Ricardo Lamour

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Les élections dans Montréal-Nord

Publication: 07/08/2012 06:48

Une de mes plus grandes inspirations à Montréal s'appelle Will Prosper, le candidat de Québec Solidaire dans la circonscription de Bourassa-Sauvé.

On a nos désaccords, mais ce qui nous lie est plus fort que ce qui nous éloigne. Je saisis cette tribune pour que la voix d'un autre type de citoyen qui tente de se battre à temps plein contre un système qui nous étouffe à temps plein, soit entendue à l'Assemblée nationale afin de porter les revendications et l'obsession d'exister de gens fatigués de subir les conséquences du déni de l'idéologie dominante.

«Tout va bien à Montréal-Nord» C'est ce que l'élite criait en 2008, à qui voulait bien l'entendre, alors que Fredy avait été assassiné par la police à 18 ans pour avoir joué aux dés dans un parc, que le quartier avait connu les pires émeutes de son histoire, que le SPVM qui avaient déployé plus de 500 policiers avait été pris de cours par l'ampleur des événements et que le rapport de la CSST avait critiqué sur la majorité des aspects de leur intervention.

Par la suite, Will s'était présenté avec près d'une cinquantaine de citoyens indignés au Conseil d'arrondissement de Montréal-Nord pour demander la démission immédiate du maire Marcel Parent, pour ses propos irresponsables. Plusieurs citoyens étaient restés à l'extérieur, bloqués par la sécurité de la mairie d'arrondissement. Le maire Parent avait été maire depuis 7 ans succédant à Yves Ryan (frère de Claude Ryan), lui aussi de l'équipe libérale et qui avait été maire de 1963 à 2001. Oui, maire pendant près de 40 ans...

J'ai donc connu Will suite à ces événements. À l'époque, j'étais fatigué de voir des Noirs de service, à la télé, prendre la parole et dire que les citoyens de Montréal-Nord attendaient les résultats de l'enquête sur la mort de Fredy Villanueva alors que les conséquences de l'expression de l'indignation populaire étaient encore palpables.

Je me suis donc levé comme d'autres pour aller à une des marches de solidarité pour la famille Villanueva et c'est là que j'ai vu ce dont les médias nous privent. Un quartier vibrant au travers de l'expression coloré de centaines de citoyens demandant justice. Je suis aussi tombé sur le lion. À l'époque, il avait ses dreadlocks. Je lui ai dit: «C'est toi qui organise ça?» Il a répondu: «Oui, avec notre équipe».

- Chapeau, je peux aider?
- On a toujours besoin d'aide.

J'avais rarement vu une personne créer autant avec si peu de ressources... économiques. Sa formule? Sa sensibilité à l'injustice, sa confiance dans le pouvoir des gens, ses idées novatrices et rassembleuses, son envie de nommer les problèmes, ainsi que son réseau.

Son équipe? Montréal-Nord Républik, constituée de citoyens écoeurés de devoir porter la honte que le système judiciaire, communautaire à logique complémentariste, paramilitaire et politique refusaient à tout prix d'assumer.

Quand il s'agit de Bourassa-Sauvé et plus spécifiquement de Montréal-Nord, on parle d'un secteur comprenant ces endroits où des jeunes, comme les personnes en situation d'itinérance au Centre-Ville de Montréal sont traités comme des éléments suspects dévaluant le mobilier public. Le but de la veille policière est souvent de faire fuir ces moustiques, sous prétexte de non-respect de règlement municipal en judiciarisant les plus tenaces dans le but ultime de préserver une impression, un cachet, une touche de salubrité physique et sociale. Pathétique!

"Les misérables sont ceux qui ressentent l'humiliation et la honte à une profondeur telle qu'ils sont hypersensibles au mépris, même aux nuances les plus subtiles du mépris.

