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Le Canada doit sérieusement prendre en considération le plan de croissance du G20

18/11/2014 11:49 EST | Actualisé 18/01/2015 05:12 EST

La fin de semaine dernière lors de son sommet de Brisbane, en Australie, le G20 a présenté un plan audacieux pour stimuler l'économie mondiale chancelante. Or le Canada s'est contenté de rester assis et de sourire poliment. Déplorable!

Dans le communiqué émis par les dirigeants des 20 plus grandes économies riches et en développement, la priorité revenait à l'élaboration d'un plan pour porter la croissance du PIB mondial, d'ici à 2018, à deux mille milliards de dollars de plus que prévu. Cet objectif est tout à fait pertinent dans le cadre des avertissements du FMI, selon qui l'économie mondiale entre dans une période de croissance « médiocre » ou « stagnante » après ne s'être jamais réellement remise de la récession.

Or, et c'est ce qui est déplorable pour le Canada, à la troisième page de sa soumission, notre pays indique que le taux de sa propre croissance économique - déjà chancelante - ralentira tous les ans au cours des quatre prochaines années. Le gouvernement conservateur a beau se vanter de sa gestion de l'économie, selon ce qui est prévu, la croissance canadienne connaîtra un déclin à moyen terme. Il y a quelque chose qui ne fonctionne tout simplement pas.

La stratégie du Canada diverge de plus en plus de celle de ses pairs. La solution clé du G20 pour augmenter la croissance consiste en de plus importants investissements privés et publics dans les infrastructures.

Selon le FMI, les faibles coûts d'emprunt et le ralentissement économique créent des conditions propices à un rendement élevé d'investissements accrus dans l'infrastructure : « Les projets financés par l'emprunt pourraient avoir un effet considérable sur la production sans pour autant augmenter le ratio dette/PIB si des besoins clairement identifiés sont satisfaits par des investissements efficients. En d'autres termes, l'investissement public dans l'infrastructure pourrait s'autofinancer s'il est correctement effectué. »

Pourtant le gouvernement conservateur a réduit cette année son programme signature, le Fonds Chantiers Canada, de près de 90 %, et alors que le gouvernement se vante de sa taille éventuelle, plus de 70 % de ce fonds ne sera investi que dans cinq ans, après 2019. Un processus de demande compliqué qui ne fonctionnait pas a ralenti encore plus la mise en oeuvre de ce programme.

En ce qui concerne un autre engagement clé pris par le Canada auprès de ses partenaires du G20 - la recherche et l'innovation -, le gouvernement Harper n'a pas fait mieux. Un rapport récent de l'OCDE montre que le Canada a investi moins dans la recherche et le développement en 2012 qu'en 2004. Alors que nous nous maintenions constamment parmi les dix premiers pays en matière de recherche et de développement, nous avons maintenant glissé au 12e rang. La part de notre production économique consacrée à la recherche et au développement se situe bien en dessous de la moyenne de l'OCDE.

Au lieu d'investir dans des domaines favorisant la croissance économique, comme les infrastructures et la recherche et le développement, les conservateurs ont affecté notre faible capacité fiscale à des stratagèmes comme celui du fractionnement du revenu. Ce programme siphonnera 2,4 milliards de dollars empruntés cette année, puis 2 milliards de dollars par an, et ne laissera pas la marge requise pour mettre en oeuvre un programme de croissance

La politique sur laquelle il se base est profondément inéquitable : le fractionnement du revenu laisse pour compte 85 % des Canadiens. Et pour le 15 % des ménages qui en profiteront, les plus grands gains iront aux plus riches. C'est une mesure qui coûte cher, qui est inéquitable et qui est défavorable à la croissance, alors même que cette croissance est ce dont les Canadiens et l'économie mondiale ont besoin.

Mais les Canadiennes et les Canadiens n'ont pourtant pas à céder à la médiocrité. Justin Trudeau et le Parti libéral sont déterminés à annuler le programme de fractionnement du revenu sans envergure des conservateurs et à appuyer les efforts du G20 visant à stimuler la croissance.

Un gouvernement libéral effectuerait dès maintenant des investissements efficaces et prudents dans les moteurs de croissance, comme des projets transformateurs de l'infrastructure publique, les études supérieures et les compétences, la science et l'innovation. Ces investissements renforceraient les perspectives économiques de tous les Canadiens et contribueraient concrètement au programme de croissance du G20.

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