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Boeing n’est que l’instrument utilisé par Trump

Il est temps de comprendre que nous sommes, sans le savoir, empêtrés dans une guerre économique malgré nous; surtout, qu’il y a une urgence primordiale à développer d’autres marchés.

03/10/2017 10:21 EDT | Actualisé 03/10/2017 10:21 EDT
Reuters Photographer / Reuters
Il est temps de comprendre que nous sommes, sans le savoir, empêtrés dans une guerre économique malgré nous; surtout, qu’il y a une urgence primordiale à développer d’autres marchés.

Le vrai responsable de la fermeture brutale du marché américain à la Série C-Série est Donald Trump avec sa politique « L'Amérique d'abord ». Pour les initiés du monde de l'aviation : soixante années plus tard, on nous refait le coup du CF 105 Arrow, programme canadien brutalement fermé alors qu'il s'agissait possiblement alors d'un des meilleurs appareils militaires au monde.

Bombardier n'aurait présenté aucune défense que le résultat aurait été le même, tel que décidé depuis des lustres. Toutes les représentations canadiennes n'ont servi qu'à dévoiler notre faiblesse. La disproportion des pénalités démontre d'ailleurs que le département du Commerce a même multiplié par trois la pénalité demandée par Boeing; pour quelle raison, pensez-vous? Il est naïf et très dangereux d'attaquer Boeing et de risquer en plus de perdre des dizaines de milliers d'emplois comme le font nos premiers ministres Trudeau et Couillard.

Boeing n'étant pas vraiment en compétition avec Bombardier dans ce secteur de l'avionnerie, cette firme n'avait aucune raison de poser cette plainte, sinon de servir de « prétexte » au clan Trump, à moins de projeter d'acquérir Bombardier pour à prix dérisoire. Boeing devait accepter de prêter sa complicité pour conserver son immense marché militaire et ses subventions déguisées en programme de recherche. Par exemple, le Canada pourrait utiliser la même tactique en faisant développer maintenant aux frais du Ministère de la Défense, une variante 260 passagers du C Series, soi-disant pour ses besoins militaires.

Pourquoi vendre notre énergie propre à long terme alors que la taxe carbone fédérale de 50 $/tonne de GES en triplera presque la valeur sur le marché dès l'année 2022?

« L'Amérique d'abord » c'est aussi l'Amérique seulement. Il est temps de comprendre que nous sommes, sans le savoir, empêtrés dans une guerre économique malgré nous; surtout, qu'il y a une urgence primordiale à développer d'autres marchés. Les choses évoluent. Par exemple, le pacte de l'auto nord-américain a été développé alors que l'industrie automobile américaine dominait l'industrie mondiale. Depuis, on a même vu Chrysler et même General Motors faire faillite! Avant de se mettre à nouveau à genoux, ne devrait-on pas vérifier ce qu'il serait possible d'obtenir d'un pacte avec les industries automobiles du Japon ou de la Corée du Sud? Devant les positions du clan Trump, l'Europe vient de se remettre au développement de ses propres avions de combat ; ne devrait-on pas essayer d'y participer? Pourquoi vendre notre énergie propre à long terme alors que la taxe carbone fédérale de 50 $/tonne de GES en triplera presque la valeur sur le marché dès l'année 2022?

Heureusement que la fabrication du C Série a été répartie dans plusieurs pays; Chine, Irlande, Angleterre, États-Unis, tous frappés par ce coup bas de Trump, ce qui constitue notre meilleure possibilité de nous en sortir. En économie, tout est relié, on ne sait jamais dans quelle direction viendra la riposte. Par exemple, la Chine, qui est très impliquée dans la fabrication de la C Série, pourrait acheter 500 appareils en retour du privilège de profiter de tout le savoir-faire développé dans la C Série. La politique économique brutale de Trump pourrait alors porter en retour un coup terrible à Boeing et à l'industrie aéronautique américaine.

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