Si la société a honte de ses "misérables" parce qu'ils reflètent ses dysfonctionnements économiques et sociaux, ce sont eux, les misérables, qui sont désignés pour porter cette honte. Tant qu'ils ont honte d'eux-mêmes, ils dispensent la société du dédain d'elle-même. Ce sont les porteurs de la honte." - Jean Bédard

Ça fait longtemps qu'une partie des gens qui militent avec Will lui suggère de se présenter à la mairie de l'arrondissement de Montréal-Nord ou à un autre palier gouvernemental. Pourquoi? C'est simple. L'embargo sur le degré de redevabilité qui nous est dû est étouffant pour plusieurs citoyens et leurs familles. Les enfants grandissent et souhaitent faire partie, eux aussi, de l'équipe gagnante. Celle qui prend des décisions. Malheureusement, l'équipe gagnante n'est pas toujours l'équipe qui fait preuve d'intégrité et c'est ainsi qu'une certaine élite politique tarde systématiquement à incarner les valeurs les plus élémentaires et les plus nobles qui soient.

Il faut être capable de vivre digne. Vivre digne, c'est être plus qu'un consommateur. C'est aussi utiliser son droit de cité pour l'émancipation d'autrui et pour la refonte du tissu social. C'est s'organiser pour s'élever. C'est être prêt à reconnaître ses privilèges et défendre ses droits. C'est se battre dans l'équipe de la vérité, qui, si la lutte est organisée, devient l'équipe gagnante.

Heureusement, il y a de ces gens dont même le déficit d'attention fait preuve de plus de crédibilité que la vision à long terme de notre élite myope.

L'élite myope...

Peut-être qu'elle aime nous voir organiser plus de tournois de basket avec les jeunes en cessant de parler de profilage racial, d'impunité, d'injustices?

«Donnez leur du Pain et des Jeux»

Du pain et des jeux
et le peuple sera content,
il suivra aveuglément
les lois des seigneurs dieux.
Le peuple est-il content ?
Assurément,
il ne montre pas ses dents,
il aurait honte,
elles sont pourries.
[...]- poète Juvénal

Malheureusement, Will, un fervent amateur de sport, compte faire plus.

Un athlète sans conscience politique est une honte nationale. Regardez l'écart entre les propos de la triple sauteuse grecque Voula Papachristou et la contribution politique de Muhammed Ali qui refusa d'aller se battre avec l'armée américaine contre un peuple qui ne lui avait rien fait alors que les siens subissaient l'oppression des forces de l'État?

J'ai vu Will et son équipe organiser le Premier Forum social de Montréal-Nord, Hoodstock, avec des miettes, alors que l'arrondissement de Montréal-Nord les fixait avec les yeux du «J'espère que vous allez vous casser la gueule» tout en tardant à leur offrir un permis pour organiser cet événement porteur pour le secteur encore fragilisé par les causes et les conséquences des événements du 9 et 10 août 2008.

«S'organiser pour s'élever»

J'ai vu tout le travail de cet ex-policier de la GRC visant à sortir Montréal-Nord de Montréal-Nord tout en insistant sur le caractère distinct de ce quartier.

Si la tendance se maintient, peut-être que Bourassa-Sauvé verra l'inauguration d'un campus universitaire donnant accès à l'éducation gratuite, le développement de transports collectifs électriques, un Musée des droits humains? Malheureusement, cela n'aura pas fait partie du leg de Line Beauchamp, trop occupé à déserter.

Au plus fort de la crise qu'a vécu Montréal-Nord, on ne pouvait voir Line Beauchamp dans les parages. Ses valets tenaient le fort du déni pour elle en filtrant les appels téléphoniques de citoyens préoccupés alors qu'elle acceptait des invitations dans toutes sortes d'activités nobles, notamment un déjeuner-bénéfice aux côtés de Domenico Arturo, (un des cinq chefs mafieux ayant pris la relève, en 2010, du clan Rizzuto démantelé par l'opération Colisée de la GRC), le tout sous le cautionnement de l'oeil fatigué de son ancien attaché politique, l'ex-policier aux plus de 30 ans d'expérience et l'actuel maire de Montréal-Nord, Monsieur Gilles Deguire. Incestueux, ce monde politique.

Elle a donc beaucoup d'audace, notre Line nationale, de revenir, après un règne fantôme, appuyer la nouvelle candidate du PLQ, Rita de Santis, dans Bourassa-Sauvé.

