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Journalistes, levez-vous!

17/12/2014 09:26 EST | Actualisé 16/02/2015 05:12 EST

Il n'y a pas à dire, l'arrivée de Pierre-Karl Péladeau dans l'arène politique a chamboulé bien des choses. Bien que divers analystes et organisateurs politiques savaient depuis déjà quelques années ce qui se préparait, le débarquement de celui que tout le monde appelle PKP a lancé un débat de fond sur l'éthique que représentait son élection d'avril dernier, mais plus récemment depuis l'annonce de sa candidature pour la course à la direction du Parti québécois. Voici donc un tour d'horizon sur les divers aspects de son conflit d'intérêts.

Dès son annonce, plusieurs se sont interrogés sur le fait que PKP soit toujours propriétaire de l'empire fondé par son père: Quebecor. On peut en effet se demander comment peut-on éthiquement et moralement accepter qu'un élu qui vise la chefferie d'une formation politique qui a le potentiel de prendre le pouvoir, donc de devenir potentiellement premier ministre du Québec, peut détenir être propriétaire d'un empire médiatique qui contrôle près de 45% de l'information à lui seul? La solution du magnat: mettre ses actions en fiducie sans droit de regard. Toutefois, il a été démontré que cela ne sert à rien dans le cas d'un élu puisque PKP saurait qu'il continue d'être le propriétaire de Quebecor et qu'il pourrait continuer d'avantager son entreprise même avec son statut d'élu. Ce que confirme Jacques Saint-Laurent, Commissaire à l'éthique.

«Il pourrait être possible que l'attachement marqué du député envers une personne ou un bien, sans égard à toute considération financière, puisse constituer un intérêt personnel pour ce dernier.» - Jacques Saint-Laurent

C'est d'ailleurs ce qui s'est passé dans le dossier de Vision globale, que Quebecor a acquis il y a quelque temps, lorsqu'il a été démontré que PKP s'était ingéré dans le dossier en intervenant auprès d'Investissement Québec. Ingérence qui lui a d'ailleurs valu un blâme du Commissaire à l'éthique. Certains mettront cela sur l'inexpérience du débutant en politique. Toutefois, lorsqu'on aspire au poste de premier ministre après à peine 7 mois d'expérience, cette excuse ne peut être valable sous peine de perdre beaucoup de crédibilité.

Un autre dossier qui prouve le conflit d'éthique et d'intérêt de PKP par rapport à son empire est l'annonce de sa candidature en direct sur LCN pendant plus d'une heure de direct. Traitement de faveur qui n'a été offert à aucun autre candidat à la chefferie. Encore plus, les phrases politiques importantes apparaissaient comme par magie dans le bas de notre écran dès qu'elles étaient dites. Ça semblait réellement arrangé avec le gars des vues. Lorsque je me suis offusqué de cela sur les réseaux sociaux pendant le discours, j'ai eu droit à une série d'insultes comme à l'ordinaire lorsqu'on souffle dans l'oreille d'un «péquiste tweeteux».

Ces derniers coups publicitaires font énormément réagir. Certains journalistes commencent même à en avoir déjà ras le bol, avec raison. Cela a amené Gilbert Lavoie, du Soleil, à être leur porte-parole dans ce texte qui explique le malaise PKP.

À la lumière de ces preuves quant au manque d'éthique de PKP, il serait plus que temps que les journalistes de Quebecor, qui sont exaspérés du traitement de faveur qu'on leur demande d'exercer, se lèvent et clament haut et fort qu'ils n'accepteront pas d'être les marionnettes politiques d'un magnat de la presse qui veut se faire élire sur le dos de son empire. Les journalistes doivent avoir l'assurance de pouvoir faire leur travail objectivement et librement. Couvrir pendant 1 heure en direct à LCN le discours d'inauguration de la campagne de PKP n'entre pas dans cette catégorie lorsque les autres candidats n'ont pas droit au même traitement. Couvrir dans un grand dossier les caprices alimentaires de PKP n'entre pas dans cette catégorie.

C'est assez. Journalistes, levez-vous!

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