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Enseigner, c'est trop dur!

06/10/2014 12:09 EDT | Actualisé 05/12/2014 05:12 EST

Le problème avec l'enseignement, ce sont les étudiants! Encore en 2014, on est obligé de se retrouver avec des élèves dans nos salles de cours qui chuchotent, ricanent ou osent même montrer des signes d'impatience pendant que nous, enseignants, tentons d'expliquer notre matière. C'est insupportable!

Par chance, maintenant on peut faire appel à la technique pour amoindrir ces inconvénients qui minent notre profession. Moi, faute de moyens à mon école, j'en suis encore à travailler avec mon vieux PowerPoint. Mais les nouvelles sont bonnes. Le Dr Yves Bolduc, le nouveau ministre de l'Éducation, croit fermement aux mérites du tableau blanc interactif, cette merveille de la technologie qui déjà est en train de révolutionner le monde de l'enseignement. Comme le disait je ne sais plus qui dans les journaux cette semaine « Il faut penser la pédagogie en fonction de la technologie. » Voilà les paroles d'un sage. Il faut être de son temps et même prendre les devants, car le temps court vite!

En fait, l'idéal serait que chaque étudiant ait sa propre tablette numérique en classe. D'ailleurs, c'est déjà obligatoire dans certaines écoles avant-gardistes. On ne donne même pas le choix aux parents. Ils doivent acheter un iPad à leurs enfants. Une telle initiative faciliterait grandement la vie de mes étudiants et surtout la mienne! Chacun rivé à son écran, la matière circulerait beaucoup mieux. De toute façon, j'ai toujours ressenti un certain malaise devant mes étudiants. Les regarder droit dans les yeux pendant que je tente d'expliquer ma matière me déconcentre, me fait perdre le fil de mes idées. J'ai toujours peur de me faire interrompre par l'un d'eux à qui viendrait l'idée de me poser une question stupide ou sans intérêt. Avec les nouvelles technologies, le problème ne se pose plus. Chacun dans sa cour, je veux dire à son écran. De cette façon, on ne perd pas son temps dans des discussions inutiles.

Hélène David, la toute nouvelle ministre de la Culture, semble avoir très bien compris que l'avenir du Québec passait par la technologie de pointe. Pendant qu'elle évalue la possibilité de fermer les conservatoires de musique - ces établissements d'enseignement complètement dépassés où, la plupart du temps, un professeur enseigne la musique à un seul étudiant à la fois - elle a annoncé, en compagnie de notre premier ministre Philippe Couillard, des investissements de 110 millions $ afin de faire passer la culture au numérique. Comme elle l'expliquait, les entreprises culturelles pourront faire l'achat de numériseurs, de scanneurs 3D, de caméras et de serveurs afin de rendre disponibles leurs contenus culturels à distance. Vous imaginez, plus besoin de se déplacer pour assister à un spectacle ou pour voir une exposition. Le tout sera disponible à partir de nos écrans dans le confort de notre foyer. Parfois, je me demande où va s'arrêter le progrès! J'ai déjà hâte qu'on fasse passer définitivement l'éducation à l'ère du numérique. Donner mes cours de la maison, ce serait tellement génial!

Les étudiants sont déjà très intéressés par ces nouvelles technologies. Ils en mangent! Que voulez-vous, ils ont besoin d'être stimulés sans arrêt, ils ont soif de nouveauté. C'est le prix à payer en classe pour garder leur attention... Et de l'attention, ils en ont. Ils peuvent faire plusieurs choses à la fois : regarder leur compte Facebook sur leur portable ou leur téléphone intelligent, chatter, faire une recherche sur Wikipédia ou répondre à leurs courriels, tout ça pendant que je donne mon cours à l'aide de mon vieux PowerPoint. On appelle cela le multitâche. De ce côté-là, ils m'impressionnent beaucoup, mes étudiants. Et tout ceci est très divertissant pour eux. D'ailleurs, les dernières recherches en pédagogie le prouvent : les jeunes d'aujourd'hui apprennent beaucoup mieux en s'amusant. C'est la nature humaine qui est faite comme ça!

Oui, enseigner, c'est très dur. Mais heureusement, avec l'arrivée au pouvoir du tout nouveau gouvernement libéral qui semble savoir où sont les vraies priorités, je peux au moins me dire qu'il y a de l'espoir.

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