L'examen des politiques libérales montre non seulement à Montréal-Nord, mais à l'ampleur de la province, du pays et hors de nos frontières que celles-ci se fichent de l'affranchissement des communautés culturelles, mais instrumentalisent ces dernières pour augmenter leur capital de sympathie.

D'ailleurs, je dis ça comme ça... il serait bien que la plus grande manifestation de l'histoire du Québec passe aussi à Montréal-Nord, afin de souligner une solidarité envers ceux qui étaient déjà écrasés par les visions du gouvernement libéral des lustres avant que la question de l'accessibilité aux études soit un enjeu majeur. Bourassa-Sauvé est l'ancienne circonscription de Line Beauchamp, était un fort libéral depuis plus de dix ans et risque de le rester vu le fait que Montréal-Nord est dans l'angle mort de notre pare-brise. Montréal-Nord est donc le cheval de Troie d'une élite fatiguée d'oser inventer l'avenir, en quête de repos et qui tente de maintenir désespérément ses privilèges.

Will tentera de changer la gouvernance de Montréal-Nord qui a subit non seulement le joug de l'ex-ministre de l'éducation et de l'environnement, madame Line Beauchamp, mais de toute la famille libérale qui affiche sa co-sanguinité jusqu'au niveau municipal.

Will à l'époque

Will et la culture

Will maintenant:

Trop de «leaders» de la communauté ont appris à ne plus s'indigner et ont l'air de l'esclave chargé calmer ces semblables de leurs envies de révolte à défaut de quoi, il perdrait leurs privilèges de "House negro". C'est triste, mais c'est la réalité.

«Un individu conscient et debout est plus dangereux pour le pouvoir que dix mille individus endormis et soumis» - Mahatma Gandhi

Quand nos systèmes s'effondrent, que nous reste t-il?

Will est un individu conscient et debout.

Il représente l'intégrité. Nous allons l'aider. Il sait que s'il déraille, il me retrouvera sur son chemin. Je ne serai pas le seul là, car plusieurs s'endettent psychologiquement, à oser espérer dans un monde malade.

Debout pour le changement!

«En votant toujours pour le moins pire, on ferme la fenêtre sur nos rêves.» - Amir Khadir

 

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Une de mes plus grandes inspirations à Montréal s'appelle Will Prosper, le candidat de Québec Solidaire dans la circonscription de Bourassa-Sauvé. On a nos désaccords, mais ce qui nous lie est p...
 
 
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19:38 sur 07/08/2012
Quel est votre point de vu sur Dany Villanueva, aurez-vous le courage de l'exprimer?
11:57 sur 08/08/2012
Et la réponse se fait toujours attendre...
16:57 sur 07/08/2012
Montréal nord, deviens de pire en pire, grace aux communautés noires qui savent pas
controler leurs enfants, des petites filles de même pas 15 ans en gang avec un groupe
de noirs font des scandales vers le 3am, chaque fin de semaine, les voisins
en tabarnak sont plus capable appellent la police, la police vient la gang de paresseux
bons à rien commence à crier au racisme, cassent de vitres, insultent leurs voisin et dépuis ce temps
la pluparts des famiilles 'blanches' ont commencé à démenager ailleurs, le prix des maison du secteurs tombent, fait que d'autre familles noires sont capable d'acheter, là c'est rendu ridicule, j'ai peur car ma mère habite le coin et ne veut plus sortir après 9 car même le bon vieux depanneur à decider de vendre à des arabes car l'ancien propriétaire ne pouvait plus de voir 50 noirs prendre son parking pour un centre de congres de fumeux de pots qui intimidaient ses clients et hacerler les femmes.....montréal noir ne sortira pas bientôt de ses troubles. En passant les villanueva pour les avoir connus personnellement sont de petits voyous bons à rien, des fausses victimes qui coutent chèrs à cette société déjà pas mal écrassée par les taxes et impôts.
19:36 sur 07/08/2012
Une chance que Danny Villanueva ne peut voter. Quand je pense qu'il aurait voté pour l'autre... oh boy!
16:56 sur 07/08/2012
Faut arrêter de jouer les victimes, si il y avait pas un taux de délinquance aussi élevé dans ces quartiers, il y en aurait pas de problème tout simplement. Je suis pas assez renseigné sur la communauté hispanique, mais je connais bien ma communauté pour vous dire que les plus gros problèmes c'est nous qui les créons, et le jour que les hommes cesserons de faire des enfants pour les abandonner à leur mère, que les parents donneront une meilleure éducation à leurs enfants, qu'on arrêtera d'écouter la musique débile de rue qui influence nos jeunes, etc, il y en aura plus de problème. On peut pas toujours demander aux autres de faire plus d'effort alors qu'on fait rien du tout. Dans ce pays, il y a tout ce dont une personne a besoin pour réussir dans la vie, c'est mieux qu'ailleurs où t'a aucune chance. Les gens comme Will apprennent ces jeunes à devenir des victimes, plutôt que de les motiver à réussir dans la vie. C'est pas pour rien qu'ils font n'importe quoi dans la rue et après ils crient à la discrimination et au racisme.
20:11 sur 07/08/2012
C'est à mon avis un problème d'instruction et de mentalité.

