Lorsque Bernard Landry a déclenché la campagne électorale qui devait finalement coûter le pouvoir au Parti Québécois au printemps de 2003, sa formation politique était virtuellement à égalité dans les sondages avec le PLQ, à 36% (Léger Marketing). Si la partie semblait de prime abord jouable (comme elle l'est aujourd'hui pour le premier ministre Charest), un mois d'une campagne laborieuse marquée par de nombreuses anicroches et un traitement médiatique somme toute défavorable (visionner l'excellent « À hauteur d'homme ») ont finalement donné le pouvoir à Jean Charest. Ces résultats, couplés aux résultats des campagnes provinciales et fédérales de 2007 et de 2011, devraient nous avoir prouvé une chose : l'extrême volatilité de l'électorat québécois, prêt à faire et défaire les formations politiques au gré d'une humeur plus que changeante. Parlez-en à Mario Dumont, lui qui aura vu son parti porté jusqu'à l'antichambre du pouvoir, avant que de s'effondrer à peine un an plus tard ...
La campagne électorale qui débute aujourd'hui s'amorce sur une figure de lutte à trois où, malgré le taux d'insatisfaction record envers le gouvernement sortant, l'opposition peine à se démarquer et à tirer son épingle du jeu. Ainsi, un coup de sonde réalisé par Léger Marketing et publié ce matin par les quotidiens de Quebecor révélait que le PQ distancerait d'à peine 3% le PLQ dans les intentions de vote générales, marquant cependant le pas chez l'électorat francophone. Dans l'état actuel des choses, et alors qu'aucun des principaux chefs ne réussit à s'imposer auprès de l'électorat - tant et si bien que l'option « ne sait pas » est grande favorite chez les répondants - il est impossible de prévoir la tendance du vote ou l'issue du scrutin. Un gouvernement libéral ou péquiste minoritaire semble possible, comme il peut être probable aussi que la CAQ, avec un socle d'appuis de 21%, puisse tranquillement remonter la pente. À ce compte cependant, la capacité apparente de François Legault à se mettre les pieds dans les plats, sur Twitter ou devant les journalistes, tout comme le fait qu'il s'agit de sa première campagne à titre de chef, devraient l'handicaper face à ses rivaux.
Plutôt que de s'attaquer de façon puérile à Pauline Marois, Jean Charest devrait quant à lui se méfier de la formation de Legault qui pourrait représenter un choix intéressant pour des libéraux désabusés qui, tout en voulant donner une leçon au PLQ, auraient l'avantage de pouvoir voter malgré tout pour un parti fédéraliste. Les résultats de l'élection partielle d'Argenteuil de ce printemps dernier devraient à ce titre envoyer un message clair à la direction du PLQ : le PQ, tout en voyant ses appuis stagner, a pu arracher une forteresse libérale en voyant les libéraux déçus passer à la CAQ qui a enregistré un gain de 10% par rapport aux résultats de l'ADQ en 2008. Assez pour conférer la victoire aux troupes de Pauline Marois. C'est également ce transfert de votes du PLQ à l'ADQ qui avait entre autres provoqué l'élection de nombreux députés adéquistes en 2007. Une fois les débats ridicules autour du carré rouge passés (le premier ministre peut espérer contrôler l'agenda de la campagne encore trois ou quatre jours), Charest tout comme Pauline Marois devront s'assurer de ne pas favoriser l'élection d'adversaires qui caquistes, qui péquistes, faute d'avoir réussi à mobiliser leur propre base électorale.
QS en embuscade
Lors du déclenchement de la dernière campagne électorale fédérale, le NPD recueillait à peine 15% des intentions de vote au Québec. Thomas Mulcair siégeait seul dans un océan bloquiste et la formation de Jack Layton en était réduite à présenter des candidats de figuration dans la plupart des circonscriptions où les effectifs d'organisation étaient inexistants. Au terme de la campagne, le NPD arrachait pourtant l'opposition officielle, raflant une majorité de sièges au Québec. Je fais ce rappel, car je considère que le climat ambiant, la morosité politique qui a mené les électeurs à rejeter les partis établis au Québec sur la scène fédérale ne s'est pas dissipé. Un an plus tard, il a au contraire été alimenté par les relents de corruption émanant du gouvernement Charest. À ce titre, Québec solidaire, bien que représenté par un seul député (comme l'était le NPD), est à ce jour la seule formation (excluant la nouvelle Option nationale) à ne pas avoir exercé le pouvoir. Il possède encore une virginité politique qui pourrait devenir attrayante au fil du temps. Si le parti d'Amir Khadir et de Françoise David semble avoir augmenté ses appuis populaires (de 3% à 8%), nous ne connaissons pas encore sa capacité réelle de croissance.
