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Pour une médecine qui fait une place aux médecines alternatives

Il est urgent de mettre un terme à l'absence d'encadrement officiel dans ce domaine au Québec.

04/07/2017 15:10 EDT | Actualisé 04/07/2017 15:10 EDT
Getty Images/iStockphoto
L'encadrement officiel de ces pratiques aurait pour effet de combler un vide juridique dans les domaines légalisés et règlementés ailleurs au Canada.

Au Québec, l'arrivée du courant des médecines alternatives et complémentaires (MAC) date des années 70, soit une quarantaine d'années seulement. Mais en réalité, la plupart des disciplines qui sont associées à ce courant existent depuis des siècles pour ne pas dire des millénaires. Malgré l'expérience acquise avec le temps, la plupart des disciplines qui revendiquent une reconnaissance officielle, comme c'est le cas de la naturopathie et de l'ostéopathie ont fait des efforts importants pour acquérir une certaine notoriété auprès du public et asseoir le sérieux de leur démarche sur des bases scientifiques, permettant leur intégration dans le réseau de l'enseignement supérieur. C'est ainsi qu'un consortium nord-américain regroupant 40 facultés de médecine favorisant une vision intégrative de la santé a vu le jour.

Au Québec, diverses initiatives venant du réseau universitaire et d'autres groupes qui s'intéressent à une approche intégrative se multiplient.

Le statu quo n'est pas une solution

Il est urgent de mettre un terme à l'absence d'encadrement officiel dans ce domaine au Québec. Car on ne peut continuer à laisser le public sans protection, sous prétexte qu'il manque de données probantes pour légiférer. Les solutions sont là, les preuves, elles ont été mises en place ailleurs au Canada, aux États-Unis et dans plusieurs pays Européens.

Au Québec, à l'exception de : l'acupuncture, la chiropratique et la pratique sage-femme, les autres médecines alternatives et complémentaires (MAC) sont non réglementées par le système professionnel québécois. De ce fait, ces pratiques se trouvent encore confinées dans le réseau privé. Les services offerts devant être financés directement par les utilisateurs.

Les professionnels de la santé qui pratiquent les MAC ou privilégient ces approches qualifiées de non-conventionnelles par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ou encore de médecines douces, naturelles, parallèles ou différentes par le grand public, revendiquent depuis longtemps une reconnaissance officielle du gouvernement québécois.

La collaboration entre les intervenants du réseau de la santé, tant officiel qu'alternatif ne serait-elle pas une option envisageable pour mieux servir les Québécois?

Notre système de santé traverse actuellement une période difficile. La collaboration entre les intervenants du réseau de la santé, tant officiel qu'alternatif ne serait-elle pas une option envisageable pour mieux servir les Québécois?

Selon une étude Léger, pour évaluer l'opinion des Québécois concernant les médecines douces, alternatives ou complémentaires et leur encadrement, 71% des répondants se sont prononcés en faveur de la mise sur pied de projets en approche intégrée en santé faisant une place tant aux soins proposés par la médecine officielle qu'à ceux en médecines alternatives.

Les Québécois se disent en faveur d'un encadrement officiel des médecines alternatives complémentaires

Cette étude, commandée par un groupe de chercheurs de plusieurs universités, révèle qu'une majorité de la population québécoise souhaite que le gouvernement provincial encadre officiellement l'ensemble des pratiques en médecine alternative et complémentaire (MAC). Près des trois quarts des Québécois, souhaitent aussi la création d'une forme d'encadrement quelconque que ce soit un ordre professionnel, à titre réservé ou d'exercice exclusif (38%), un ordre professionnel parapluie (19%) regroupant plusieurs pratiques ou encore une Régie (15%) pour encadrer l'ensemble des pratiques en médecine alternative et complémentaire.

L'encadrement officiel de ces pratiques aurait pour effet de combler un vide juridique dans les domaines légalisés et règlementés ailleurs au Canada.

L'encadrement officiel de ces pratiques aurait pour effet de combler un vide juridique dans les domaines légalisés et règlementés ailleurs au Canada. De même, la création d'un ordre professionnel ou d'une entité équivalente permettrait d'assurer véritablement la sécurité de la population.

Dans l'ensemble, un Québécois sur deux a une assez bonne opinion des MAC (48%) et ceux-ci ont surtout recours à la massothérapie (60%), l'ostéopathie (38%) et la naturopathie (25%) pour se soigner.

Mieux servir la population et améliorer la protection du public dans un domaine aussi crucial que celui de la santé devrait être une priorité pour tout gouvernement.

*Léger a été mandaté par le G.R.A.I.S un collectif regroupant des chercheurs de différentes universités intéressés par ce domaine de recherche, le Centre de recherche et d'éducation pour la santé et l'Association québécoise des ostéopathes. L'étude a été menée par la firme Léger, entre le 23 et le 25 mai 2017, auprès d'un échantillon représentatif de Québécois, âgé(e)s de 18 ans ou plus et pouvant s'exprimer en français ou en anglais. La marge d'erreur maximale pour un échantillon de cette taille est de ± 3.1 %, 19 fois sur 20.

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