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Il est temps d'arrêter de fricoter avec les libéraux

18/11/2014 09:51 EST | Actualisé 18/01/2015 05:12 EST

Quelques mois après sa formation, le gouvernement Couillard et ses coupures budgétaires suscitent déjà l'indignation des forces vives du Québec. Elles ont saisi que, derrière l'obsession de la nécessité du retour à l'équilibre budgétaire rabâchée à longueur de projets de lois néo-libéraux, ce qui est réellement en jeu c'est la survie du modèle québécois dans ce qu'il a de progressiste et dans ce qu'il implique comme devoirs et missions de l'État pour garantir la justice et la solidarité sociales et assurer l'intégration harmonieuse des minorités dans la société et ne laisser personne sur le carreau.

C'est la raison pour laquelle, des milliers de personnes investissent aujourd'hui la rue afin de dire non à la destruction de ce modèle et affirmer qu'il doit au contraire être consolidé et renforcé pour aller vers une société plus égalitaire. Beaucoup rêvent déjà d'un nouveau printemps érable, encore plus prometteur et enchanteur que celui de 2012.

Alors qu'ils éprouvent déjà de nombreuses difficultés dans le processus de leur installation et de leur intégration dans la société québécoise, les immigrants, qui ont voté massivement pour le PLQ, le 7 avril dernier, font partie des classes moyennes et pauvres qui seront touchées de plein fouet par les mesures gouvernementales. N'est-ce pas là une raison pour arrêter de fricoter avec ce parti et de rejoindre les milliers de femmes et d'hommes, de jeunes et de moins jeunes pour s'opposer à l'arrêt des services d'accompagnement et de soutien aux nouveaux arrivants, mais aussi plus globalement pour résister aux politiques d'austérité, de privatisation du système de santé et de marchandisation de l'éducation?

Qu'on ne s'y trompe pas, les belles paroles de la ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion Katheleen Weill sur les qualités et les compétences de l'immigration maghrébine ne changeront rien au fait que c'est durant le long règne de son parti (2003-2012) que le taux de chômage des immigrants originaires d'Afrique du Nord a atteint le chiffre 27% et que c'est aussi durant son premier mandat à la tête du même ministère qu'elle avait proposé de réduire le nombre d'immigrants en provenance de cette région.

Il faut, en outre, se méfier des promesses du gouvernement libéral d'organiser des consultations publiques pour «déterminer les moyens permettant de mieux intégrer les immigrants à la société québécoise» quand, au sein même de la fonction publique, il est incapable d'assurer une représentation des groupes minoritaires à la hauteur de leur proportion au sein de la population québécoise. Enfin, même si elles permettront sans doute à quelques nouveaux arrivants de devenir des entrepreneurs, ce ne sont pas non plus les mesures de soutien à la création d'entreprises qui résorberont le chômage des milliers de nouveaux arrivants.

Les leaders des différents groupes et communautés issus de l'immigration ont le devoir de tisser des liens et de travailler main dans la main avec les autres forces vives de la société québécoise pour s'opposer à la destruction du modèle social québécois. Ces mêmes forces qui - ne l'oublions pas - étaient et sont encore aux côtés des citoyens de confession musulmane stigmatisés à l'occasion du débat sur la charte des valeurs ou encore plus récemment à la suite des attentats de Saint-Jean et d'Ottawa.

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