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Marijuana médicinale: les agriculteurs québécois tenus à l'écart d'un marché lucratif

12/12/2014 09:01 EST | Actualisé 11/02/2015 05:12 EST

Le « Québécois » aux Québécois!

Il y a quelques mois je discutais avec des amis agriculteurs et nous sommes par hasard arrivés sur le sujet de la légalisation de la marijuana. Par leurs propos, j'ai été surpris de voir combien les cultivateurs du Québec sont tenus à l'écart de ce dossier qui touche leur compétence expressément et qui implique un potentiel de revenus important pour nos régions.

Il est d'autant plus inquiétant de constater l'absence des cultivateurs québécois des dossiers de marijuana médicale ou de marijuana légalisée alors que le Québec fut jadis un des plus grands producteurs de chanvre d'Amérique (on peut encore constater des vestiges d'anciens moulins dans le comté de Vaudreuil-Soulanges).

En ce moment, les permis de marijuana médicale sont octroyés aux entreprises, sociétés de pharmaceutiques et conglomérats de l'extérieur de la province et l'expérience démontre que le simple fait d'avoir reçu un tel permis permet à des individus d'aller en bourse et de devenir millionnaires sur le champ. Le fédéral n'a pas encore justifié pourquoi ces permis ne rapportent pas au trésor public les millions qu'ils valent et vous pouvez aisément parier que les millions de dollars recueillis sur les marchés boursiers ou ailleurs au Canada ne sont pas réinvestis au Québec.

Ce grand marché lucratif des ventes de permis de marijuana médicale a aussi lieu sans aucune considération envers nos cultivateurs locaux qui depuis des années font face aux nombreux assauts contre leur mode de vie. Un mode de vie intimement lié à la survie de nos régions.

Cette plus récente pratique du gouvernement fédéral, qui maintient une rareté artificielle pour créer des fortunes instantanées, s'ajoute aux assauts sur le mode de vie de nos régions. En effet, les achats de nos terres agricoles par des spéculateurs boursiers, les coupures dans le programme d'assurance stabilisation et les effets qu'auront les traités de libre-échange sur nos producteurs locaux menacent tous notre industrie agricole. Les cultivateurs sont ainsi tenus à l'écart d'un dossier lucratif et ce, après avoir pendant des années directement souffert des activités de la culture de la marijuana par le crime organisé sur leurs terres.

Alors que le système mis en place par le gouvernement fédéral pour les permis de vente de marijuana médicale est inefficace, incompréhensible en plus d'être injustifiable en ces temps de grattage de fonds de tiroirs, un système axé sur nos producteurs québécois serait plus juste et plus performant au niveau fiscal. Il permettrait aussi du réinvestissement dans nos régions et serait généralement plus efficace, tout en étant plus transparent.

La culture de la marijuana médicale pour l'instant, et la marijuana légale dans le proche avenir, doit absolument revenir aux cultivateurs québécois.

Les gouvernements d'Ottawa et de Québec ainsi que l'Union des Producteurs Agricoles (UPA) sont soit indifférents envers nos cultivateurs, soit sont absents du dossier. L'UPA, pour sa part, justifie son inertie en raison de l'absence de « producteurs de marijuana» au Québec et déclare attendre un éventuel projet de loi.

Des compagnies canadiennes et multinationales ont déjà engagé les firmes de lobbying pour s'accaparer l'attention de nos élus et décider de la substance de cet éventuel projet de loi. Il serait temps d'agir...

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