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Banque du Canada: le pompier pyromane

20/07/2014 11:49 EDT | Actualisé 19/09/2014 05:12 EDT

Le 16 juillet dernier, la banque centrale canadienne a maintenu son taux directeur à 1%. Le directeur de la banque, Stephen Poloz, affirmait que l'économie n'était pas encore assez forte et qu'elle avait encore besoin de faibles taux d'intérêt pour que la croissance soit au rendez-vous.

Une telle affirmation, surtout venant de la bouche d'un docteur en économie, est très curieuse. En effet, si de faibles taux d'intérêt favorisaient vraiment la croissance, alors les États-Unis, dont le taux directeur est à 0,25% depuis presque six ans, auraient vite récupéré de l'éclatement de la bulle immobilière. Or, il aura fallu attendre presque 6,5 ans pour recouvrir les emplois perdus en 2007, la plus lente reprise depuis 1945.

Cette lenteur ne devrait pas être surprenante puisque les gouvernements ont fait exactement ce qu'il ne fallait pas faire : augmenter les dépenses publiques, les impôts et diminuer les taux d'intérêt. Les gouvernements aux États-Unis ont utilisé cette même recette entre 1929 et 1941 de même que dans les années 70, avec les résultats que l'on connait.

En d'autres mots, les crises économiques ne sont pas le résultat d'un mouvement inévitable du capitalisme mais bien de l'action de la « main visible » du gouvernement. Il ne peut en être autrement; l'économie au grand complet ne peut pas s'effondrer sans y avoir été incitée par de mauvais signaux.

Les taux d'intérêt

Le principal de ces signaux est le taux d'intérêt, c'est-à-dire ce qu'il en coute pour emprunter de l'argent. Supposons qu'un entrepreneur veuille se lancer en affaires ou augmenter son volume de production. Si le taux d'intérêt est à 4%, le jeu n'en vaut pas la chandelle. Mais si le taux baisse soudainement à 1%, c'est vendu!

Il y a un léger problème dans cette action de la banque centrale : elle ne reflète pas la décision du marché (i.e. tout le monde) de vouloir épargner un certain montant (4% et non 1%). En diminuant ainsi les taux d'intérêt, plusieurs entrepreneurs se mettent à emprunter de l'argent pour leurs projets. On dilapide ainsi le principal moteur de la croissance à long terme, soit l'épargne.

Cela se reflète par une plus forte demande d'argent et donc une augmentation de la masse monétaire (argent et monnaie en circulation, comptes chèque, dépôts à court et long terme, etc.). Aux États-Unis, la décennie qui a précédé la stagflation a vu un doublement de la masse monétaire - durant la stagflation, M2 a presque triplé, soit le même facteur d'augmentation observé de l'an 2000 à nos jours.

Bref, si la Banque du Canada veut véritablement aider l'économie, elle doit augmenter les taux d'intérêt (ou mieux, ne plus les contrôler) afin que les emprunts soient véritablement soutenus par l'épargne. Oui, une crise économique risque fortement de se produire suite à cette augmentation. Mais si le gouvernement ne « fait rien » comme en 1920, alors l'économie se remettra sur ses pieds en un rien de temps.

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