Pierre-Olivier Bergeron

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Le Canada est mort, vive le Québec!

Publication: 02/07/2013 12:01

Le Canada célébrait son 146e anniversaire hier. Quoi de mieux pour fêter le Canada qu'un déménagement. Le 1er juillet a cette consonance pour les Québécois(es): signe de changement et de mouvance. Tels des nomades, notre esprit vagabonde sur l'emplacement des meubles de notre nouveau logis ou encore sur le premier chèque que l'on écrira pour ratifier notre nouveau bail.

La célébration, c'était la semaine dernière. Tout comme 8 millions d'individus en quête d'identité, d'unité et d'espoir d'un nouvel État indépendant, j'ai fêté. Le 24 juin, fête nationale du Québec décrétée par le premier gouvernement de René Lévesque en 1977. Aujourd'hui, comme dirait Dédé, le peuple fête encore «indécis et rêveur, le cœur plein de vertige et rongé par la peur».

Cet attachement profond envers la nation québécoise, son peuple l'a forgé par son identité, ses racines profondes et ses ancêtres qui ont marqué et marquent encore l'histoire. Qui plus est, cet attachement est accompagné d'un éloignement progressif de cette même nation envers le gouvernement canadien, comme quoi cette idée de mouvance, inconsciemment, se fait même dans nos esprits.

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- 1er juillet: Pourquoi la fête est-elle si triste?, par Jean-François Lisée
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Rien à signaler, seulement un gouvernement qui renie ses engagements environnementaux devant le concert des nations. Il faut vraiment faire l'autruche pour oublier cette décision unilatérale et aberrante des conservateurs, comme si notre nation était trop passive pour avoir un brin d'indignation collective. L'image du Canada est ternie. Il vaut mieux crier haut et fort que nous, Québécois(es), cogitons autrement. D'ailleurs, n'ayez pas la maladresse de dire que vous êtes canadiens lorsque vous serez en voyage cet été. On vous sermonnera sur vos sables bitumineux et votre action environnementale. Mais encore, on vous rappellera comment votre pays, le Canada, a été éjecté du Conseil de sécurité de l'ONU. Il faut croire que les Nations unies en ont eu assez de cette image canadienne qui entachait l'action de ce que l'on peut considérer comme le gouvernement mondial. Hier - et je le réitère -, il n'y avait rien à célébrer, au contraire, le Canada est mort.

Avec un appui considérablement bas au Parti conservateur du Canada (PCC), le Québec se voit désormais lié aux députés néo-démocrates qui vilipendent leurs intérêts à la solde d'un Canada agonisant. Le 2 mai 2011, les Québécois(es) ont fait le pari du NPD et de son chef, Jack. C'est en appuyant le financement du complexe hydroélectrique terre-neuvien du Bas-Churchill que le NPD s'est tiré royalement dans le pied. Cette motion entérine le financement du gouvernement canadien pour ce complexe, concurrençant de manière déloyale Hydro-Québec qui a toujours fait cavalier seul lorsque notre société d'État investit pour un complexe hydroélectrique. Les cinq députés du Bloc québécois ont voté contre la motion. Ironiquement, ce même parti qui défend nos intérêts et qu'on a relégué à sa non-reconnaissance à la Chambre des communes, étant donné l'élection de moins de 12 députés.

Le billet se poursuit après la galerie

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  • On aime le Québec!

    En vue de la Saint-Jean-Baptiste, le 24 juin, nous vous avons demandé d'identifier les raisons pour lesquelles vous aimez le Québec. Que ce soit pour ses grands espaces, les personnes qui y habitent ou la nourriture, nous avons toutes les raisons d'être fiers de notre Belle Province!

  • Notre langue

    Elle est belle la langue... française. On manie la langue de Michel Tremblay à notre façon, on varie le langage au gré de nos émotions, et ce, même si ça fait rire nos cousins français. Souvent imitée, jamais égalée, la langue française qu'est la nôtre reste une fierté nationale.

  • Nos microbrasseries

    Les Québécois aiment la (bonne) bière. Et nous avons la chance de posséder bon nombre de microbrasseries dans à peu près toutes les régions. De la bière Dieu du ciel! à la Cheval Blanc, on peut compter quelque 80 microbrasseries ou brasseries artisanales dans la Belle Province, produisant plus de 900 sortes de bières. Ici, Brasseurs illimités présentent leur bière «Matraque», clin d'oeil à la grève étudiante actuellement en cours au Québec.

  • Bonhomme (et son Carnaval)

    Il a été malmené dans la couverture d'un certain magazine canadien, mais Bonhomme reste un emblème québécois festif, même à l'international. De plus, n'oublions pas de mentionner sa superbe ceinture fléchée, fruit de 180 heures de travail de la flécherande Yvette Michelin.

  • La poutine

    «Patates, sauce brune et fromage font un excellent ménage...», chante Mes Aïeux dans sa chanson «Hommage en grains». Soyons francs, le monde en est jaloux. La poutine se mange à toute heure de la journée, chez Ashton, à Québec, ou à la Banquise, à Montréal. On a beau l'imiter, mais sans vrai fromage en grains du Québec, ce n'est pas pareil!

