouveau Congrès début janvier.

"Je vais introduire au Sénat, et le même texte sera présenté à la Chambre des représentants, une proposition de loi pour bannir les fusils d'assaut", a déclaré la sénatrice dans une interview à la chaîne NBC.

Interrogée pour savoir si le président Barack Obama soutiendrait son initiative, la sénatrice de Californie a répondu: "Je pense qu'il le fera".

Mais dans un Congrès plus divisé que jamais, il faudra que les chefs des deux partis, démocrate et républicain, appuient cette proposition de loi pour qu'elle puisse être adoptée. Le nouveau Congrès issu des élections législatives du 6 novembre entre en fonction le 3 janvier.

Rappelons que l'auteur de la fusillade dans l'école de Newtown a utilisé un fusil d'assaut pour tuer.

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L'auteur de la fusillade a réussi à entrer dans l'établissement en tirant plusieurs coups de feu à travers une porte pour forcer son passage, a affirmé dimanche le gouverneur du Connecticut, Dan Malloy, sur des chaînes de télévision.

"Ce qu'on sait c'est qu'il est entré en tirant. Personne ne l'a laissé entré. Il est entré dans le bâtiment en tirant pour se créer une ouverture, un fusil d'assaut est assez puissant pour vous permettre de faire cela", a déclaré le gouverneur sur CNN.

"L'école était fermée, il a utilisé son arme pour tirer à travers les vitres et il a pu entrer", a-t-il ajouté dans une autre interview sur ABC. "Ensuite, il est allé dans la première classe, puis dans la seconde, et c'est là, on pense, qu'il s'est suicidé en entendant la police arriver".

La police avait déjà précisé samedi que le tueur, Adam Lanza, 20 ans, était entré de force dans l'école Sandy Hook, mais les autorités n'avaient pas précisé que le jeune homme était entré en tirant avec son fusil d'assaut.

Le gouverneur du Connecticut a aussi affirmé que son Etat était pourtant l'un des plus "agressifs" concernant la législation sur les armes.

Il a par ailleurs ajouté que l'auteur de la tuerie était "dérangé". "Vous devez être perturbé pour commettre ce type de crime. (...) Cette information sera probablement confirmée, mais il est clair que le tueur était une personne dérangée".

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Nos confrères du HuffPost US ont décidé de mettre en Une les noms des victimes de la tuerie de Newtown.

huffpost newtown

Ils ne sont pas les seuls: le New York Times propose une homepage similaire :

new york times newtown

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Mary Ann Jacob, employée de la bibliothèque, a raconté qu'elle s'était enfermée avec trois adultes et 18 enfants dans une remise à ordinateurs, avec de quoi dessiner. Elle a expliqué aux enfants qu'il s'agissait d'un exercice.

Une élève, Lenie Urbina, 9 ans, a, elle, raconté à ses parents avoir entendu quelqu'un dire: "Les mains en l'air", et puis "bang, bang, bang".

On en sait plus aussi sur les personnes qui n'ont pas survécu au drame. Victoria Soto, 27 ans, aurait été tuée après avoir caché ses élèves dans un placard. La directrice, Dawn Hochsprung, 47 ans, et la psychologue Mary Sherlach, 56 ans, l'ont été alors qu'elles couraient pour protéger les enfants après avoir entendu les coups de feu, a expliqué une responsable de l'école, Janet Robinson.

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Le pape a assuré les familles des victimes de la tuerie d'être proche "par la prière", lors de la prière de l'angélus dimanche place Saint-Pierre, après avoir célébré une messe de l'Avent dans une église de Rome.

"J'ai été profondément attristé par la violence insensée de vendredi à Newtown, dans le Connecticut. J'assure les familles des victimes, en particulier ceux qui ont perdu un enfant, de ma proximité par la prière", a déclaré le pape.

"Que le Dieu de consolation touche leur cœur et soulage leur douleur", a ajouté Benoit XVI avant de donner sa bénédiction à "ceux qui sont touchés par cette tragédie, et à chacun de vous", en s'adressant aux milliers de pèlerins rassemblés place Saint-Pierre.

