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Trump a dévoilé le vrai visage de « la droite »

On dit généralement que les gens d'allégeance conservatrice veulent un gouvernement plus limité.

28/12/2017 09:00 EST | Actualisé 28/12/2017 09:00 EST
Carlos Barria / Reuters
Donald Trump

Entre deux inepties sur Twitter, l'élection de Donald Trump aura au moins permis de montrer le vrai visage des principaux courants de pensée. Cette semaine: la « droite », c'est-à-dire les conservateurs.

On dit généralement que les gens d'allégeance conservatrice veulent un gouvernement plus limité. Non seulement ces principes ont pris le bord depuis l'élection de Donald Trump, mais leur abandon soudain a permis de confirmer ce que je dis depuis longtemps : les conservateurs sont des étatistes de droite – ils veulent plus de gouvernement dans la vie privée des gens.

L'année 2017 a aussi permis de voir que les conservateurs sont de véritables (pour reprendre leurs propres mots à propos des étatistes de gauche) flocons de neige – ils fondent à la moindre contrariété. Au football, ils demandaient (presque) le lynchage des joueurs qui ne « respectaient » pas le drapeau des États-Unis ou son hymne national. Bien qu'on puisse certainement montrer la grosse ironie dans la protestation contre l'oppression de Colin Kaepernick, il avait pleinement le droit, de même que les autres joueurs de protester aussi pacifiquement. Qu'il ait vécu une enfance plus heureuse et « privilégiée » que ses pairs est sans importance; la liberté d'expression permet de genre de geste.

Parlant de liberté d'expression, les conservateurs du Québec ont montré leurs... très gros doubles standards cette année. Comme leurs pairs des États-Unis, ils s'offusquent quand on ne glorifie pas l'armée – formée de machines à tuer obéissant aveuglément à des ordres –, quand on ne glorifie pas un bout de tissu coloré ou une chanson spécial, ils se réjouissent qu'on fasse enquête sur les visiteurs de sites Web anti-Trump, contre une prétendue guerre contre Noël, etc. Du même souffle, ils se réjouissent de la guerre d'Orange Premier contre les médias et affirment que les médias, si biaisés soient-ils, sont sur un pied d'égalité avec Daesh.

Déni de l'individu et partisanerie aveugle

L'année 2017 a aussi permis de constater que les conservateurs sont de TRÈS grands partisans du Dieu État quand vient le temps de protéger des frontières (arbitraires).

Côté immigration, ils ont fait de l'écume des deux côtés de la frontière à cause de l'arrivée d'immigrants « illégaux. » Mais comme je l'ai déjà dit, le concept de légalité en est un arbitraire. Du moment que la personne n'a pas tué ni volé, elle devrait pouvoir s'établir où bon lui semble. Mais peu importe : les conservateurs préfèrent y aller de citation très douteuse ou de questions complètement farfelues pour promouvoir l'empêchement de la libre circulation des humains.

Côté économique, ils se sont réjouis, avec raison, de la nouvelle loi sur les impôts aux États-Unis. Par contre, ils semblent se foutre du déficit que ça va créer – la Tax Foundation a estimé que Trump allait causer les plus forts déficits – et rient des organismes officiels non partisans qui l'annoncent. En d'autres termes, ils sont complètement aveuglés par la partisanerie.

Cette dernière a d'ailleurs atteint des sommets (des creux?) lors des scandales d'allégations d'inconduites sexuelles. Quand Harvey Weinstein et cie ont été exposés, on a été prompt de (presque) vouloir les lyncher. Pis : Jeff Fillion accuse les présumées victimes de l'avoir cherché. Mais quand Roy Moore, un odieux candidat pour le parti républicain qui aurait eu des contacts avec des mineures, a lui aussi été placé sur la sellette, soudainement les présumées victimes mentaient et les médias « complotaient » contre l'ancien juge. On en était à vouloir qu'il se fasse élire seulement pour faire suer les médias.

Bref, l'élection de Cheetoh Mussolini aura permis d'exposer le vrai visage de la droite : une adoratrice du Dieu État qui lui fait ses incantations du moment qu'il est de la bonne couleur. Cette même droite était prête à tomber dans le panneau de la première nouvelle demandant une plus grande intervention de leur dieu, même si elle s'avère fausse par la suite.

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