Tout d'abord, merci pour vos nombreux commentaires au sujet de mon dernier billet intitulé Pourquoi je porte le carré vert. Plusieurs d'entre vous m'ont reproché un soi-disant manque de substance quant aux motifs pour lesquels je suis en faveur de la hausse des frais de scolarité.
Pour information, le but de mon billet n'était pas de convaincre personne d'appuyer la hausse. Mon texte s'adressait aux convertis qui croient, tout comme moi, que cette hausse est justifiée afin qu'ils manifestent plus bruyamment leur opinion. Relisez-le, vous verrez. Mais puisque vous insistez tant à connaître le fond de ma pensée, alors le voici :
1- Tout d'abord, je suis en faveur de cette hausse parce que je la trouve raisonnable. Pourquoi? Parce que cette hausse n'est que de 1625$ sur cinq ans, soit de 325$ par année. Cela veut dire que malgré la hausse, les frais de scolarité au Québec demeureront inférieurs à la moyenne canadienne actuelle. En 2016-2107, les droits de scolarité au Québec atteindront 3800$ contre 5400$ pour la moyenne canadienne actuelle, qui elle aussi risque d'augmenter au cours des prochaines années.
2- Dans un même ordre d'idées, il est vrai que la hausse peut paraître élevée en pourcentage puisque les frais feront un bond de l'ordre de 75%. Cependant, il s'agit en réalité d'un rattrapage des années où les droits ont été maintenus artificiellement.
3- Ensuite, la hausse est raisonnable puisque la contribution des étudiants au budget de fonctionnement des universités demeurera à des niveaux plus que respectables. À l'heure actuelle, la contribution des étudiants est de 13% et elle atteindra seulement 17% en 2016-2017. Malgré l'annonce d'une hausse des frais de scolarité, le financement de nos universités restera largement subventionné par l'État et les frais assumés par les étudiants demeureront bien inférieurs au coût réel de leur formation.
4- Maintenir le gel est une mesure irresponsable et peu solidaire. En effet, tandis que les droits de scolarité se maintiennent au même niveau, les dépenses des universités, elles, augmentent d'année en année. Résultat : le gouvernement doit augmenter son financement. Au bout du compte, ce sont les contribuables qui finissent par payer la note.
5- Et puisque les dépenses des universités augmentent d'année en année, cela explique pourquoi ceux qui étudient après nous doivent payer plus que nous, tout comme nous avons déboursé plus de sous que ceux qui ont étudié avant nous.
6. De plus, le gel en vigueur au cours des neuf années précédentes ne pouvait plus perdurer. N'oubliez pas que nous sortons d'une crise économique, nos exportations reculent ou au mieux stagnent depuis deux ans. Sans compter qu'Ottawa a réduit ses paiements de transfert pour l'éducation postsecondaire dans le cadre de sa lutte contre le déficit. Bref, nos finances publiques sont mal en point. Le gel était un luxe, on n'en a plus les moyens.
7- C'est sans compter que le gouvernement a bonifié son programme de prêts pour minimiser le plus possible les problèmes d'accessibilité aux études qui pourraient survenir. N'oublions pas que l'éducation universitaire est avant tout une décision personnelle et la première personne qui en bénéficiera c'est l'étudiant lui-même, pas juste la société.
8- Est-ce que les universités sont mal gérées? Oui. Est-ce que le gouvernement devrait hausser les impôts des entreprises? C'est une piste intéressante. Est-ce que l'argent pourrait provenir d'ailleurs? Sans doute. Mais est-ce qu'il faut maintenir le gel pour autant? Non, pourvu que cette hausse soit raisonnable. Et elle l'est.
9- Le vrai problème est le suivant : nous assistons à un choc des valeurs en ce moment. D'un côté, il y a ceux qui croient que le gouvernement devraient continuer d'intervenir dans notre économie et dans notre société. D'un autre, il y a ceux, comme moi, qui croient, en une responsabilisation de l'individu. On peut bien se lancer dans une guerre de chiffres; les chiffres, ça se discute. Les valeurs, comme le goût et les couleurs, ça ne se discute pas.
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vous dites et je cite : «, il y a ceux, comme moi, qui croient, en une responsabilisation de l'individu». Le discours que vous tenez ici correspond à celui du modèle américain de l'autonomisation de l'individu entrepreneur et architecte de sa vie, qui se répand comme une tache d'huile partout sur la planète. Donc, à lire et à relire : «La société du malaise» d'Alain Ehrenberg.
Pierre Fraser
étudiant au doctorat en sociologie
Université Laval
Nos exportations sont à la baisse à cause d'un dollar dont la valeur, gonflée par les sables bitumineux, fait que nos produits se vendent trop cher.
Et bien sûr, selon vous, il faut faire payer les étudiants.
Vous pouvez porter fièrement votre carré vert. Mais n'oubliez pas qu'il ne pourra jamais cacher le grand carré jaune que vous avez aux fesses.
Vous jugez raisonnable de financer les pétrolières à raison de 3 milliards par année, de se payer des F35 à 30 milliards, de payer pour l'exploitation du nord par des compagnies privées, d'admettre des dépassements de coût dans les travaux publics et je pourrais poursuivre avec des exemples concrets de subventions aux entreprises de consultants informatiques au sein des gouvernements, d'entretenir Élisabeth et sa cour, etc.
Sortez votre Excel d'économiste et faites le total. C'est votre marge de manoeuvre.
