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Les terroristes ne cherchent pas la guerre; ils veulent la victoire

02/08/2016 10:25 EDT | Actualisé 02/08/2016 10:25 EDT

Je suis sidéré par la couverture outrageante des attentats par les médias et les prétendus «analystes» qui se flattent d'une tempérance angélique. On y affirme que les terroristes veulent nous diviser, attiser notre haine et nous pousser à la vengeance. En gros, on affirme qu'ils souhaitent nous rendre belliqueux, et qu'en considérations de cela, il faudrait plutôt rester pacifique.

Or, nous sommes déjà en guerre, et je suis bien désolé, mais les terroristes cherchent avant tout à nous intimider, à nous paralyser de peur pour nous empêcher, justement, de mener celle-ci. Ils cherchent à nous terroriser pour remporter la victoire; mais faut-il vraiment le rappeler?

Stratégie en guerre asymétrique

Relisez Sun Tzu, car je n'en peux plus de cet aveuglement. La logique est simple: lorsque l'ennemi vous surpasse considérablement en force, il est préférable de l'attaquer de manière indirecte et de le tenir constamment en haleine pour le décourager. Nous sommes en guerre asymétrique, et c'est exactement la stratégie de nos ennemis.

Le gigantisme de la puissance militaire occidentale n'est plus à prouver, alors comment se fait-il que nous ne soyons plus à même de gagner des guerres?

Pourquoi sommes-nous rendus convaincus que les interventions sont destinées à l'échec?

Tout simplement parce que notre ennemi nous force à le croire par deux judicieux artifices.

Premièrement, par la guérilla: l'ennemi sait bien qu'en confrontation directe il aurait tout à perdre, alors il agit dans l'ombre, se cache dans les montagnes, dans les déserts, parmi les civils, et frappe lorsque nos militaires ne s'y attendent pas.

Deuxièmement, par le terrorisme, car il sait qu'en attaquant au cœur de nos sociétés, il donne l'impression d'être partout, d'être puissant et insaisissable. Mais surtout, il donne l'impression que nos armées ne servent à rien contre lui.

Intimidation

L'objectif principal du terrorisme est de faire peur aux Occidentaux et de les faire capituler. L'objectif principal du terrorisme est de faire triompher l'islamisme, et donc finir la guerre à leur avantage. C'est aussi simple que cela!

En décourageant l'opinion publique de leur faire la guerre, les terroristes remportent la victoire.

Les djihadistes ne font pas des attentats pour nous encourager à les bombarder! Mais quelle stupidité de penser cela! Ils veulent avant tout nous faire peur, pour qu'on demande justement à nos gouvernements de ne plus intervenir dans le monde musulman, laissant libre cours à leurs entreprises liberticides.

En appeler au pacifisme dans cette situation, c'est se laisser intimider par une force combattante qui est bien loin des idéaux de paix. En temps de guerre, il n'y a plus de pacifistes pour en appeler à la réconciliation, il n'y a que des pleutres qui cherchent à se défiler.

Division

Maintenant, l'objectif des terroristes de diviser nos sociétés, tant relayé par les médias, n'est pas faux. Mais il est analysé complètement de travers. Les analystes sont obsédés par la fameuse rhétorique djihadiste de détruire la «zone grise», cette espace de cohabitation pacifique entre musulmans et Occidentaux. Mais diantre! Croyez-vous vraiment que l'entièreté de la stratégie des djihadistes est destinée au recrutement?

Diviser ses ennemis est une stratégie militaire, que l'on retrouve dans le premier Art de la guerre, écrit par Sun Tzu il y a de cela 2500 ans. Ce n'est donc pas une stratégie pour créer une guerre ou pour mobiliser des forces, mais bien pour en gagner une qui est déjà commencée.

La division dont on parle en temps de guerre, c'est celle qui handicape, qui empêche le belligérant de se défendre ou d'attaquer... Et nous sommes actuellement ce belligérant en difficulté!

Cessons de demander à nos dirigeants de ne pas agir, car répondre de la sorte, c'est succomber aux symptômes de cette division. De manière unie, exigeons des actions fermes! Exigeons la victoire. Et arrêtons de se diviser sur la question! Point à la ligne!

Le front intérieur

Il y a deux fronts dans les guerres asymétriques au 21e siècle: le front extérieur, où nos armées interviennent; et le front intérieur, où nos gouvernements combattent l'opinion publique. En perdant sur le front de l'opinion publique, nos gouvernements sont résignés à abandonner le front extérieur et à rappeler nos armées. En décourageant l'opinion publique de leur faire la guerre, les terroristes remportent la victoire.

Ainsi, les impératifs en terme de communication publique sont incontournables dans la guerre actuelle. Nos gouvernements ne doivent pas simplement lutter contre un ennemi étranger, ils doivent réussir à vaincre cette bataille qui fait rage dans leur propre population, rallier à eux ces factions qui s'opposent, et canaliser cette ardeur dans le véritable combat que nous devons mener. L'Occident doit se convaincre lui-même du bien fondé de son entreprise. Il doit entamer une offensive culturelle majeure, faire une promotion acharnée de son système, rappeler son histoire de luttes et d'émancipations. L'Occident doit imposer la confiance.

Alors sachez-le bien, chaque fois qu'on discrédite notre société, qu'on la tient responsable des malheurs du monde, nous nous rendons complices des attaques de nos ennemis. Chaque fois que nous crachons sur nous-mêmes, que nous nous divisons, nous essuyons de graves défaites sur le front intérieur, paralysons nos armées et détruisons ce qu'il pouvait rester de nos forces défensives.

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