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Le PQ a un sérieux examen de conscience à faire

07/04/2014 11:12 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

Pour plusieurs raisons, je n'ai pas écrit pendant la campagne électorale. Mais, alors que nous venons d'obtenir les résultats de celle-ci, j'ai pensé partager certaines observations.

Ce soir, en regardant les résultats d'une élection qu'il a déclenchée quand il se croyait assuré de gagner, le Parti québécois a un profond examen de conscience à faire.

Le Parti québécois a récolté ce qu'il a semé. À vouloir diviser, jouer à la wedge politics, il en a payé le prix.

1- Au lieu de rassembler comme il aurait pu le faire sur les éléments consensuels de la Charte des valeurs, il a tenté de capitaliser électoralement sur ce qui divisait le Québec. Les Québécois ont bien vu que ce qui intéressait le PQ n'était pas les principes qu'il disait défendre, mais bien les gains électoraux qu'il croyait pouvoir réaliser. Ainsi, au lieu d'isoler le Parti libéral comme le PQ aurait pu faire s'il avait accepté de faire des compromis sur la Charte, le PQ s'est marginalisé dans le dossier qu'il avait lui-même amené en adoptant une position jusqu'au-boutiste. En langage de hockey, il a compté dans son propre but.

2- Le PQ s'est déshonoré en ne condamnant pas les propos répréhensibles, xénophobes et antisémites de sa candidate Louise Mailloux. Le PQ aurait dû filtrer cette candidate qui avait publié des canards véhiculés par les franges d'extrême droite sur la soi-disant taxe cachère. Il a ainsi terni le mouvement souverainiste dans son entier, attirant l'attention de groupes influents comme l'Anti-Defamation League aux États-Unis, importante organisation de défense des droits de la personne.

3- Le PQ a fortement terni sa réputation en recrutant Janette Bertrand pour sa campagne après la sortie de cette dernière sur les «folles» qui portent le foulard par choix. Connaissant sa propension à déraper, le PQ n'aurait jamais dû lui demander de participer à sa campagne. Janette en a rajouté sur les jeunes musulmans anglais qui veulent prendre le contrôle de sa piscine. Où étaient les ténors péquistes qui auraient dû la dénoncer?

4- Le PQ est coupable d'aveuglement volontaire en ayant rejeté les conseils - pourtant de bonne foi et sincères - des leaders historiques souverainistes que sont les Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Gilles Duceppe et, dans une autre catégorie, Jean Dorion sur le sujet de la Charte des valeurs. S'étant aveuglés eux-mêmes, il n'est pas surprenant que les péquistes aient foncé dans un mur.

5- Le PQ s'est aliéné la principale communauté immigrante francophone, à savoir la communauté arabe originaire d'Afrique du Nord. Les dégâts prendront du temps à être réparés. Et comme c'est une communauté en croissance, les dommages risquent de durer longtemps.

6- Plus marquant, les jeunes tournent le dos au PQ. Tous les sondages le démontrent. L'offre du PQ ne séduit pas les jeunes branchés sur le monde, avec des copains de toute origine et des amis aux quatre coins de la planète. Des élections fictives tenues dans les écoles secondaires montrent le PQ en quatrième place dans plusieurs institutions.

N'oublions pas: ce sont des jeunes qui voteront lors de la prochaine élection. Cela n'augure rien de bon pour la formation créée par René Lévesque. Un retour à la table à dessein est urgent pour que ce grand parti ne devienne un parti générationnel.

Pauline Marois, son cercle de conseillers et ses principaux ministres ont un sérieux examen de conscience à faire après ce désastre - la pire performance du PQ depuis 1970.

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