Quand l'édition 2013 du Mois de l'histoire des Noirs (MHN) a commencé, une série de tweets a invité les Canadiens d'un océan à l'autre à gazouiller au sujet de leur personnage historique canadien de couleur noir favori. L'initiative avait pour but d'inciter les abonnés Twitter à revoir l'histoire des Noirs dans un contexte canadien. La thématique annuelle du MHN a pris naissance aux États-Unis en 1926. Alors qu'une motion parlementaire a officialisé le MHN au Canada en 1995, nombreux sont ceux qui ne savent à peu près rien sur la présence des Noirs, qui remonte à 1604.
Après la création des mots-clic (#MHNqc et #cdnBHM) pour distinguer le tsunami de tweets états-uniens du contenu canadien, la cyberquestion a été posée: «Quel est votre personnage historique canadien Noir préféré?»
Le billet de Rachel Décoste se poursuit après la galerie
Quoique le quiz ait piqué une centaine de députés provinciaux et fédéraux, de maires, de conseillers municipaux, d'animateurs de télé et de radio à travers le Canada, la constatation est flagrante: les Québécois répondent moins souvent à l'appel que les gens du RoC. Quand on compare le taux de participation entre le Québec et le reste du Canada, on constate que la question posée, simple au demeurant, a dû bloquer plusieurs Québécois. Comment expliquer le silence collectif? Voici quelques hypothèses.
Les Québécois n'apprennent pas l'histoire des Noirs à l'école
L'histoire des Noirs fait-elle partie du curriculum scolaire au Québec? Si on se fie aux répondants sur Twitter, plus les interlocuteurs sont jeunes, mieux ils sont informés. De plus, les Québécois de race noire ont, sans doute, pris le temps d'étudier leurs origines en suivant le trajet des Noirs qui les ont précédés au Canada et au Québec.
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Le Québec ne fait pas cavalier seul: cette omission historique existe en Ontario aussi. Dans le RoC, on a souvent passé par dessus l'histoire des Noirs. Dans le cas de la Colombie-Britannique, plusieurs ont a tout simplement biffé le fait qu'un immigrant Noir, né en Amérique du Sud, ait fondé la province côtière en 1858.
Pendant que les historiens de la Belle Province font la morale sur le «nègre blanc d'Amérique», ils ont passé le « nègre Noir du Québec » sous le silence. Se peut-il que cet épisode constitue une source de honte pour un peuple qui se dit aujourd'hui « ouvert sur le monde »? Il suffit de faire le pivot culturel afin de voir ce sombre chapitre comme une occasion de saluer les personnes courageuses qui ont lutté contre l'injustice et la discrimination. C'est une tactique positive que maitrisent parfaitement les Américains, qui ont érigé des statues, monté des expositions, renommé des boulevards pour que personne n'oublie leurs héros issus de groupes minoritaires. Pourquoi ne pas emboiter le pas au Canada?
Le seul personnage historique que l'on connaît est un criminel
Certains ne connaissent qu'un seul personnage historique canadien Noir, mais l'image qu'on a tracée de Marie-Josèphe-Angélique n'inspire pas l'admiration. L'esclave a été condamnée à mort pour un grave incendie dans le village qu'était Montréal, en 1734. Si des milliers d'esclaves (africains et amérindiens) vivotaient au Bas-Canada, un seul a décroché une place dans l'histoire de la métropole. Faudrait-il y voir un message colonial qui nourrit et noircit l'égard populaire envers les Afro-Canadiens? Ce méprisant criminel aux qualités de menteur et faisant recours à une violence meurtrière correspond-il aux idées préconçues qu'avaient épousées les Canadiens français de l'époque?
250 ans plus tard, à la lumière du 21e siècle et sans les lunettes aryennes euro-impérialistes, on fait autrement la lecture du procès de Mme Angélique. C'est évident qu'elle a servi de bouc émissaire - une négresse trop facile à lapider. La ville de Montréal lui a dédiée un parc en 2012.
Le seul personnage historique que l'on connaît est un Américain
Maintes personnes ont répondu que leur personnage historique canadien noir favori était l'icône du baseball, l'Afro-Américain Jackie Robinson, qui n'a passé qu'un an à Montréal avant de retourner au bercail. Les États-Uniens ont écrit leur histoire des Noirs à leur image - un récit où Montréal n'est qu'une apostrophe dans le cheminement de leur figure emblématique. Jackie Robinson demeure un symbole du progrès des Noirs dans la déségrégation de leur sport national à eux. Sa présence à Montréal n'a guère avancé la discrimination raciale dans notre sport national à nous.