Le pape avait adressé vendredi un message de condoléances à Mgr Jerald A. Doyle qui administre le diocèse local dans le Connecticut. La lettre a été lue lors d'une cérémonie émouvante dans une église catholique de Newtown à la mémoire des 27 victimes de la tuerie, dont 20 enfants.

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Le président Barack Obama va se rendre dimanche soir à Newtown a annoncé samedi la Maison Blanche. À Newtown, le Président "rencontrera les familles des disparus et remerciera les services d'urgence", a précisé le porte-parole de la présidence américaine, Jay Carney, dans un communiqué. De même source, Barack Obama s'exprimera lors d'une cérémonie religieuse à 19h00 locales (1h heure française).

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La police a rendu publique samedi l'identité des 26 victimes du massacre de l'école de Sandy Hook, et l'Amérique horrifiée a découvert que la plupart des 20 enfants tués la veille dans la petite ville de Newtown (nord-est) n'avaient que 6 ans.

Le plus jeune, Noah Pozner, avait eu 6 ans le 20 novembre. Le plus âgé, Daniel Barden, avait soufflé ses sept bougies le 25 septembre. Tous étaient en cours préparatoire, selon les autorités.

Pour ajouter à l'horreur, le médecin légiste Wayne Carver a précisé que les enfants, et les six femmes tuées par un jeune de 20 ans qui s'est ensuite suicidé, avaient tous été visés à plusieurs reprises. "De 3 à 11 fois pour les sept que j'ai examinées personnellement", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. Visiblement ébranlé, il a ajouté qu'en trente ans de carrière, il n'avait jamais rien vu de pire.

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Le père d'une victime du massacre de Newtown (nord-est des Etats-Unis) a ouvert son coeur samedi soir, racontant sa petite Emilie, mais pas sans avoir présenté d'abord ses condoléances à toutes les familles, y compris celle du tueur.

"Je veux présenter mes condoléances les plus sincères à toute les familles", a déclaré Robbie Parker, 30 ans, lors d'un point de presse, extrêmement ému. "Et cela inclut la famille du tueur", a-t-il précisé. "Je ne peux pas imaginer à quel point cette expérience doit être dure pour vous", a-t-il ajouté. "Je veux que vous sachiez que, pour votre famille, vous avez aussi notre amour et notre soutien", a insisté cet infirmier dans un service néonatal de soins intensifs, père de deux autres petites filles de 3 et 4 ans.

Il a ensuite raconté Emilie, 6 ans, "une petite fille brillante, créative et très aimante", petite blonde aux yeux bleus qui apprenait à lire à sa soeur de 4 ans, et à dessiner à celle de 3 ans.

Il l'a vue pour la dernière fois vendredi matin, avant de partir au travail. "Je lui apprenais le portugais, et ses derniers mots ont été en portugais", a-t-il ajouté. Sa mort et celle des 19 autres enfants, tous âgés de 6 et 7 ans, doit "nous inspirer pour être meilleurs, plus compatissants et plus attentionnés envers les autres", a également déclaré le jeune père de famille.

"Ma fille Emilie serait la première à offrir son amour et soutien à toutes les victimes", a-t-il poursuivi. "C'était une artiste exceptionnelle, elle emportait partout ses feutres et crayons, et ne manquait jamais une occasion de dessiner ou écrire une carte", a-t-il ajouté, jonglant douloureusement entre le présent et le passé.

Quand le drame a éclaté, Robbie Parker n'avait pas pu quitter son travail. Et il a raconté son angoisse, parlant au téléphone à sa femme Alissa qui s'était précipitée à l'école pour y chercher désespérement des nouvelles de leur fille. Emilie faisait partie des 20 enfants et six adultes tuées avec une arme semi-automatique par un jeune de 20 ans vendredi à l'école Sandy Hook de Newtown. Une page Facebook lui a été consacrée.