Est-ce que Québec solidaire profitera, comme l'ADQ jadis et le NPD l'an passé, de ce sentiment d'écœurement face aux principales formations politiques? Se rendra-t-il à 10, 15, 20% ? Les prochaines semaines nous le diront. C'est à mon sens la grande énigme de cette campagne qui commence. Il suffirait que la CAQ-ADQ, le PQ et le PLQ s'enferment dans une guerre d'accusations et de formules creuses pour que QS, peut-être favorisé par une bonne performance au débat des chefs, puisse espérer décupler ses appuis. La jeune formation de gauche a d'ailleurs dévoilé un slogan simple et efficace (« Debout! »), un visuel de campagne jeune et soigné et des vidéos promotionnels bien réalisés. Reste à voir si la performance de ses porte-parole sera à la hauteur de l'emballage présenté aux électeurs ...
Quoi qu'il en soit, nous sommes bel et bien partis pour trente-cinq jours de campagne qui s'annoncent plus qu'intéressants. Comme on dit dans les salles de casino : faites vos jeux, rien ne va plus!
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Jean Charest - Parti libéral du Québec
Né à Sherbrooke le 24 juin 1958
Marié, père de trois enfants
Formation en droit. Admis au Barreau du Québec en 1981.
Avant d'entrer en politique: pratique le droit à Sherbrooke
Entrée en politique: en 1984, candidat pour le Parti progressiste-conservateur du Canada dans Sherbrooke.
Élu député fédéral lors des élections générales à l'âge de 26 ans.
<strong>Carrière politique: </strong>
Au fédéral, il est nommé ministre d'État à la Jeunesse en 1986 à l'âge de 28 ans.
Devient le plus jeune membre d'un cabinet fédéral.
Il est ensuite ministre d'État à la Condition physique et au Sport amateur, leader adjoint du gouvernement, président du Comité parlementaire spécial pour le projet de résolution d'accompagnement à l'Accord du lac Meech, ministre de l'Environnement, ministre de l'Industrie et des Sciences, vice-premier ministre, candidat au leadership du Parti progressiste-conservateur du Canada en 1993, chef du Parti progressiste-conservateur, vice-président du Comité national des Québécois pour le Non pendant la campagne référendaire au Québec en 1995.
Au plan provincial: il devient chef du Parti libéral du Québec en avril 1998 et chef de l'opposition officielle en décembre de la même année, il est assermenté comme premier ministre du Québec le 29 avril 2003, de nouveau le 18 avril 2007 et le 18 décembre 2008.
Pauline Marois - Parti québécois
Née à Québec le 29 mars 1949
Mariée et mère de quatre enfants
<strong>Formation</strong>: baccalauréat en service social, Université Laval et maîtrise en administration des affaires (MBA) aux HEC, Université de Montréal
Avant d'entrer en politique: consultante budgétaire, responsable du service animation, coordonnatrice du cours en assistance sociale, directrice générale d'un CLSC, attachée de presse, consultante, directrice de cabinet, professeur à l'Université du Québec à Hull
<strong>Carrière politique</strong>: députée de La Peltrie de 1981 à 1985, puis députée de Taillon de 1989 à 2006, puis députée de Charlevoix depuis 2007.
Elle a été ministre d'État à la Condition féminine, de la Main-d'oeuvre et de la Sécurité du revenu, présidente du Conseil du trésor, ministre des Finances et ministre du Revenu, ministre responsable de la Famille, ministre de l'Éducation, ministre de la Famille et de l'Enfance, ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux, ministre de la Recherche, de la Science et de la Technologie, ministre d'État à l'Économie et aux Finances, ministre de l'Industrie et du Commerce, vice-première ministre.
François Legault - Coalition avenir Québec
Né à Sainte-Anne-de-Bellevue le 26 mai 1957
Marié, père de deux enfants
<strong>Formation</strong>: baccalauréat en administration des affaires (comptabilité publique), MBA en finances des HECAvant la politique: directeur du marketing chez Québécair, cofondateur d'Air Transat en 1986, en devient le pdg jusqu'en 1997.
Administrateur de sociétés comme Provigo, Culinar, Sico. Fellow de l'Ordre des comptables agréés du Québec.
<strong>En politique</strong>: élu député péquiste de Rousseau en novembre 1998.
Réélu en 2003, 2007 et 2008.
Ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie, ministre d'État à l'Éducation et aux Jeunes, ministre de l'Éducation, ministre d'État à l'Éducation et l'Emploi, ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux.
En 2011, il fonde un nouveau parti, la Coalition avenir Québec.
Françoise David - Québec solidaire
Née à Montréal en 1948
<strong>Formation</strong>: baccalauréat en service social (organisation communautaire) de l'Université de MontréalAvant la politique: travaille en service social dans le quartier centre-sud de Montréal, coordonnatrice du Regroupement des centres de femmes, présidente de la Fédération des femmes du Québec.
Elle organise notamment la Marche des femmes contre la pauvreté «Du pain et des roses» et la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence en 2000.
