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Charte des valeurs: la bataille de New York?

23/11/2013 10:01 EST | Actualisé 23/01/2014 05:12 EST

Le journaliste canadien-anglais du magazine McLean's Martin Patriquin a publié un texte ravageur sur la Charte des valeurs du gouvernement péquiste dans la tribune la plus prestigieuse du monde: le New York Times.

Hommes de culture, journalistes et commentateurs chevronnés, les ministres Bernard Drainville et Jean-François Lisée savaient très bien qu'ils ne pouvaient laisser passer un tel texte sans réagir. Ils ont donc, eux aussi, pris la plume et ont publié une (courte) lettre dans les pages de la Dame Grise ( The Grey Lady, surnom donné au quotidien).

Les ministres Drainville et Lisée connaissent assez la scène mondiale pour savoir que, qu'on le veuille ou non, le centre du monde est encore New York, que des réputations s'y font et s'y défont, que les diplomates de la planète entière postés à New York y glanent des informations qu'ils envoient à leurs capitales.

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Étant moi-même à New York pour quelque temps, je suis à même de constater que deux sujets canadiens (c'est rare) font parler dans la Grosse Pomme: les tribulations du maire de Toronto Rob Ford - qui est devenu une vedette et la tête de Turc des émissions de fin de soirée dont les Américains (surtout les jeunes) sont friands - et, dans certains autres autres milieux, ce qui se passe au Québec avec la Charte.

Qu'on me comprenne bien! Je ne dis pas que le débat sur la Charte au Québec fait les premières pages ou que c'est le sujet principal dans la métropole américaine. Ce que je dis cependant, c'est que dans les milieux influents, parmi les intellectuels, les think tanks (qui jouent un rôle très important dans les milieux politiques américains), les penseurs (en tous les cas ceux avec qui je parle depuis mon arrivée ici), on regarde ce qui se passe chez nous. Et l'opinion qui se détache est peu flatteuse pour le Québec dans son ensemble, et pour le mouvement souverainiste en particulier.

Attention! Je ne dis pas que nos décisions doivent être prises à New York, loin de là. Ce que j'affirme cependant, c'est que dans le monde globalisé qui est le nôtre, dans lequel les pays, les sociétés, les artistes, les villes, même, se font une concurrence féroce, la réputation et l'image comptent. Pour beaucoup. On peut vouloir le déplorer, cela ne change rien à la situation.

J'ai cité dans un autre texte ce qu'avait affirmé Barack Obama sur le sujet de l'interdiction du foulard. J'ai mes réserves sur les politiques et opinions du président Obama sur une multitude d'enjeux. Ceci étant dit, il représente assez bien sur ce sujet le consensus américain, dans les milieux libéraux (c.-à-d. progressistes) comme dans les milieux conservateurs.

Le dommage fait à la réputation du Québec aux États-Unis pâle en comparaison avec le dommage fait au mouvement souverainiste. Je ne peux compter le nombre de fois où, en très peu de temps ici, on l'a qualifié d'intolérant, de liberticide et d'autres qualificatifs peu élogieux.

Le gouvernement a fait, comme me l'a clairement dit un de mes nombreux contacts au sein de l'appareil gouvernemental, un choix de société. C'est son droit.

Mais chaque choix à des conséquences. Et celles sur la réputation internationale du Québec - en tous cas aux États-Unis, pays bâti sur les libertés religieuses - sont très négatives.

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