  • Céline Dion

    Quoi que vous en disiez, on sait que vous avez déjà chanté une chanson de Céline Dion sous la douche. La diva rayonne présentement à Las Vegas, où elle demeure avec son mari René Angelil et ses fils, Eddy, Nelson et René-Charles.

  • Les fromages d'ici

    Pâtes fermes, molles, des bleus, des chèvres... les fromages d'ici se marient à tous les goûts. Agrémentés de petits fruits du Québec, ils se révèlent un excellent choix santé. Osez de nouvelles saveurs!

  • Le VRAI sirop d'érable

    Pas question de servir du sirop de «poteau». Ici, on arrose notre assiette complète à la cabane à sucre de sirop d'érable pur, pour ensuite se goinfrer de tarte au sucre ou du pouding chômeur. Un chausson avec ça?

  • Nos fameux déménagements du 1er juillet

    À chaque année, c'est pareil. On coordonne nos déplacements avec les futurs locataires, on ne trouve plus de camions de déménagement, on peinture un vitesse... Le 1er juillet, on le fête en défaisant des boîtes!

  • Les Québécoises...

    Les Québécoises sont les plus belles femmes au monde, il faut se l'avouer. Mais n'entre pas qui veut dans leur vie. Messieurs, tenez-vous prêts, elle ont du caractère!

  • ...et les Québécois

    Oublions les danseurs nus du 281. Le Québec regorge de beaux hommes qui peuvent aller à la chasse et ensuite préparer le plus romantique des soupers. Quoi demander de plus?

  • Le Cirque du soleil

    En Chine, en Israël, en Italie, au Maroc, au Canada, le Cirque du Soleil exécute ses prouesses partout. Le fondateur Guy Laliberté, un p'tit gars de chez nous, est maintenant l'un des hommes les plus riches au monde. S'il s'était fait dire qu'il avait la tête dans les nuages à ses débuts, on peut maintenant dire qu'il est un philanthrope et un grand poète dans l'espace!

  • L'hiver!

    Si notre pays n'est pas un pays, on peut au moins affirmer que quand c'est l'hiver, c'est l'hiver! Notre neige fait l'envie des amoureux du ski et du snowboard, qui se donnent à coeur joie sur les pistes du Québec. Pour les autres, elle sert de matériel pour se construire un fort... ou se lancer des boules de neige!

  • Le Canadien de Montréal

    On est déçus quand l'équipe ne se qualifie pas aux séries, mais nul ne peut la détester. Le Canadien reste notre chouchou, bon match, mauvais match.

  • Notre solidarité lors des catastrophes

    Les Québécois ont beaucoup donné après le séisme en Haïti, en janvier 2010. Et quand la région de Saint-Jean-sur-Richelieu a connu d'importantes inondations, l'été dernier, les Québécois ont chaussé leurs bottes de pluie et sont allés aider nettoyer. Tout ça exclut les innombrables heures de bénévolat et d'aide de toutes sortes. Quand quelqu'un a besoin d'aide, il y a toujours une personne pour tendre la main. On peut être fiers de notre solidarité.

  • Notre eau

    Le Québec a des ressources naturelles inestimables. Si certains doivent se procurer de l'eau embouteillée, nous avons la chance d'ouvrir le robinet pour un verre de Saint-Laurent frappé. Malgré tout, il faut rester vigilants pour ne pas gaspiller notre or bleu. Santé!

  • Normand L'Amour et son Madrid (2.0)

    Une fierté sans nom. Après avoir semé la joie dans les McDonald's de Sorel-Tracy, le créatif chanteur Normand L'Amour est de retour pour faire la promotion de l'hôtel Madrid 2.0. N'ayez crainte, les chansons inspirantes et dinosaures sont au rendez-vous!

  • Nos festivals

    Les Francofolies, le Festival de Jazz, le Festival d'été de Québec, le Festival Juste pour rire, le Festival international des percussions de Longueuil, le Festival western de Sainte-Tite, le Festival du cochon, le Mondial de la bière, le Festival en chanson de Petite-Vallée, le Festival Fantasia, l'International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu, les Rendez-vous du cinéma québécois, MUTEK, Piknik Électronik, l'International des Feux Loto-Québec, le Festival mode & design de Montréal, Divers/Cité, le Festival du nouveau cinéma... Vous vouliez des festivals? En v'là!

  • Nos bagels

    Les bagels Fairmount et Saint-Viateur n'ont pas dit leur dernier mot. Au Québec, on peut se vanter de servir d'excellents bagels fraîchement sortis du four, gracieuseté de la communauté juive de Montréal qui nous a fait découvrir ce délicieux pain.

  • Nos grands espaces

    Exotique, le Québec? Absolument. La province regorge de grands espaces à découvrir. Et le spectacle est saisissant, bien mieux que les photos de Cuba sur les pages de vos amis Facebook!

