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L'offensive de charme de l'Iran

04/10/2013 12:55 EDT | Actualisé 03/12/2013 05:12 EST

L'Ouest est fatigué de la guerre. Après le désastre en Iran et les résultats peu concluants obtenus en Afghanistan, peu de gens sont chauds à l'idée d'une autre confrontation dans un pays du monde arabo-musulman. Le recul stupéfiant du président Obama en Syrie en est un exemple probant.

Ceci explique probablement pourquoi les quelques sourires et paroles plus gentilles prononcées par l'actuel président iranien, Hassan Rouhani, ont été si bien accueillis par certains.

Ne pas se leurrer

Bien sûr, comparé au précédent président, Mahmoud Ahmadinejad, tout le monde a l'air raisonné, sensible et modéré. Le fait que Rouhani ne soit pas Ahmadinejad est, pour plusieurs, suffisant.

Mais c'est vite oublier qu'en Iran, le président n'est pas l'autorité suprême. C'est le guide suprême, Ayatollah Ali Khamenei, qui l'est. Et Khamenei est encore là, bien en selle.

À l'interne : les droits et libertés bafoués

Derrière le sourire et les tweets de Rouhani se cache un régime tyrannique et extrémiste.

Le gouvernement iranien continue d'utiliser des méthodes aussi barbares que les amputations, le fouet, la torture et les exécutions publiques pour imposer ses vues à une population terrifiée.

Les minorités linguistiques, ethniques et religieuses sont persécutées sévèrement. Demandez aux Bahaïs s'ils vivent dans un État démocratique...

Selon un rapport récent de l'ONU, le système de justice est toujours aussi déficient, le nombre d'exécutions a augmenté et de sévères restrictions sur le droit d'assemblée et d'association ont été imposées.

Bref, l'Iran est tout autre chose qu'un sourire.

À l'externe : un soutien aux extrémistes

L'Iran aide massivement le régime meurtrier de Bashar al-Assad en Syrie (où la guerre civile a déjà entraîné plus de 100 000 morts), entraîne, arme et finance le Hezbollah et le Hamas (deux groupes considérés comme terroristes par le droit canadien), est soupçonné d'être derrière les attentats meurtriers en Argentine, etc. Le régime iranien n'est pas formé d'enfants de chœur.

Tout ça dans un contexte où l'Iran continue sa course vers l'obtention d'armes nucléaires. Rouhani refuse toujours de respecter les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU qui demandent la cessation de toutes les activités d'enrichissement de l'uranium.

Un cauchemar

Un Iran toujours porté vers l'islamisme radical, qui veut retrouver un rôle prépondérant au Moyen-Orient, qui veut exporter son idéologie par ses agents que sont le Hezbollah et le Hamas, qui alimente le schisme sunnites-chiites, qui souhaite la disparition de l'État d'Israël, qui pourrait se cacher derrière un parapluie nucléaire pour continuer à déstabiliser la région la plus instable du monde et réprimer les velléités démocratiques de sa propre population, cet Iran-là est un cauchemar qui ne doit pas se réaliser.

Un Iran nucléaire serait un danger non seulement pour la région, mais pour le monde entier.

L'Occident, avec les États-Unis en tête, ne doit pas être naïf. Il doit continuer d'être strict avec l'Iran et ne pas alléger les sanctions - sanctions qui ont un effet sur l'économie iranienne.

Les mots de Rouhani sont bien beaux. Mais tant que l'Iran n'agit pas dans le sens voulu par la communauté internationale (dans les dossiers du nucléaire, de son soutien au terrorisme et des droits de la personne), elle ne mérite pas la confiance de qui que ce soit.

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