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Lise Thériault ou l'horrible coût des privilèges

01/10/2014 03:16 EDT | Actualisé 01/12/2014 05:12 EST

Mardi dernier, un journaliste du Huffington Post a publié un article «exclusif» concernant la vice-première ministre, Lise Thériault, qui a nolisé un avion afin d'être à l'heure pour le conseil des ministres. L'article relate que l'avion civil que Mme Thériault devait prendre a eu un défaut mécanique et qu'elle n'aurait pas été en mesure de revenir à temps si elle avait attendu le prochain vol. Le coût du vol: environ 2100 $ «payé par les contribuables». Plus tard dans la journée, Mme Thériault a réagi à la nouvelle disant qu'elle était ministre 365 jours par année. Mettons certaines choses au clair.

Tout d'abord, sachez que Mme Thériault devait absolument être au conseil des ministres puisqu'elle avait de nombreux dossiers à défendre tels que le rapport d'Orsainville qui approchait à grands pas et plusieurs dossiers chauds du moment. Si elle n'avait pas été présente pour défendre ses dossiers, plusieurs détracteurs auraient dit qu'elle se défile lorsqu'il y a des choses à régler. L'équipe de Mme Thériault avait également convoqué la presse pour une déclaration et prévu divers événements pour elle par la suite. Elle devait donc impérativement revenir le plus rapidement possible.

Ensuite, Mme Thériault se déplace constamment en voiture avec son chauffeur et que ce cas-ci de vol nolisé n'était qu'une très rare exception. Par ailleurs, parlant de fréquence d'utilisation, le journaliste qui a écrit l'article original devrait peut-être regarder du côté de certains membres des partis adverses. Rappelons certains déplacements en vols nolisés de messieurs Bérubé et Bédard lorsqu'ils étaient à la tête de l'État ainsi que l'histoire d'hélicoptère de Mme Marois il n'y a pas si longtemps alors que tous les trois auraient fort probablement pu se déplacer en voiture.

Finalement, je serais curieux de voir combien a coûté la gestion en relations publiques de ce «scandale», car, on ne se le cachera pas, cet événement a monopolisé tout l'avant-midi et l'après-midi de certains employés qui ont dû gérer le dossier. Je parierais que cela a dû coûter autant, sinon plus cher que le vol lui-même! Cela valait-il vraiment la peine?

Où s'en va-t-on avec nos élus?

Sur un autre sujet connexe, nos élus sont tellement étroitement surveillés par nos médias rédempteurs, que plusieurs domaines sont négligés de façon importante simplement pour ne pas dépenser.

Par exemple, des bureaux de ministres devraient être déménagés afin d'assurer une meilleure sécurité des membres de l'exécutif provincial. Que ce soit pour l'installation de caméras de surveillance, de vitres par balle, de planification de système d'évacuation, etc. Plusieurs de ces déménagements et travaux ne sont pas faits, car un déménagement et l'aménagement du nouveau local pourraient coûter jusqu'à 160 000 $. Certaines résidences de ministre et leurs locaux ne sont même pas munis du minimum requis pour assurer leur sécurité! Un jour, il y aura un incident et à ce moment-là, les journalistes crieront au scandale puisque les systèmes n'étaient pas adéquats. Bonjour le paradoxe!

Quelle est la prochaine étape? Devra-t-on demander la permission morale aux journalistes pour effectuer de simples travaux de décoration? Certains bureaux ont la même peinture sur les murs et les mêmes tapis au sol depuis 15 à 20 ans. Je crois que tout le monde est d'accord que rendu-là un petit rafraîchissement est de mise! Coût des travaux, matériaux et main-d'œuvre: 10 000 $. Ces travaux ne sont pas faits à cause de crainte de représailles médiatiques. Nous sommes rendus là!

Un dernier mot sur nos supposés privilégiés provinciaux qui mène la grosse vie. Les simples députés fédéraux peuvent gagner annuellement en moyenne 150 000 $ par année. La vice-première ministre du Québec gagne environ 145 000 $ par année et environ 85 000 $ pour un simple député provincial pour un travail qui demande en moyenne 15 heures par jour et plus dans certaines situations, 7 jours sur 7. Car il n'y a pas que les travaux en chambre dans leur description de tâches. Il y a les commissions parlementaires, les caucus, conseil des ministres, événements locaux, régionaux et nationaux, les colloques, les conférences, les sommets diplomatiques et j'en passe plusieurs. Je ne connais pas beaucoup de personnes qui seraient prêtes à travailler autant. Alors, avant de dire qu'ils mènent une grosse vie, demandez-vous si vous seriez prêts et surtout capables d'en faire autant en ajoutant à cela toute la pression médiatique et publique.