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Petite politique

29/11/2012 11:40 EST | Actualisé 29/01/2013 05:12 EST
PC

Le ministre Breton a donc décidé, ce matin, de jeter l'éponge devant les « révélations » faites sur son passé personnel avant son entrée en politique active. Contraventions de vitesse, fausses déclarations à l'assurance chômage, défaut de paiement de loyer; le contribuable Breton ne fut pas exemplaire, loin de là.

De deux choses l'une dans son cas: soit il était un « Bougon », comme le titrait outrageusement le Journal de Montréal - en cela fidèle à son niveau intellectuel au ras des pâquerettes - soit il a vécu, durant de nombreuses années, sur ou sous le seuil de la pauvreté, ce qui pourrait expliquer ses défauts de paiement répétés, ou l'état du logement dans lequel il vivait. Cela aurait exigé de Breton un sens extraordinaire de l'abnégation, une humilité incroyable afin de révéler sur la place publique la pauvreté présumée dans laquelle il aurait vécu.

Nous ne saurons visiblement pas le fin mot de cette histoire. « Il a des choses à cacher! » vous direz-vous peut-être? C'est une possibilité. Mais demandez-vous aussi quel homme ou quelle femme voudrait passer au travers d'un tel processus d'humiliation publique? Breton a aujourd'hui pris la bonne décision, tant pour lui que pour l'action du gouvernement.

En tous les cas, force est d'admettre que le spectacle qui nous est offert aujourd'hui à l'Assemblée nationale est plus que navrant. Nous avons, encore une fois, quitté le terrain du combat d'idées (si tant est que nous n'y soyons jamais allés!) afin de revenir dans la marre boueuse des attaques personnelles. Depuis le début de la présente session parlementaire, l'opposition libérale et caquiste a atteint des sommets de démagogie: cela va de la rhétorique antisyndicale de la CAQ, qui reproche au PQ son asservissement envers les « méchants » syndicats, jusqu'à l'accusation à peine voilée de sympathies communistes ou révolutionnaires proférées par les députés de Laurier-Dorion et de Shefford.

Ce matin encore, alors que Daniel Breton venait d'annoncer sa démission, l'opposition continuait de frapper sur le cadavre encore tiède de l'ancien ministre de l'Environnement. Que d'élégance! Le PQ n'a certes pas été exemplaire dans les dernières années en ce qui concerne la rhétorique parlementaire. Trop souvent, il a tourné « les coins ronds » et usé d'allégations dans le but d'atteindre le gouvernement de Jean Charest. Mais force est de constater aujourd'hui qu'il a trouvé adversaire encore plus coriace; alors que l'on croyait que l'élection allait pacifier quelque peu le climat malsain qui régnait au parlement de Québec, le PLQ nous ramène aujourd'hui au troisième sous-sol de la décence parlementaire. Vivement la fin de la session!

Dans les dernières années, nous avons pu voir un gouvernement défendre jusqu'au seuil du ridicule l'ancien ministre Tomassi, aujourd'hui accusé de fraude et d'abus de confiance. Nous avons également vu une ministre dîner en compagnie de membres présumés du crime organisé, sans que cela n'émeuve les membres de l'ancien gouvernement libéral. Nous sommes passés au travers d'une commission d'enquête sur la nomination des juges et nous constatons encore aujourd'hui la décrépitude de nos institutions dans le cadre de la Commission Charbonneau. L'opposition libérale, qui se levait jadis pour applaudir Tony Tomassi, vient de faire tomber la tête d'un ministre à qui l'on reproche de ne pas avoir payé son loyer. Visiblement, l'indignation et le sens moral sont à géométrie variable au Salon de la race ...

Nos élus nous offrent aujourd'hui un bien triste spectacle, qui n'aidera en rien à restaurer la confiance et l'image de la classe politique auprès de la population. L'on viendra se surprendre par la suite si l'action politique continue de rebuter une part croissante de tout ce que le Québec compte comme talents. C'est un sale temps pour l'engagement politique et pour les politiciens et politiciennes honnêtes qui auraient raison de se dire : « Engagez-vous! Rengagez-vous qu'ils disaient! »

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