D'autre part, est-ce que ça ne serait pas raisonnable de payer dès demain les médecins (dont certains demandent à être plus imposés) pour les soins de santé, à un taux indexé et avec un bon rattrapage ?
Enfin, est-ce bien raisonnable de vouloir aveuglément copier les américains, qui ne vivent pas dans le plusse meilleur pays du monde ? D'ailleurs, comment ça se passe dans ce plusse meilleur pays du monde ?
"N'oubliez pas que nous sortons d'une crise économique, nos exportations reculent ou au mieux stagnent depuis deux ans. Sans compter qu'Ottawa a réduit ses paiements de transfert pour l'éducation postsecondaire dans le cadre de sa lutte contre le déficit. Bref, nos finances publiques sont mal en point."
Je ne prends même pas le temps de discuter de l'argument de LA crise (comme si elle n'était pas liée au système économique dans son ensemble).
D'ailleurs, pour un avocat, vous devriez savoir que l'éducation est de compétence provinciale dans notre fédération, et que les transferts étaient une ingérence fédérale, mais peu importe, l'essence de cette critique repose sur l'état de "nos finances publiques mal en point".
La meilleure façon de règler cette situation est d'investir dans la jeunesse, parce qu'un diplômé rapporte du savoir, du développement et... des impôts. Le Québec peut se donner les moyens de ses ambitions de plein de façons. Le principe utilisateur-payeur n'est qu'une des possibilités. Vivre en société, c'est penser à l'intérêt de toute la communauté, quitte à payer pour des services qu'on utilise pas ou peu. Je constate que vous souffrez d'une terrible maladie: l'individualisme ambiant. Ah!!! Je comprends!!! Vous avez terminé vos études!!!
Question de valeurs, effectivement.
Tous ces éléments font en sorte que la population d’un pays est protégée des désastres, faillites, naufrages, écrasements, pandémies, organisations criminelles, malfaiteurs, prédateurs.
Tout cela fait en sorte que le Gouvernement se doit d’intervenir dans la société au moment où il est nécessaire, et doit donc avoir le cadre nécessaire pour effectuer les interventions essentielles à la bonne marche de la société… Et ceci n’est pas du socialisme, c’est du simple bon sens.
Si vous décrivez la liberté des forces du marché comme fondamental dans votre projection du monde idéal, il faudra parler alors de la liberté du loup dans la bergerie.
Si en plus de ça vous ne voulez même pas en discuter, ben là alors, il y a un câlisse de problème majeur!
La responsabilisation de l’individu est une valeur bonne en soi mais il n’y a pas que celle-là pour faire d’une personne un citoyen à part entière.
L’automisation des individus est nécessaire afin qu’ils acquièrent une maîtrise qui leur permet de renforcer leur autonomie d’action.
Cependant, l’individu en question n’est pas seul dans la société: il a un conjoint ou une conjointe, de la parenté, des voisins, tout plein d’individu qui, tout en étant responsables d’eux-mêmes, sont responsables aussi de la bonne harmonie entre les autres individus.
Cela s’appelle la pour les enfants la socialisation (Stade où l’enfant établit des liens avec son entourage et apprend à vivre en société.)
Pour les adultes, cela pourrait s’appeler faire bon commerce avec les autres, nos semblables, nos frères les humains.
S’il y a par exemple une catastrophe naturelle, rien n’est plus normal que d’aider son voisin en danger.
- Le même principe s’applique à un père de famille qui veut sauver ses enfants d’un danger imminent.
- Le même principe s’applique aux pompiers et aux policiers. - Le même principe s’applique aux services de la sécurité civile.
- Le même principe s’applique aux inspecteurs des aliments et viandes.- Le même principe s’applique au médecin-hygiéniste en chef de la santé publique.
- Le même principe s’applique pour la Justice d’un pays, pour l’Éducation,la Famille, les Transports, le Travail, la Construction, l’Énergie, et même la Culture.
- la possibilité de tranverser un pont sans qu'il soit bloqué.
- le droit d'avoir un commerce sans que ses vitres soient peinturées de rouge tous les 2-3 jours.
- la condamnation de la violence gratuite.
Je pense que, à défaut que le gouvernement fasse respecter ces règles communes qui sont bafouées depuis 12 semaines, la province se dirige vers un clivage Montréal-régions.
Le gel des frais de scolarité est, depuis 1990, un mythe.
La gestion irresponsables de nos ressources et la corruption omniprésente au sein des plus hautes sphères économiques et politiques semblent, quand à elles, que trop réelles...
La plupart de ceux qui pètent des vitres et lancent des cailloux sont des casseurs professionnels qui jouissent de ce climat je ne crois pas qu'il y ait beaucoup d'étudiants la dedans. Mais il peut y en avoir. Le résultat de la casse est beaucoup plus un resserrement des positions et un antagonisme croissant. Alors non, I don't think so!
Mes deux fils non fumeurs ont étudié sans ces bidules, simplement en travaillant l'été et pendant leurs études pour payer leur logement et les frais afférents à leurs études (que je payais). Un ordinateur puissant était nécessaire pour les études de l'un d'eux. Vous véhiculez des préjugés si vous ne donnez pas de chiffres.
On peut être contre les dépenses excessives dans les universités ET pour la hausse des droits de scolarité.
Les dépenses excessives devraient être réinvesties dans les outils pour améliorer la qualité de l'enseignement ou d'offrir des fonds pour faire avancer les idées.
Voyez-vous, tout est relatif...