<strong>En politique</strong>: porte-parole du mouvement Option citoyenne, puis porte-parole de Québec solidaire lors de sa création en 2006.
Candidate pour Québec solidaire en 2007 et 2008 dans Gouin où elle termine deuxième.
Amir Khadir - Québec solidaire
Né le 12 juin 1961 à Téhéran, en Iran.
Immigre au Québec à l'âge de 10 ans.
Marié et père de trois filles.
<strong>Formation</strong>: baccalauréat en physique Université de Montréal, maîtrise en physique Université McGill, doctorat en médecine Université Laval, spécialité en microbiologie-infectiologie Université de MontréalCarrière avant la politique: médecin microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier Pierre-Le-Gardeur à Lachenaie.
A fait partie de la Coalition des médecins pour la justice sociale, a fait des missions pour Médecins du monde en Irak, en Afghanistan et en Palestine.
A présidé le conseil d'administration du SUCO.
<strong>Carrière politique</strong>: candidat du Bloc québécois dans Outremont en 2000, candidat de l'Union des forces progressistes dans Mercier en 2003, premier député élu de Québec solidaire dans Mercier en 2008
Jean-Martin Aussant - Option nationale
Né à Sorel-Tracy le 1er juin 1970
<strong>Formation</strong>: baccalauréat en administration des affaires et études en actuariat, Université Laval; maîtrise en sciences économiques, Université de Montréal; études au doctorat en analyse économique, Université Autonoma de Barcelone, Espagne.
Avant d'entrer en politique: agent de recherche au CIRANO, vice-président Morgan Stanley Capital International, gestionnaire de portefeuille principal, Investissements PSP.
<strong>Carrière politique</strong>: élu député de Nicolet-Yamaska aux élections générales du 8 décembre 2008 sous la bannière du Parti québécois.
Porte-parole de l'opposition officielle pour les dossiers de développement économique, institutions financières, commerce international.
Il quitte le Parti québécois en juin 2011, siège comme indépendant, puis annonce la création d'Option nationale.
Répartition des 125 sièges à la dissolution de l'Assemblée nationale
Parti libéral du Québec (forme le gouvernement): 64 députés
Parti québécois (forme l'opposition officielle): 47 députés
Coalition avenir Québec: 9 députés
Option nationale: 1 député
Québec solidaire: 1 député
Indépendants: 2 députés
Circonscriptions vacantes: 1 (Bourassa-Sauvé)
<strong>Résultats du scrutin du 8 décembre 2008</strong>
Parti libéral du Québec: 1 366 046 votes (42,08 %)
Parti québécois: 1 141 751 votes (35,17 %)
Action démocratique/Équipe Mario Dumont: 531 358 votes (16,37 %)
Québec solidaire: 122 618 votes (3,78 %)
Taux de participation: 57,43 % ou 3 295 914 votes
Bulletins valides: 3 246 333 ou 98,5 %
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Danny Plourde
Rene Desrochers
Wayne Duguay
Marc Desnoyers
Yves Nuckle
INFOMAN
Guillaume Methot
Pierre Duchesne
Miguel Félix
Abdul Butt
INFOMAN
Laurence G. Gallant
Pierre Duchesne
Pierre Duchesne
David Martel
Bratis_Qc
Dydier Defaye
Eric Alvarez
Valérie Vivier
vous oubliez une équation importante (je n'ai qu,un secondaire 5 mais une mémoire) Landry échoua à succéder à Lévesque, de plus il ne fût Premier ministre que suite à la démission de Bouchard à laquelle il avait dûrement travaillé, il ne fût jamais élu.
Nos services sociaux sont les plus avantageux au monde...mais peut-on encore se les offrir sur le dos des autres....?
Nous sommes tombés au niveau économique au plus bas au Canada....on doit téter plus que jamais le biberon Fédéral qui nous alimente depuis 40 ans (à l'exception de quelques années).....et le PQ veut nous diviser pour mieux régner et le PLQ veut le statuquo dans la magouille...inadmissible dans les deux cas.
Alors ?
- que l'état paye un salaire à tous les citoyens
- nationaliser les banques (comme ça le gouvernement pourra contrôler Tout notre argent)
- interdire tous les véhicules du centre ville
- interdire la publicité
- transformer les entreprises en coop
-
Quant aux "entreprises coop", en fait, je crois plutôt qu'il s'agit d'un moyen de recapitaliser certaines entreprises en difficulté financière ou qui menace de fermer leurs portes. Ce modèle de relance d'entreprise où chaque salarié devient actionnaire est appliqué avec succès dans certaines régions d'Europe, notamment dans certains secteurs français. Il pourrait s'agir d'une méthode intéressante à considérer au Québec, plutôt que notre gouvernement intervienne pour renflouer les coffres d'entreprises peu rentables ...