LES BLOGUES

Le message d'espoir de l'artiste canadien José Navas

18/07/2016 08:29 EDT | Actualisé 19/07/2016 09:56 EDT

Le Canada est peut-être le seul pays au monde, avec sans doute la Nouvelle-Zélande, où les bienfaits de l'immigration ne sont pas remis en cause actuellement. Même si on peut questionner la véritable motivation politique du gouvernement fédéral à promouvoir le multiculturalisme, le résultat est plutôt positif dans le domaine artistique.

José Navas illustre bien cette génération d'artistes néo-canadiens. Chorégraphe d'origine vénézuélienne, formé à New York, il a choisi Montréal comme lieu de résidence où il a fondé sa société de danse qui contribue ainsi au rayonnement culturel de la métropole québécoise. À ma question s'il n'était pas fatigué du conflit, de la division ou disons de la sensibilité linguistique montréalaise, il me répond que bien au contraire, comme en Belgique où il jouit d'une certaine popularité, les lieux de frictions linguistiques sont en même temps des endroits qui vibrent intellectuellement, il y existe une grande créativité culturelle orientée vers les arts contemporains. Contrairement à ce que le monde anglophone pourrait penser, Montréal est une ville ouverte : Navas peut penser en anglais, créer en espagnol et travailler en français. Lorsqu'il enseigne la danse, il le fait le plus souvent dans la langue de Shakespeare puisque c'est dans cette langue qu'il a appris à danser à Manhattan, sans que cela pose le moindre problème.

New York lui a révélé le goût de la danse. Par chance, il a bénéficié de l'enseignement du grand Merce Cullingham qui lui a transmis des techniques dont le concept d'abstraction l'a immédiatement séduit. Par sa discipline et son talent, José Navas est devenu une sorte d'ange de la danse. Son corps toujours souple et sensuel ne s'use guère, il s'exerce chaque jour, mais sa danse se développe désormais autour du yoga où il puise son énergie. On ne peut s'étonner alors que Navas ait dansé pour la paix qui est loin d'être un concept utopique, selon lui :

« La paix existe bien, c'est une chose qui va et qui vient, dont nous devons rester vigilants pour qu'en tant que collectif nous comprenions qu'il y a un équilibre que nous pourrions dénommer « paix ». Il se peut qu'il y ait de multiples formes pour d'autres personnes, mais selon moi, la paix est bien réelle et cela me donne espoir. »

La danse lui permet aussi de dominer ses émotions face à la descente aux enfers de son pays natal, le Venezuela, où il n'est pas retourné depuis des années. Mais Navas garde espoir, ce pays qui a touché le fond ne peut que remonter et la nouvelle chambre législative, où l'opposition au régime bolivarien est désormais majoritaire, laisse entrevoir des jours meilleurs. Étonnamment, Navas ne s'identifie plus à son pays, il est fier d'être montréalais et canadien, car il a pu épouser son compagnon, Robert Leckey, doyen de la faculté de droit de la prestigieuse Université McGill.

À partir de cet automne, Jose Navas commencera une nouvelle tournée en solo, Rites, incluant Le Sacre du Printemps, au Canada, en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas. Il travaille aussi cet été à la création de Winterreise (Voyage d'hiver) en collaboration avec les musiciens du quintette à vent Pentaèdre.

«Ritespar José Navas

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter