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L'apartheid palestinien

05/04/2013 07:47 EDT | Actualisé 05/06/2013 05:12 EDT
AP
Palestinian refugees chant slogans and wave Palestinian flags during a rally supporting the Palestinian UN bid for observer state status, in front the United Nations headquarters in Beirut, Lebanon, Thursday Nov. 29, 2012. The Palestinians will request to upgrade their status on November 29. The status could add weight to Palestinian claims for a state in the West Bank, Gaza Strip and east Jerusalem, territories captured by Israel in the 1967 Mideast war from Jordan.. (AP Photo/Bilal Hussein)

J'ai dit et écrit partout que je suis en faveur de la création d'un État palestinien démocratique, pacifique et viable à côté de l'État juif d'Israël. Je précise ceci car je ne veux pas que ce qui suit soit déformé par les adversaires de l'État d'Israël, tout en sachant que de simplement défendre le droit de la nation juive à l'autodétermination dans ses terres ancestrales donne de l'urticaire à certains.

Ceci étant dit, tout en étant un partisan déclaré de la solution de 'Deux États pour deux peuples' (l'État juif d'Israël et l'État palestinien), il n'en demeure pas moins que certains éléments troublants de la société palestinienne, trop souvent occultés par nos médias, doivent être pris en compte.

Il n'est pas rare de voir des militants anti-Israël (oui, ils sont plus souvent anti-Israël que pro-palestiniens, malheureusement..) accuser Israël d'être un État d'apartheid.

Quand on analyse Israël avec des critères objectifs (démocratie, traitement des minorités religieuses, traitement des minorités ethniques, traitement des femmes, traitement des gays et lesbiennes), on voit bien l'absurdité de l'accusation.

Cependant, il est temps de regarder la situation dans les territoires palestiniens.

Une démocratie palestinienne moribonde

La démocratie y est moribonde. Dans Gaza, sous la coupe du Hamas, toute opposition au groupe islamiste est clairement interdite. En Cisjordanie, le Parlement ne s'est pas réuni depuis juin 2007 et le Président palestinien est dans la 9e année de son mandat... de quatre ans. Et aucune élection n'est prévue.

Les minorités: un sort peu enviable

Selon la Loi fondamentale de l'Autorité palestinienne, l'islam est la religion officielle des territoires palestiniens, les principes du droit religieux islamique (charia) sont la principale source de la législation, et l'arabe est la seule langue officielle (article IV).

(Je rappelle que la base du droit israélien est la common law anglo-saxonne - comme au Canada anglais, aux États-Unis et en Grande-Bretagne - et que l'arabe est une langue officielle de l'État d'Israël).

L'Autorité palestinienne a une loi qui autorise l'exécution de Palestiniens qui vendent leurs terres à des Juifs. En effet, l'attitude de discrimination contre les Juifs est telle dans les territoires palestiniens que même le système judiciaire palestinien impose la peine de mort à tout Palestinien qui vend sa terre à un Israélien. De plus, comme cette loi s'étend théoriquement au territoire d'Israël même, un Arabe israélien qui vendrait sa propriété à un de ses concitoyens juifs serait sujet à cette même peine.

Quant à l'avenir que dessinent les Palestiniens pour leur futur État, il est clair que celui-ci sera arabe et musulman. Leur ébauche de constitution prévoit que « Cette constitution se fonde sur la volonté du peuple arabe palestinien » (Art. 1), que « le peuple palestinien est une partie des nations arabes et islamiques » (Art. 3), que « la souveraineté appartient au peuple arabe palestinien » (Art. 10), et que « le caractère légal du peuple arabe palestinien sera incarné par l'État » (Art. 13). De plus, non seulement « L'islam sera la religion officielle de l'État » (Art. 6), mais « L'arabe sera la langue officielle » (Art. 5). Et « Les principes de la charia islamique seront la source première de la législation. » (Art 7) (je souligne).

Une illustration: le président Mahmoud Abbas refuse d'interdire les « crimes d'honneur », (i.e. quand une femme est tuée pour avoir «déshonoré» sa famille, souvent par des accusations de relations illicites - pas nécessairement sexuelles - avec un homme qui n'est pas de sa famille).

Aucun Juif en Palestine alors que les chrétiens quittent

Des officiels Palestiniens ont déclaré - alors que 20% de la population israélienne est arabe - qu'un éventuel État palestinien n'aura aucun Juif sur son territoire.

Le président Abbas lui-même a déclaré qu'il n'y aura pas un seul Israélien sur le territoire palestinien.

Vous imaginez la réaction du monde si Israël disait qu'il ne peut y avoir aucun Arabe sur son territoire?

En passant, il est intéressant de noter qu'Israël est le seul pays au Moyen-Orient dont la population chrétienne est en croissance constante avec un taux extraordinaire de 345 % depuis la fondation de l'État juif. Depuis 1995, la communauté chrétienne d'Israël a connu un taux de croissance de 26 %, passant de 120 300 à 151 700 âmes en 2009. Par contraste, lorsqu'Israël a cédé Bethléem à l'administration de l'Autorité palestinienne en 1995, 60 % de ses habitants étaient chrétiens. Aujourd'hui, Bethléem est devenue une ville musulmane dont seulement 20 % de la population est chrétienne. En fait, il y est même « difficile à un chrétien d'acquérir une maison ou un terrain parce qu'« on ne cède pas la terre de l'islam à un croisé ». (« Le calvaire des chrétiens », Le Point, no 1999, 6 janvier 2011, p. 42).

De vrais amis

Un vrai pro-Palestinien, quelqu'un qui désire véritablement que les Palestiniens aient leur État indépendant, démocratique, viable et pacifique, doit prendre ceux-ci pour des adultes, cesser de les infantiliser, exiger d'eux qu'ils respectent les valeurs fondamentales auxquelles nous tenons (libertés fondamentales, règlement pacifique des disputes, etc.) et les juger selon les mêmes normes que le monde applique aux Israéliens.

Si, comme je le pense, l'indépendance signifie pour un peuple assumer l'ensemble de ses responsabilités, il faut cesser de déresponsabiliser les Palestiniens et cesser de faire systématiquement porter la responsabilité de leurs nombreuses erreurs sur les épaules des Israéliens, des Américains ou de qui que ce soit d'autre.

C'est desservir les Palestiniens que d'être ainsi paternalistes à leur endroit, « comme s'ils étaient des mineurs auxquels on pardonne tout » pour reprendre l'expression de l'auteur et activiste pour la paix A.B. Yehoshua. (Cité par Jean-Luc Allouche, Les jours redoutables, Israël-Palestine: la paix dans mille ans, Denoël Impact, 2010, p.45).

VOIR AUSSI Des images du conflit israélo-palestinien de novembre 2012, compilées par le HuffPost.com

GRAPHIC WARNING: Israel And Gaza Tensions