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Ce que le PQ pourrait être

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Je viens des milieux sociaux, ce qu'on appelle la société civile. J'ai passé l'essentiel de ma vie à défendre les droits des travailleurs. Je continuerai. De tous les candidats affirmés et pressentis à la course à la chefferie du Parti québécois, je suis le seul qui ne soit pas député. Je n'appartiens à aucune élite, je n'ai pas de fortune personnelle, je ne suis soumis à aucun intérêt de pouvoir ou d'argent. Ma cause n'est pas une affaire personnelle, et je ne me projette pas dans l'après-course en mesurant ce qui peut se dire et ce qu'il est préférable de taire pour ne pas déplaire.

Je suis un militant, et au fil de ma pratique j'ai acquis cette conviction : la société que nous avons bâtie au Québec est pas mal intéressante et elle vaut la peine qu'on se batte pour elle. Une société tout à fait particulière en Amérique, définissant son développement par l'équilibre entre les différentes forces agissantes, cherchant des lignes d'entendement entre syndicats, patrons et mouvements sociaux, accordant un rôle moteur à l'État, et assurant une répartition certaine d'une partie de la richesse créée. Cela se traduit par des programmes sociaux qui n'ont parfois aucun équivalent dans le reste du continent et par des mécanismes d'exercice du pouvoir qui reposent sur la consultation.

Je crois à ce modèle de société. Il n'est pas parfait bien sûr, loin s'en faut, mais on peut l'améliorer, et je veux y participer. Cela pose la question de la participation politique. Le Parti québécois en demeure un véhicule, mais il est mal en point. Le 7 avril n'est pas un simple accident de parcours, il y a quelque chose de plus profond. Je le constate dans la tournée dans laquelle je suis engagé pour récolter ces 2000 signatures de membres en règle pour valider ma candidature.

Le Parti québécois doit se renouveler et impérativement mettre fin à son huis clos, celui du « PQ qui parle au PQ ». Ce ne sont pas que des mots. Comme ne l'étaient pas, seulement des mots, les expressions si graves employées par Jacques Parizeau et Jean-Martin Aussant (le champ de ruines et le Costa Concordia). Il faut ouvrir les fenêtres et laisser entrer un peu d'air frais.

Accepter aussi de se mettre en phase avec les idées émergentes, avec ce qui s'annonce comme le Québec de demain. Les jeunes du printemps qui s'est levé en 2012 nous en ont donné quelques exemples à propos de l'exercice du pouvoir, du leadership et de la démocratie.

Les jeunes vivent à l'heure de la mondialisation et de la diversité culturelle et nous regardent comme de vieilles reliques avec ce discours identitaire qui a marqué les dernières années du Parti québécois.

Par exemple, beaucoup de jeunes, comme une partie importante de la population, favorisent la mise en place de balises de laïcisation de nos institutions, mais jamais cet amalgame entre immigration et menace religieuse, que certains ont laissé faire au PQ l'année dernière.

Je crois au Parti québécois et j'aspire à en devenir le chef pour apporter des changements. Le Parti québécois doit redevenir un parti citoyen qui se déploie dans le mouvement social, un parti proche de la population, reposant notamment sur l'engagement de ses membres et des assemblées de circonscriptions. Le Parti québécois doit cesser de faire de la vieille politique, laisser ça aux autres, et plutôt se laisser guider par la force de ses convictions. La politique, ça peut se pratiquer à visage découvert, en exprimant sa pensée et ses idées, en indiquant clairement le chemin que nous comptons prendre, et en posant les gestes en conséquence.

Je suis entouré de gens déçus de la politique pratiquée ces dernières années par le PQ, mais néanmoins animés par cette flamme que les choses peuvent encore changer. C'est mon équipe, et j'en suis très fier. Nous sortons des sentiers battus et nous comptons bien faire le débat au Parti québécois. Travailler à rebâtir des majorités autour de notre projet, celui d'un pays souverain où il fait bon vivre. Inaccessible étoile ? Bien au contraire.

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