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Pourquoi je veux que mes enfants me voient nue

26/09/2014 12:21 EDT | Actualisé 26/11/2014 05:12 EST

Ma maison est pleine de garçons: quatre, pour être exact. Mais ils sont toujours relativement jeunes -- donc ils n'ont pas de magazines de charme cachés sous leur matelas, pas de sites porno visités discrètement, rien de tout ça. Même si j'aimerais penser que mes enfants ne seront pas curieux sur ce genre de choses, je suis très consciente que ce ne sera pas le cas: elles sont imminentes et arriveront probablement plus tôt que je le voudrais. (Si j'avais mon mot à dire, ils ne penseraient même pas au sexe avant d'avoir 25 ans.)

Mais avant que ça arrive -- avant qu'ils soient exposés à des seins aussi ronds et fermes que des cantaloups et des images de fesses tendues, peintes au pistolet et sans la moindre ride -- je les expose à un autre type de corps de femme.

Le mien.

Je ne me promène pas nue comme le font mes garçons -- mais je ne me suis jamais gênée pour me changer devant eux, ou pour laisser la porte ouverte quand je me douche. Parce que je veux qu'ils voient à quoi ressemble un vrai corps de femme. Parce que si je ne le fais pas, quelles attentes vont-ils nourrir? Et quelles femmes pourraient leur plaire?

Entre vous et moi, je suis complexée par mon corps post-grossesse. Mais pour l'amour de mes garçons -- et mes futures belles-filles -- je ravale mon amour-propre. Quand ils posent des questions sur mes vergetures, je leur explique la difficulté de porter un enfant, et qu'ils sont comme des badges que j'ai remportés. Autant aimerais-je reculer lorsque leurs doigts pressent ma graisse superflue, je les laisse faire.

Car pour aujourd'hui, ma graisse est leur seule perception d'un corps de femme. Et je veux qu'ils sachent que c'est beau, même dans ses imperfections.

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Je leur montre la force de mon corps. Ils me voient faire de l'exercice. Ils me voient manger sain, mais satisfaire quand même mon amour des mets cuisinés. Quand on a des garçons, il s'agit non seulement de leur donner confiance quant à leurs propres corps, mais aussi de leur fait comprendre que le réel est beau.

Je veux qu'ils sachent que c'est ça la norme, pas les images retouchées à la souris et au bistouri avec lesquelles ils vont être bombardés.

Viendra un temps où je me couvrirai en leur présence. Je suis sûre qu'un jour j'entendrai «Maman, couvre-toi!», ou qu'ils frapperont à la porte de la salle de bains avant d'entrer. Mais avant que ça arrive, je les laisserai passer leurs doigts sur mes vergetures, et sourire lorsqu'ils pouffent devant mes vagues de fesses. Car tant qu'ils sont jeunes, je veux planter cette graine en eux -- afin que plus tard, lorsque leurs femmes diront «J'aimerais que mes cuisses soient plus minces», mes garçons répondent «Elles sont parfaites comme elles sont».

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