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Lettre aux pro-palestiniens, pour un dialogue respecteux

21/04/2013 01:49 EDT | Actualisé 21/06/2013 05:12 EDT
AP
Israeli left wing activists hold Israeli and Palestinian flags to support the Palestinian U.N. bid for observer state status, during a rally in Tel Aviv, Israel, Thursday, Nov. 29, 2012. The Palestinians are certain to win U.N. recognition as a state on Thursday but success could exact a high price: delaying an independent state of Palestine because of Israel's vehement opposition. (AP Photo/Oded Balilty)

La cause de l'indépendance palestinienne est une cause juste. Les Palestiniens ont droit à un État viable, démocratique et pacifique aux côtés (et non à la place) d'Israël.

En tant qu'ancien député du Bloc québécois, on comprendra aisément que je défende le droit à l'autodétermination des nations. Les Palestiniens formant une nation, ergo ils ont le droit à l'autodétermination.

C'est clair et sans ambiguïté.

C'est non seulement ma position personnelle, c'est aussi la position officielle du gouvernement d'Israël et de la communauté juive de chez nous.

Ce qui nuit à la cause palestinienne ici, chez nous, c'est la hargne de ses partisans. Leur mauvaise foi. Leur haine. Leur double standard. Leur manque de nuance. Ils ne sont pas capables d'avoir une discussion honnête, une conversation sans démoniser l'État d'Israël. Tout en défendant le nationalisme palestinien, il récuse toute légitimité au nationalisme juif (qui s'appelle le sionisme).

Il n'y a pas besoin d'aller plus loin que d'aller voir les commentaires laissés après mes textes ici même, sur le Huffington Post Québec.

Des exemples parlant

Il y a des gens comme Ankou, qui, suite à mon texte Les leçons de l'Holocauste pour aujourd'hui, réfutent tout simplement l'existence de la nation juive en affirmant qu'«il n'y a pas de peuple juif pas plus que de peuple catholique (...)», démontrant ainsi une ignorance assez remarquable de l'histoire juive. Les Juifs, malgré leur situation particulière de peuple diasporique pendant des siècles, se sont toujours définis (sauf pour un petit nombre au début du mouvement réformiste) comme un peuple. En fait, comme j'ai écrit ailleurs, « le mot « religion» ne se retrouve même pas dans la Torah (les cinq premiers livres de la Bible). Les termes bibliques pour les Juifs sont Am Yisrael (la nation d'Israël) et Bnei Yisrael (les enfants d'Israël). Autrement dit, pour les Juifs, l'identité est nationale avant d'être religieuse. C'est pourquoi de nombreux Juifs sont non-pratiquants, agnostiques, voire athées, mais sont quand même juifs. »

Évidemment, s'il n'y a pas de nation juive, il ne peut y avoir de droit à l'autodétermination.

Un habitué de la section commentaires de mes textes, un nommé (du moins sur internet) Gustav Hotch fait preuve à répétition d'une judéophobie (pour utiliser le vocabulaire de Pierre-André Taguieff) assez remarquable. De son négationnisme sur l'Holocauste à sa haine maladive et primaire, («Personne est né (sic) antisémite, il ou elle le devient par la force des évènements!!», ce personnage qui nazifie les Israéliens («Les soldats ,les francs-tireurs qui tuent les enfants Palestiniens (sic), ont à leur chevet le livre Mein Kampf traduit en hébreu!») et qui ne connait pas la religion juive (affirmant du même souffle que pour le judaïsme, « la conversion est un concept impur (sic)» et que les Juifs d'aujourd'hui sont des Khazars convertis) est un exemple frappant de ceux qui sont plus contre les Juifs que pour les Palestiniens, de ceux qui souhaitent plus détruire les Juifs et leur État que de bâtir un État palestinien. (En passant, un nommé Jung Gehr écrit quelques fois la même chose mot-pour-mot que Hotch, me laissant penser que ces deux personnes sont en fait une même et seule personne qui n'est pas assez brave de commenter à visage découvert...)

Un autre commentateur sur mon blogue qui nazifie les Juifs est un nommé Pierre Caron, qui affirme que «les juifs ne font pas mieux que les Allemands de la 2e guerre. (...) C'est sure (sic) qu'il n'y a pas les chambres a gaz mais laissons-leur le temps ca viendra surement.» Peut-on imaginer que de telles choses soient écrites?

Quant à elle, une dénommée Linda Hart est si obsédée par l'État d'Israël qu'un texte intitulé Laïcité et patrimoine québécois qui n'avait pourtant rien à voir avec celui-ci, mais portait entièrement sur la laïcité au Québec, l'a amené à attaquer les sionistes. Elle est tellement obnubilée par Israël qu'un texte sur la nourriture cachère l'amène à vouloir interdire toute discussion autre que le conflit au Proche-Orient («Avec ce qui se passe actuellement à Gaza, le Huffington devrait avoir la décence de retirer cette chronique. Ce genre de discussion initiée par les chroniqueurs sionistes visant à distraire à tout prix l'attention des monstruosités que se permet Israël à Gaza, ne devrait plus jamais être autorisé. Il se tue des enfants, des femmes et des hommes à Gaza et l'autre qui nous parle de cachère. Je ne sais pas au juste comment font ces gens-là pour se regarder dans un miroir sans vomir.»)

Cette même Linda Hart affirme qu'il «n'y a pas et n'y aura jamais de terres ancestrales juives» niant ainsi ce que tous les historiens (même antisionistes) reconnaissent que les Juifs ont créé une entité politique au Proche-Orient il y a 3000 ans, qu'ils y ont prospéré et que, même après les catastrophes aux mains des Romains, une population juive y a toujours été. De plus, en qualifiant Israël de «pays usurpé», elle fait fi du fait qu'Israël est né de la volonté de la communauté internationale telle qu'exprimée par les Nations Unies à l'époque.

Un appel au dialogue

J'écris souvent sur la situation du Moyen-Orient. Je le fais de façon modérée, cherchant à apporter un éclairage original sur la situation, à respecter les points de vue opposés, en cherchant des pistes de convergence.

Je sais que le conflit israélo-arabe est très émotif.

Je crois - je le répète - que sa solution passe par un accord mutuellement négocié entre l'État juif d'Israël et les Palestiniens, accord qui assurera le droit à l'autodétermination, dans la paix, des peuples de la région.

Je souhaite que le dialogue - qui peut être vif évidemment - sur le sujet soit ici respectueux.

Et je désire remercier tous ceux et celles qui m'écrivent, sur le Huffington Post comme directement, pour continuer la discussion. Vous faites de moi un chroniqueur intéressé par vos idées, vos suggestions, vos objections et vos opinions.