Il ne faudrait pas que les Montréalais épousent l'américanisation (ou la louisianisation, comme dirait Gilles Proulx) de notre histoire. Les noms d'Herb Carnegie ou de Willie O'Ree devraient arriver en premier plan puisqu'ils ont franchi les barrières raciales du hockey.
De 1944-45 à 1947-48, Carnegie a lacé ses patins pour les équipes de Shawinigan et de Sherbrooke dans la Ligue de hockey senior du Québec. Il a mérité le titre de joueur par excellence en 1946, 1947 et 1949. Le talent des frères Carnegie a fait vibrer nulle autre que le jeune Jean Béliveau qui ne ratait jamais un match quand les Aces Noirs étaient en ville. Béliveau chantait les éloges à ce grand homme qu'était Herb Carnegie. Qu'attendent donc le reste des fanatiques de hockey?
Le Québec d'antan n'a pas été tendre à l'égard des Noirs
Même si les Noirs apparaissent tout au long du développement de la Nouvelle-France, les archives et les recensements en font faible mention. Les musiciens, les ménagers, les laboureurs agricoles comptaient parmi eux plusieurs Noirs. Jusqu'au 20e siècle, les emplois de porteurs ferroviaires étaient réservés presque exclusivement aux Noirs qui, d'ailleurs, étaient généralement ségrégés dans le quartier défavorisé de la Petite Bourgogne.
Plusieurs endroits à Montréal étaient tout simplement interdits aux personnes de couleur, comme c'était le cas dans le Sud des États-Unis avec les lois ségrégationnistes «Jim Crow». Une émission de Radio-Canada, enregistrée en 1968, fait le triste bilan de la discrimination au Québec. Quand un peuple est systématiquement écrasé, on constate peu d'individus qui osent se démarquer ou se soulever - surtout quand le précédent de Marie-Angélique sert de prototype décourageant.
L'histoire des Noirs est en train de s'écrire à l'instant
Quoique Vancouver, Toronto et la Nouvelle-Écosse aient acclamé leurs premiers médecins, avocats, policiers, conseillers municipaux et gouverneurs Noirs dans les années 1800, le Québec a tardé à accueillir la diversité raciale dans les postes clés de la société. À noter que ce regrettable retard se confirme aussi dans le dossier du droit des femmes (le QC ayant accordé le suffrage aux femmes en 1969, 40 ans après le RoC.)
Donc, le tweet originel était peut-être une question piège: les personnages canadiens Noirs dits «historiques» sont souvent très contemporains au Québec. Le premier policier Noir de Montréal date de 1974. Le premier Noir à passer le barreau du Québec (1956) est toujours vivant. Le premier homme de race Noire à été élu a l'Assemblée nationale en 1976. La première femme, Yolande James, en 2003. La première personne Noire à siéger au conseil municipal de Montréal a été désignée en 1994.
Quelle que soit la raison du lapsus et du silence collectif des personnalités québécoises sur la question posée via Twitter, l'heure de faire le bilan du passé, du présent et du futur de la place des Noirs dans la société québécoise s'impose. Le malaise mérite d'être dénoué afin de créer un espace de dialogue honnête et productif, ce en quoi les Québécois sont des chefs de file au Canada.
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Suivre Rachel Décoste sur Twitter: www.twitter.com/RachelDecoste
La statue de Jackie Robinson est en avant du Stade olympique
Oui il y a eu deux autres joueur noir, mais jamais acclamé comme un des leurs comme les Québécois l'ont si chalheureusement accueillis et accepté et qui a fait avancé la cause des noirs comme nul par au Monde et aujourd'hui vous accusé les Québécois de tout les mots parce que vous avez étudiez a Ottawa et vos idée ce sont forgé sur le modèle des préjugé anglophone of ROC.
Continué comme ca vous allez vous trouvez un job comme député au fédéral comme Michael Jean,tout le monde a sont prix même une ex-séparatiste comme M Jean.
Une hypothèse.
Est-ce que ca se peut que les enfants noirs qui ne se voient représentés que dans les images négatives à la télé et à qui on ne donne aucune instruction par rapport aux autres minorités visibles qui ont tracé le chemin du succès au Canada 50, 100, ou 200 ans avant eux a un effet sur leur essor? Je peux m'imaginer comment l'histoire de James Douglas (père fondateur d'une province canadienne et immigrant noir) ou d'autres étoiles canadiennes qui ont surmonté les obstacles associés avec les minorités et les préjugés qui n'ont jamais cessé -- comment l'enseignement de ce riche patrimoine pourrait leur ouvrir les horizons et leur donner espoir. Et aussi des modèles canadiens.
Ce n'est pas une question de jouer à la victimisation. Pantoutte.
Trop classique.
Les médias québécois ignorent la présence des autres communautés comme elle ignore la présence des provinces voisines ou de l'Amérique.
Le Québecois unilingue francophone n'entend parler que de lui dans le peu de médias qu'il peut comprendre. Certains partis politique font tout en leur pouvoir pour les maintenir prisonnier de leur langue en multipliant les lois pour les empêcher d'apprendre l'anglais, la langue universelle, le seul moyen de communication entre les différents peuples de la planète.
Madame Décoste, vos commentaires sont justes et pertinents et le Québec demeure fermer sur le monde, on parle même de s'isoler encore plus en mettant des frontières autour du Québec.
Texte tendencieux plein de préjugés à l'égard des Québecois. C'est comme si notre peuple serait plus xénophobe que les autres peuples du monde. Des ignorants il y a en dans tout les groupes humains du monde.
De 1908 à 1911, quelque 1 300 Américains noirs, la plupart de l’Oklahoma, sont venus au Nord pour s’établir dans des communautés dispersées en Saskatchewan et en Alberta. Ils fuyaient non seulement l’esclavage, mais également les politiques raciales violentes qui ont été adoptées par la suite. La plupart de ces immigrants voulaient s’établir dans des zones isolées, où ils espéraient créer leurs propres communautés, loin des Blancs. Le groupe le plus nombreux s’est établi à Amber Valley, à 160 kilomètres au nord d’Edmonton.
L’arrivée de tant de colons Noirs en même temps a provoqué un excédent. « Garder les Noirs de l’autre côté de la frontière », déclarait-on dans un titre typique. On a inondé le gouvernement de pétitions, et le gouvernement a répondu. En fait, le décret n’a jamais été mis à exécution. Au lieu, des médecins examinateurs ont rencontré les Noirs à la frontière et les ont déclarés inaptes. Le Canadian Pacific Railway refusait de leur vendre des billets. Des conférenciers étaient envoyés aux États-Unis pour parler des difficultés au Canada. En 1912, les Noirs avaient simplement arrêté de venir."
http://www.museevirtuel-virtualmuseum.ca/edu/ViewLoitLo.do?method=preview&lang=FR&id=3164
Je vous conseille ce lien. Vous aurez quelques surprises, les françaises n'ont obtenu le droit de vote qu'en 1944, les haïtiennes en 1950 et les suissesses en 1971.
L'économie du sud des USA était fondée sur l'esclavage et la société américaine a été ségrégationniste jusque tard dans les années 60. Les noirs n'ont obtenu le droit de vote qu'en 1964 aux USA et malgré la loi de Johnson, ils furent encore largement empêchés de voter en 1965.
Et vous osez venir nous parler des québécois ! Rien de plus intelligent à faire de votre temps !
http://www.civilisations.ca/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france/population/esclavage/
Encore du Québec bashing. S'installer en avant de son ordinateur et de pondre des textes bizarres.
Imaginez un instant qu'un québécois écrivait un article sur le mépris des noirs envers les québécois.
Le drame. Je vous rappelle madame que vous le vouliez ou non vous êtes une Québecoise aussi.
http://www.cic.gc.ca/francais/multiculturalisme/asiatique/index.asp
Ma copine est Africaine du nord avec des origine Noirs,juste par ces cheveux c'est l'évidence même qui ne trompe pas,sa coûte une fortune en coiffeur et la majorité sont incompétent avec des cheveux d'africaine selon elle.
Tout au long de votre brouillon, vous faites un grand effort pour séparer les québécois des autres. De la ségrétation peu subtile transpire de votre brouillon. Tout l'argumentaire que vous pourriez avoir s'en trouve dissout très rapidement.
On sombre facilement dans les généralisations. Vous ne vous en privez pas. Vous n'avez aucune leçon à donner à qui que ce soit. C'est bien le contraire, vous avez beaucoup à apprendre et en premier, de rentrer votre doigt accusateur.
Parce que l'histoire est dangereuse. Si les Québécois savaient les misères et injustices que l'anglo-impérialisme lui ont imposées et lui impose toujours et si les Québécois savaient qu'ils sont les seuls vrais Canadiens depuis 400 ans et que les anglos n'en sont pas puisqu'ils détestent et détruisent ce qui est nous, alors les Québécois ne resteraient pas passivement soumis au pouvoir étranger.
L'histoire est **très** dangereuse.