  • Notre drapeau

    La Grande noirceur nous aura au moins apporté un beau drapeau. Malgré sa signification controversée, le fleurdelisé s'exhibe en toute occasion. Pour les autres, il y a la feuille d'érable entre deux carrés rouges!

  • Un lait, deux sucres, s'il vous plaît!

    On a bien ri de la passion du premier ministre Stephen Harper pour le Tim Hortons. Mais soyons francs: les Québécois aiment y aller, que ce soit pour rencontrer le charmant homme de Réseau Contact ou satisfaire une envie pressante de cappuccino glacé.

  • Des maires fort colorés

    Ils nous font rire... ou rager. Le maire d'Huntingdon Stéphane Gendron a fait jaser sur les médias sociaux en traitant les étudiants de «puants de grévistes», alors que le maire de Québec Régis Labeaume voit tellement grand pour la capitale qu'il peut faire passer une loi spéciale pour un éventuel amphithéâtre. Malgré tout, ils ravivent la scène municipale, ne trouvez-vous pas?

  • Gilles Vigneault

    Gens du pays, c'est à votre tour... Éternel poète, Gilles Vigneault n'a pas perdu sa fougue de jeunesse. L'artiste reconnu internationalement s'implique activement dans des causes qui lui sont chères, comme le Jour de la Terre, le 22 avril.

  • Un rayonnement à l'international

    Nous sommes fiers de notre cinéma et de la place importante qu'elle occupe à l'international. Cette année, Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau a tenté sa chance aux Oscars, alors que Laurence Anyways de Xavier Dolan et la co-production Hors les murs de David Lambert ont pris d'assaut le Festival de Cannes. Pas si mal pour une seule province!

  • ... et des souvenirs inoubliables pour les touristes

    Bref, le Québec n'a rien à envier aux autres provinces. En prime, nous attirons les touristes par tous les moyens que «nu» possédons. Et vous, pourquoi aimez-vous le Québec?


Mon appel à la nation est lancé. Au fond, ça changerait quoi l'indépendance pour ce peuple francophone d'Amérique?

S'il choisit son indépendance, il choisit d'écrire une constitution et de la soumettre démocratiquement par référendum.

S'il choisit son indépendance, il abolit ce régime de monarchie constitutionnelle et adopte un régime parlementaire digne du XXIe siècle. S'il choisit son indépendance, il perçoit ses taxes, ses impôts, écrit ses propres lois, signe ses traités pour son propre développement économique, social et culturel.

S'il choisit son indépendance, il paie pour un État au lieu de deux, pour une seule bureaucratie et met fin aux chevauchements entre les deux paliers de gouvernement.

S'il choisit son indépendance, il met fin au financement du Bas-Churchill et finance les projets hydro-électriques de son pays.

S'il choisit son indépendance, il oublie les sables bitumineux de l'Alberta, l'industrie automobile en Ontario et se soucie de sa forêt, du développement durable et de l'écologie.

S'il choisit son indépendance, il oublie la rhétorique conservatrice qui tente de ramener à l'ordre du jour l'avortement et la peine de mort.

S'il choisit son indépendance, il choisit un vérificateur général francophone et des juges francophones qui respectent l'indépendance de la magistrature en séparant les pouvoirs judiciaires et exécutifs.

S'il choisit son indépendance, il obtient enfin la place qu'il mérite au concert des nations. S'il choisit son indépendance, il oublie la Reine, la guerre de 1812 et façonne son pays en fonction de ses valeurs, de ses idées et de ses traditions.

Par conséquent, s'il choisit son indépendance, ce peuple francophone d'Amérique fait la même chose: il célèbre le 24 juin et le 1er juillet, au lieu d'être locataire, il s'affranchit et devient propriétaire.

Mes amis, l'année 2013 est une année charnière pour l'éveil du peuple québécois. D'ailleurs, le 146e anniversaire du Canada est assombri par ce que l'historien Frédéric Bastien nous a appris dernièrement. Le rapatriement constitutionnel de 1982 de Pierre E. Trudeau est en fait un coup d'État illégitime, étant donné l'interaction entre le pouvoir judiciaire et exécutif, un fondement de nos États démocratiques. Une constitution qui, d'ailleurs, n'a jamais été ratifiée par aucun gouvernement québécois. Dans la même veine, ne vous laissez surtout pas méprendre par son fils Justin, qui est aussi «démocrate» que son père l'a été. En fait, Trudeau junior est ravagé par une maladie héréditaire, celle du fédéralisme anti-démocratique, valeur transmise de père en fils qui attaque principalement les neurones de la sensibilité culturelle et linguistique.

Somme toute, les situations que j'ai mentionnées précédemment sont inquiétantes et révélatrices pour notre nation. Il est difficile, devant les faits accomplis, d'affirmer que le renouvellement de ce fédéralisme est possible sans l'aliénation du Québec. Faisons en sorte que le Québec ne voit pas le 150e anniversaire du Canada. Il est de notre devoir de s'assurer que notre prochain rendez-vous soit gagnant pour que - au moment du jour «J» - le Québec soit, une fois pour toutes, libre, indépendant et maître de son destin.

 

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