Voici la déclaration du père d'Emilie en anglais non sous-titré

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Le père du jeune homme de 20 ans qui a tué 26 personnes, dont 20 enfants, dans une école primaire du Connecticut (nord-est des Etats-Unis) a fait part samedi de son incompréhension et de la douleur qu'il éprouve pour les familles des victimes.

"Nos pensées vont aux familles des victimes et aux amis qui ont perdu des êtres aimés et aux blessés. Notre famille pleure avec tous ceux qui ont été touchés par cette énorme tragédie", écrit Peter Lanza, père d'Adam qui a également tué sa mère avant de commettre le massacre puis de se donner la mort.

Dans un communiqué diffusé par la chaîne de télévision WFSB, M. Lanza ajoute: "aucun mot ne peut exprimer à quel point nos coeurs sont brisés. Comme beaucoup d'entre vous, nous sommes attristés et tentons de donner un sens" à la tragédie qui a frappé vendredi la ville de Newtown.

Peter Lanza et son épouse étaient divorcés et Adam vivait chez sa mère.

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"On a dit (aux élèves) que c'était un exercice", a raconté samedi une employée de bibliothèque de l'école primaire de Newtown.

"On leur a dit que c'était un exercice. Comme ça ils savaient ce qu'il fallait faire, mais nous savions qu'il s'agissait de coups de feu", a raconté samedi lors d'une conférence de presse Mary Ann Jacob, employée de bibliothèque de l'école primaire Sandy Hook.

"Nous avions téléphoné au secrétariat" après avoir entendu du bruit sur le système de haut-parleurs de l'école, a-t-elle dit, "la secrétaire a dit qu'il y avait des coups de feu. Je suis encore étonnée qu'elle ait répondu au téléphone".

Mary Ann Jacob, réprimant ses larmes, s'est souvenue de la directrice, Dawn Hochsprung, tuée dans la fusillade, "une amie très chère, une femme formidable et une super directrice". "J'ai entendu dire qu'elle était en réunion pas loin des deux classes (touchées), elle a dû sortir et tomber sur lui (le tireur) dans le couloir".

La psychologue de l'établissement, Mary Sherlock, a également été tuée, a-t-elle dit.

Mary Ann Jacob, qui travaille dans cette école depuis "quatre ou cinq ans", ne sait rien du tireur présumé, Adam Lanza.

Evoquant le moment du drame, la bibliothécaire a raconté: "Il est passé par la porte d'entrée. Notre bibliothèque est à côté. Il est passé devant la première classe et est entré dans les deux classes suivantes où a eu lieu la fusillade".

Mary Ann Jacob et deux collègues avaient rassemblé les élèves derrière des étagères, loin de la fenêtre. Voyant que la porte n'était pas verrouillée, ils se sont dirigés vers une remise où il y a avait des ordinateurs et de quoi dessiner. "On a enfermé les enfants là-dedans", a-t-elle dit.

Les adultes ont un temps refusé de répondre à la police qui tambourinait sur la porte, barricadée avec des étagères en fer. Ils ont été évacués plus d'une heure après les premiers tirs. "On a vu très vite qu'il manquait deux classes, deux classes de cours préparatoire", a-t-elle dit.

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Le lieutenant de police du Connecticut, Paul Vance, a fait le point samedi sur l'enquête:


Newton : le point sur l'enquête par BFMTV

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La presse américaine était incrédule samedi après la tuerie de Newtown.

"Tuerie du Connecticut: choc, tristesse, et une question: pourquoi?" s'interroge USA Today. "Impensable", enchaîne le Tampa Bay Times.

"L'Amérique pleure", "Massacre d'innocents", titre le Daily News. "L'impensable carnage de vendredi matin infligé par Adam Lanza, un tueur lourdement armé dans la ville de banlieue de Newtown sidère le pays et secoue le président Obama, en larmes", écrit le tabloïd.

"La Nation en deuil après le massacre du Connecticut", titre plus sobrement le Wall Street Journal, le plus grand quotidien américain, qui estime que le président Obama, dans une conférence de presse émouvante, a remis en avant le débat sur les armes.