Par exemple, la politique du regroupement familial d'Immigration Canada fait débarquer au Qc certaines gens pour qui juste le fait d'être au Canada signifie l'installation au paradis. Comme dans certaines cultures ( dans le 1/3-Monde principalement) procréer est un devoir sacré, il va de soi que la majorité des nouvelles venues peu instruites se fait le devoir d'usiner un bébé et se dépêcher d'annoncer à la famille restée au pays le bouclage de la boucle du bonheur atteint en Occident. Et nos pas-recommandables de Montréal-Nord recherchent souvent ce genre de filles-là, très faciles à exploiter. Malheureusement, les enfants issus de ces unions seront, eux, confrontés aux réalités de la vie occidentale qu'ignorent très souvent leurs mères depuis longtemps abandonnées comme des vieilles chaussettes. Et le cycle se poursuit.
01:06 sur 08/08/2012
C'est vrai, prenons par exemple la communauté Haïtienne. La première vague d'immigration haïtienne a débuté vers la fin des années 60. Avant 1967, le nombre d'haïtiens était infime au Québec. En raison de la répression en Haïti sous le régime de Duvalier, plusieurs professionnels ont choisi d'immigrer au Québec. La communauté haïtienne a enrichi le Québec de nombreux professionnels de tous genre: ingénieurs, médecins, enseignants, avocats, écrivains, artistes et musiciens. Cette communauté a également fourni les travailleurs et la main-d’œuvre de service dont la société d’accueil avait besoin à l'époque. À cet époque, les lois qui encadrait l'immigration était beaucoup plus sévère, on choisissait uniquement les immigrants qui pouvait apporter une contribution significative au développement du Québec. Remarquez qu'il n'y avait pas de problème de gang de rue à cette époque, ni de pauvreté ethnique concentrée dans les quartiers défavorisées de Montréal. Ces problèmes sont apparus avec la deuxième vague d'immigration à la fin des années 80, et vous l'avez très bien expliqué dans votre texte. L'immigration est devenu moins sélective, ils ont amenés des gens dont la plupart voulait travailler au salaire minimum et ne pas s'instruire, et avec le regroupement familial c'était encore pire.
01:10 sur 08/08/2012
(La suite de mon commentaire, lisez le premier d'abord) Vous savez qui en souffre le plus de tout ça, c'est pas les Québécois de souche, c'est les jeunes Haïtiens comme moi, qui font tous les efforts pour essayer de redonner une image à notre communauté, mais nous sommes dépassés en nombre par ces jeunes qui ont des parents issus de la deuxième vague d'immigration, qui sont peu instruits, et qui foutent le bordel dans notre communauté, du coup on est tous prit pour cible par les médias. Et la situation va s'empirer, parce que le gouvernement les font venir par milliers chaque année pour les entasser dans ces quartiers pauvres et surpeuplés. C'est à ne rien comprendre!
11:01 sur 07/08/2012
En passant qu'attend l'immigration pour extrader le criminel le frère de Freddy,Dany Villanueva,vous savez au Québec quand on ne veut pas de problème,on ne se tient pas avec des criminels,votre ami Will est -il un ami de Dany Villanueva ??