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Le Canada est mort, vive le Québec!

02/07/2013 12:01 EDT | Actualisé 01/09/2013 05:12 EDT

Le Canada célébrait son 146e anniversaire hier. Quoi de mieux pour fêter le Canada qu'un déménagement. Le 1er juillet a cette consonance pour les Québécois(es): signe de changement et de mouvance. Tels des nomades, notre esprit vagabonde sur l'emplacement des meubles de notre nouveau logis ou encore sur le premier chèque que l'on écrira pour ratifier notre nouveau bail.

La célébration, c'était la semaine dernière. Tout comme 8 millions d'individus en quête d'identité, d'unité et d'espoir d'un nouvel État indépendant, j'ai fêté. Le 24 juin, fête nationale du Québec décrétée par le premier gouvernement de René Lévesque en 1977. Aujourd'hui, comme dirait Dédé, le peuple fête encore «indécis et rêveur, le cœur plein de vertige et rongé par la peur».

Cet attachement profond envers la nation québécoise, son peuple l'a forgé par son identité, ses racines profondes et ses ancêtres qui ont marqué et marquent encore l'histoire. Qui plus est, cet attachement est accompagné d'un éloignement progressif de cette même nation envers le gouvernement canadien, comme quoi cette idée de mouvance, inconsciemment, se fait même dans nos esprits.

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Rien à signaler, seulement un gouvernement qui renie ses engagements environnementaux devant le concert des nations. Il faut vraiment faire l'autruche pour oublier cette décision unilatérale et aberrante des conservateurs, comme si notre nation était trop passive pour avoir un brin d'indignation collective. L'image du Canada est ternie. Il vaut mieux crier haut et fort que nous, Québécois(es), cogitons autrement. D'ailleurs, n'ayez pas la maladresse de dire que vous êtes canadiens lorsque vous serez en voyage cet été. On vous sermonnera sur vos sables bitumineux et votre action environnementale. Mais encore, on vous rappellera comment votre pays, le Canada, a été éjecté du Conseil de sécurité de l'ONU. Il faut croire que les Nations unies en ont eu assez de cette image canadienne qui entachait l'action de ce que l'on peut considérer comme le gouvernement mondial. Hier - et je le réitère -, il n'y avait rien à célébrer, au contraire, le Canada est mort.

Avec un appui considérablement bas au Parti conservateur du Canada (PCC), le Québec se voit désormais lié aux députés néo-démocrates qui vilipendent leurs intérêts à la solde d'un Canada agonisant. Le 2 mai 2011, les Québécois(es) ont fait le pari du NPD et de son chef, Jack. C'est en appuyant le financement du complexe hydroélectrique terre-neuvien du Bas-Churchill que le NPD s'est tiré royalement dans le pied. Cette motion entérine le financement du gouvernement canadien pour ce complexe, concurrençant de manière déloyale Hydro-Québec qui a toujours fait cavalier seul lorsque notre société d'État investit pour un complexe hydroélectrique. Les cinq députés du Bloc québécois ont voté contre la motion. Ironiquement, ce même parti qui défend nos intérêts et qu'on a relégué à sa non-reconnaissance à la Chambre des communes, étant donné l'élection de moins de 12 députés.

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25 raisons pour lesquelles on aime le Québec


Mon appel à la nation est lancé. Au fond, ça changerait quoi l'indépendance pour ce peuple francophone d'Amérique?

S'il choisit son indépendance, il choisit d'écrire une constitution et de la soumettre démocratiquement par référendum.

S'il choisit son indépendance, il abolit ce régime de monarchie constitutionnelle et adopte un régime parlementaire digne du XXIe siècle. S'il choisit son indépendance, il perçoit ses taxes, ses impôts, écrit ses propres lois, signe ses traités pour son propre développement économique, social et culturel.

S'il choisit son indépendance, il paie pour un État au lieu de deux, pour une seule bureaucratie et met fin aux chevauchements entre les deux paliers de gouvernement.

S'il choisit son indépendance, il met fin au financement du Bas-Churchill et finance les projets hydro-électriques de son pays.

S'il choisit son indépendance, il oublie les sables bitumineux de l'Alberta, l'industrie automobile en Ontario et se soucie de sa forêt, du développement durable et de l'écologie.

S'il choisit son indépendance, il oublie la rhétorique conservatrice qui tente de ramener à l'ordre du jour l'avortement et la peine de mort.

S'il choisit son indépendance, il choisit un vérificateur général francophone et des juges francophones qui respectent l'indépendance de la magistrature en séparant les pouvoirs judiciaires et exécutifs.

S'il choisit son indépendance, il obtient enfin la place qu'il mérite au concert des nations. S'il choisit son indépendance, il oublie la Reine, la guerre de 1812 et façonne son pays en fonction de ses valeurs, de ses idées et de ses traditions.

Par conséquent, s'il choisit son indépendance, ce peuple francophone d'Amérique fait la même chose: il célèbre le 24 juin et le 1er juillet, au lieu d'être locataire, il s'affranchit et devient propriétaire.

Mes amis, l'année 2013 est une année charnière pour l'éveil du peuple québécois. D'ailleurs, le 146e anniversaire du Canada est assombri par ce que l'historien Frédéric Bastien nous a appris dernièrement. Le rapatriement constitutionnel de 1982 de Pierre E. Trudeau est en fait un coup d'État illégitime, étant donné l'interaction entre le pouvoir judiciaire et exécutif, un fondement de nos États démocratiques. Une constitution qui, d'ailleurs, n'a jamais été ratifiée par aucun gouvernement québécois. Dans la même veine, ne vous laissez surtout pas méprendre par son fils Justin, qui est aussi «démocrate» que son père l'a été. En fait, Trudeau junior est ravagé par une maladie héréditaire, celle du fédéralisme anti-démocratique, valeur transmise de père en fils qui attaque principalement les neurones de la sensibilité culturelle et linguistique.

Somme toute, les situations que j'ai mentionnées précédemment sont inquiétantes et révélatrices pour notre nation. Il est difficile, devant les faits accomplis, d'affirmer que le renouvellement de ce fédéralisme est possible sans l'aliénation du Québec. Faisons en sorte que le Québec ne voit pas le 150e anniversaire du Canada. Il est de notre devoir de s'assurer que notre prochain rendez-vous soit gagnant pour que - au moment du jour «J» - le Québec soit, une fois pour toutes, libre, indépendant et maître de son destin.