Le New York Times présente une Une très factuelle: "Un homme armé massacre 20 enfants dans une école du Connecticut; 28 morts, dont le tueur", dit le titre au-dessus d'une photo d'une professeur évacuant les enfants de sa classe en file indienne.

"Qui ferait ça à nos pauvres petits bébés?", pleure une enseignante de l'école dans un témoignage poignant alors qu'un article note "un appel prudent" de Barack Obama "pour faire revivre le débat sur les armes".

"Cauchemar", "Massacre diabolique: un fou tue 20 enfants dans une école élémentaire du Connecticut, renvoyant une onde de choc à travers les Etats-Unis", ajoute le tabloïde New York Post.

Le Washington Post consacre aussi sa première page à la tuerie avec notamment une grande photo de parents effondrés.

Le Los Angeles Times souligne que ce massacre "rallume le débat sur les armes".

Enfin, dans un éditorial touchant intitulé "Je t'aime, fais attention", en référence aux mots que prononcent tous les parents chaque matin en envoyant leurs enfants à l'école, le Chicago Tribune souligne que ce massacre "nous force à une certaine humilité devant notre impuissance."

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L'auteur de la tuerie est "entré de force" dans l'école Sandy Hook vendredi, a affirmé samedi le porte-parole de la police, le lieutenant Paul Vance.

Après la fusillade, seule une personne, une femme dont l'identité n'a pas été dévoilée, a survécu à ses blessures. "Elle va bien. Elle est soignée et elle va être essentielle à l'enquête", a confié le porte-parole.

La police "travaille toujours sur la scène de crime", a affirmé le lieutenant Vance, selon qui ce travail pourrait ne pas être terminé samedi.

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Le Premier ministre britannique David Cameron s'est dit "choqué et profondément attristé" après la tuerie.

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Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a adressé ses "plus sincères condoléances" au gouverneur du Connecticut, Dan Malloy, "devant ces meurtres scandaleux". "Prendre des enfants pour cible est un acte abominable et inconcevable", a-t-il estimé.

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La reine d'Angleterre, qui limite traditionnellement ses commentaires à l'actualité des pays membres du Commonwealth, a adressé vendredi soir un message à Barack Obama dans lequel elle s'est dite "profondément bouleversée et attristée", en particulier par "le fait qu'il y a tant d'enfants parmi les morts".

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Toutes les victimes du massacre de l'école Sandy Hook à Newtown ont été identifiées et les corps ont quitté l'établissement scolaire durant la nuit, a indiqué samedi matin le porte-parole de la police du Connectictut Paul Vance.

"L'enquête s'est poursuivie toute la nuit. Notre objectif était d'identifier toutes les victimes pour soulager les familles. Nos policiers ont travaillé toute la nuit, et ils ont pu identifier toute les victimes", a-t-il déclaré sur CBS.

Il a ajouté que les corps avaient depuis pu quitter l'école.

"C'est fait", a-t-il déclaré en réponse à une question. "Cela a été fait durant la nuit", a-t-il ajouté, précisant que les enquêteurs avaient travaillé de manière très proche avec le médecin légiste.

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Les habitants de Rio de Janeiro ont rendu hommage samedi, au nom de tout le Brésil, aux victimes de l'école américaine de Newtown en plantant 26 croix noires dans le sable de la plage touristique de Copacabana.

brésil

Les militants de l'ONG brésilienne de lutte contre la violence "Rio de paz" (Rio de paix) ont déployé une banderole entre deux pots de fleurs avec les phrases :"Au Brésil nous comprenons le chagrin provoqué par cette violence gratuite. Nous ressentons tous la tragédie du Connecticut", a constaté un journaliste de l'AFP sur place.

Ils se sont ensuite agenouillés en silence devant les croix. Le drapeau brésilien vert et jaune flottait derrière.

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La chancelière allemande a exprimé samedi dans un communiqué sa profonde tristesse aux familles des victimes de la tuerie de Newtown.

"Les nouvelles en provenance de Newtown m'attristent profondément", a-t-elle déclaré. Cette fusillade "a apporté juste avant Noël un chagrin indescriptible à de nombreuses familles", a-t-elle ajouté.

"J'ai le cœur lourd en pensant aux élèves et aux instituteurs assassinés", a poursuivi Angela Merkel.

"Toutes mes pensées accompagnent les proches, à qui je souhaite d'être forts et de trouver du réconfort", a-t-elle terminé, les appelant à ne pas "rester seuls avec leur douleur".

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Benoît XVI a fait part de "son chagrin sincère" samedi après la tuerie de Newtown dans le Connecticut qu'il a qualifiée de "tragédie insensée", dans un message envoyé à l'administrateur du diocèse de Bridgeport aux Etats-Unis.

"Le Saint Père a été rapidement informé de la tuerie dans l'école élémentaire Sandy Hook à Newtown et m'a demandé de vous faire part de son chagrin sincère et de l'assurance de sa proximité en prière avec les victimes et leurs familles et toutes les personnes affectées par cet évènement choquant", a indiqué dans un communiqué le numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone.

Après "cette tragédie insensée, le pape demande à Dieu de consoler tous ceux qui ont perdu un être cher et de soutenir l'ensemble de cette communauté", a indiqué le pape dans le message envoyé par le cardinal Bertone à Mgr Jerald A. Doyle qui administre le diocèse concerné par la tuerie.

Benoît XVI a terminé son message en soulignant que "la force spirituelle triomphe toujours de la violence par le pouvoir du pardon, de l'espoir et de l'amour".

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Le président américain a appelé samedi les Américains à être solidaires des proches des victimes de la fusillade meurtrière de la veille, et a de nouveau souhaité des "mesures décisives" pour éviter de telles "tragédies".

"Ce week-end, Michelle (son épouse, ndlr) et moi faisons ce que nous savons que chaque parent fait, être le plus proches possible de nos enfants et leur rappeler à quel point nous les aimons", a affirmé Obama, dont les filles Sasha et Malia sont âgées de respectivement 10 et 14 ans.


Obama appelle à la solidarité au lendemain de la... par BFMTV

"Il y a des familles dans le Connecticut pour qui cela n'est pas possible aujourd'hui. Et elles ont besoin de nous tous à l'heure actuelle", a ajouté le président lors de son allocution hebdomadaire.

"Rien ne peut remplacer un enfant ou un proche disparu, mais nous pouvons tous tendre la main à ceux qui en ont besoin, pour leur rappeler que nous sommes là pour eux, que nous prions pour eux et que l'amour qu'ils éprouvaient pour leurs disparus ne subsiste pas seulement dans leurs mémoires, mais aussi (...) dans leur pays", a poursuivi le président.

"Chaque parent aux Etats-Unis a le coeur lourd de douleur", a-t-il remarqué. La veille, il avait essuyé des larmes lors d'une intervention devant la presse.

"Nous portons le deuil pour les familles des disparus. Et nous continuons à prier pour les parents de ceux qui ont survécu. Parce que, si bénis qu'ils soient d'avoir leurs enfants avec eux, ils savent que l'innocence de leurs enfants leur a été arrachée bien trop tôt", a observé Barack Obama.

Comme la veille, le président américain a estimé que cette tuerie devait donner le signal pour "prendre des mesures significatives pour empêcher de telles tragédies. Indépendamment de la politique politicienne".

Mais il n'est pas entré dans les détails, alors que des responsables politiques américains ont appelé à s'attaquer sérieusement au contrôle de la circulation des armes, un sujet sur lequel Barack Obama, réélu le 6 novembre dernier, est resté timide pendant son premier mandat.

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Le président russe a présenté au président américain ses "sincères condoléances" après la tuerie de Newtown.

"Le fait que la plupart des victimes soient des enfants cause un chagrin tout particulier, a souligné le chef de l'Etat russe dans son télégramme" à Barack Obama, selon le communiqué du Kremlin.

