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Le Canada a besoin d'un «vrai» plan pour ses infrastructures

20/05/2014 11:14 EDT | Actualisé 20/07/2014 05:12 EDT

Le plan du gouvernement Harper pour l'infrastructure publique au Canada n'est pas assez grand et ambitieux pour répondre aux besoins réels de la nation.

Les conservateurs essaient de nous donner l'impression de faire quelque chose de « grandiose » en regroupant ensemble plusieurs programmes, puis en additionnant tout ce qu'ils investiront hypothétiquement sur plus d'une décennie à venir. Cependant, tout cet enrobage ne peut cacher la dure réalité: ils n'ont pas fait grand-chose et ils ont été trop lents.

Une partie des infrastructures publiques du Canada remonte aux années 1960. Dans l'ensemble, elle est usée. Elle est insuffisante pour une population qui a doublé et une économie 50 fois plus importante. Sur le plan technologique, elle est désuète, et des problèmes graves au chapitre des variations climatiques, des conditions météorologiques plus difficiles et de l'apparition de nouveaux marchés d'exportation cruciaux en Asie entraînent des besoins en nouvelles infrastructures.

La Fédération canadienne des municipalités a repéré plus de 200 milliards de dollars de besoins en infrastructures communautaires importantes qui se font de plus en plus urgents. Même si le gouvernement Harper respectait dans dix ans les vagues promesses relatives aux infrastructures qu'il a faites et qui sont de la pure fantaisie, celles-ci ne rejoindraient qu'une fraction de ce qui doit être fait.

Deux éléments principaux du plan du gouvernement Harper illustrent ces difficultés.

Dans un volet de financement, le gouvernement dit avoir mis de côté 1,25 milliard de dollars d'ici 2019 pour permettre au secteur privé de concevoir, de financer, de construire et de gérer à longue échéance les initiatives les plus coûteuses, à savoir des partenariats publics-privés, connus sous le nom de « projets P3 ». Cependant, voici le hic : le montant total réservé pour les projets P3 pour l'ensemble du pays au cours des cinq prochaines années équivaut à l'argent qui est nécessaire pour construire une seule route de contournement autour de Regina, où j'habite.

Ainsi, le financement fédéral disponible pour tout projet ne couvrira qu'une très faible partie des coûts locaux. Le budget national pour les projets P3, qui expirera entièrement en 2019, est nettement insuffisant.

Dans un autre volet de financement, le gouvernement fédéral prétend prolonger le « Fonds Chantiers Canada » (FCC) pour une décennie entière, mais il refuse d'admettre que, pour tout financement substantiel, on devra attendre après 2019. Pour les cinq prochaines années, le FCC a été gravement amputé.

Jusqu'à l'année dernière, ce programme aidait les municipalités (qui sont responsables d'environ 65 % des infrastructures du Canada) par des investissements fédéraux annuels de l'ordre de 1,6 milliard de dollars. Néanmoins, depuis cette année, la contribution fédérale annuelle n'est plus que de 210 millions de dollars, et ce, pour l'ensemble du pays, soit une diminution de 87 %.

Les choses ne s'arrêtent pas là : le gouvernement Harper a promis que l'ensemble de son programme d'infrastructure, si minime soit-il, serait négocié, en place et prêt à traiter les demandes des administrations locales dès le 1er avril, à temps pour la nouvelle saison de construction. Nous voilà maintenant six semaines plus tard, et rien n'a bougé.

En outre, le gouvernement fédéral refuse de confirmer quelle partie du FCC réduit ira aux municipalités. Celles-ci se trouveront en concurrence avec des projets provinciaux plus importants ainsi qu'avec d'autres entités gouvernementales, notamment les universités et les écoles techniques. Ainsi, le budget annuel plus petit du FCC devra servir à répondre à une vaste gamme de besoins différents, ce qui montre une fois de plus qu'il est fondamentalement inadéquat.

Justin Trudeau réclame un plan pour l'infrastructure du Canada qui soit vraiment transformateur, ayant pour objectif des fonds de l'ordre d'un pour cent du PIB, investis chaque année par le gouvernement du Canada ou avec son aide.

Un tel plan aiderait le Canada à rattraper son déficit déprimant en matière d'infrastructures ainsi qu'à stimuler la création d'emplois et la croissance économique de la façon la plus efficace qui soit. Il améliorerait le fédéralisme coopératif et transformerait la valeur actuelle des faibles taux d'intérêt en immobilisations à long terme qui sous-tendraient une plus grande prospérité et une plus grande productivité des Canadiens.

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