"Vladimir Poutine a demandé à Barack Obama de transmettre ses mots de soutien et de sympathie aux êtres chers et aux proches de ceux qui ont été tués et a exprimé sa compassion pour tout le peuple américain", est-il ajouté.

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Les internautes chinois comparaient samedi la tuerie de Newtown et l'accès de violence d'un forcené qui a poignardé le même jour 22 enfants devant une école primaire de Chine, ne faisant que des blessés.

"Si la Chine permettait la vente d'armes à feu, il y aurait probablement eu davantage de victimes tuées dans le Henan", a souligné Zhao Chu, dans un microblog, en référence à la province chinoise théâtre du violent fait divers.

La tuerie de Newtown doit déboucher "sans délai" sur des mesures de contrôle des armes à feu aux Etats-Unis, a de son côté estimé samedi l'agence officielle Chine nouvelle.

"Le sang innocent exige sans délai un contrôle des Etats-Unis sur les armes à feu", a titré l'agence de presse d'Etat dans un commentaire. La détention privée d'armes à feu est interdite en Chine.

Ce même vendredi, la Chine a été confrontée à un coup de folie visant des écoliers, quand un homme a soudainement poignardé 22 enfants âgés de 6 à 12 ans.

Des internautes chinois ont reproché aux médias officiels de négliger l'attaque en Chine pour privilégier celle aux Etats-Unis, dans le but d'éviter d'évoquer les problèmes sociaux en Chine à la source des violences.

"Cela me met en colère de voir plein de reportages sur la tuerie aux Etats-Unis mais presque rien sur ce qui s'est passé hier dans le Henan", a ainsi écrit Zhang Kailin0303.

Sept des victimes de l'école du Henan ont été transférées vers de grands hôpitaux pour être soignées, a rapporté samedi la presse d'Etat. Seulement deux d'entre elles nécessitaient des soins intensifs. L'assaillant, instable mentalement, a été appréhendé.

Les statistiques officielles montrent une hausse globale de la criminalité en Chine ces 30 dernières années mais les autorités assurent que le nombre d'homicides y est inférieur à celui enregistré dans les pays occidentaux.

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Comme le relève le site 20minutes.fr, de nombreuses pages Facebook visant directement Ryan Lanza ont été crées hier soir sur Facebook. Le frère d'Adam a en fait été accusé par erreur et l'information a rapidement été reprise par tous les médias (dont Le HuffPost). Alors que sa photo était diffusé sur les chaîne de télévision américaines, Ryan Lanza a publié à plusieurs reprises sur son profil : "CE N'EST PAS MOI. J'ETAIS AU TRAVAIL. CE N'EST PAS MOI''.

Il est toujours interrogé par la police.

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Le New York Times a publié une carte de l'école primaire de la fusillade de Newtown. Le tueur a agi dans deux parties de l'école avant de se donner la mort : le bureau de la directrice et dans une salle de classe.

Selon la même source, la directrice a laissé entrer Adam Lanza dans l'école après l'avoir reconnu comme le fils d'une collègue. La mèredu tueur était en effet institutrice dans cette école. Intriguée par le bruit des coups de feu, la directrice est ensuite allé voir ce qu'il se passait. C'est à ce moment qu'elle aurait été tuée par l'homme armé.

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Cette affiche est rééditée tous les ans par le lobby Brady:

"L'année dernière les armes à feu ont tué 48 personnes au Japon, 8 en Grande-Bretagne, 34 en Suisse, 52 au Canada, 58 en Israël, 21 en Suède, 42 en Allemagne de l'Ouest et 10.728 personnes aux États-Unis".

tuerie de newtown

Elle a par exemple été partagée par la chanteuse Cher sur Twitter :

En juillet dernier après la tuerie d'Aurora, une autre affiche avait fait le tour du web mettant en avant un paradoxe: il est plus facile d'acheter des armes à feu que des fromages français aux États-Unis

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