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Être un partisan, mais pas un mouton

14/09/2014 11:54 EDT | Actualisé 14/11/2014 05:12 EST

Nous avons tous des opinions, des points de vue et des valeurs différents. Toutefois, il arrive que ces intérêts se croisent et nous permettent de nous regrouper afin de les partager. En politique, ces regroupements s'appellent « partis » et les personnes qui se regroupent « partisans ». Toutefois, afin de dépolitiser le texte, j'utiliserai volontairement les termes « partisan » et « regroupement ».

Être partisan, c'est vivre avec les qualités et les défauts de nos choix. C'est affirmer haut et fort les idées que nous partageons. C'est aussi vivre avec les conséquences, lorsque nos regroupements prennent des décisions qui ne nous plaisent pas. Car oui, nous avons le droit et nous pouvons ne pas être en accord avec certaines décisions de nos regroupements. Être partisans ne veut pas dire être un mouton.

Être partisan, c'est ne pas avoir le devoir d'endosser la totalité des décisions prises et surtout ne pas avoir à en être redevable. Il faut comprendre que ce n'est pas les partisans qui prennent les décisions. Alors s'en prendre aux partisans au sujet de décisions prises par l'establishment de leur regroupement ne sert strictement à rien. Ils n'ont aucun pouvoir décisionnel outre par leur regroupement occasionnel de grande envergure qu'on appelle « congrès ». Un lieu où les partisans peuvent donner leur opinion aussi différente soit-elle de la majorité, car ils sont partisans et non pas des moutons.

Être partisan, ce n'est pas non plus signer un pacte de sang, ni donner son âme au diable. Il n'y a pas de clause disant que les partisans sont liés à la vie, à la mort à la signature de la carte de partisanerie. Ils ont le droit de changer de regroupement au besoin, s'ils le jugent nécessaire. Ils ont le droit de se dire que l'herbe est peut-être plus verte ailleurs et d'aller le vérifier tout comme ils ont le droit de revenir au bercail au besoin. Les autres regroupements devraient néanmoins accepter ces changements et ne pas agir comme le ferait une secte en faisant un test sanguin afin de déterminer la couleur réelle du sang de ses partisans. Puisqu'ils sont partisans, ils sont maîtres de leurs idées et de leurs intérêts et puisqu'ils ne sont pas moutons, ils sont maîtres d'aller là où ils se sentent le mieux par rapport à leurs intérêts.

Être partisan, ce n'est pas nécessairement répéter ad nauseam le même discours que son regroupement. Il y a une profonde différence entre partisanerie et collégialité du discours. La collégialité démontre une uniformité du discours et permet ainsi d'éviter les contradictions qui mènent généralement à un malaise du regroupement. La collégialité est nécessaire pour les personnes qui parlent publiquement, pour les personnes que nous voyons sur nos petits (ou grands) écrans dans les bulletins de nouvelles de fin de soirée. Les partisans ne sont pas dans l'obligation d'exercer la collégialité du discours. La déclaration non médiatisée de notre voisin ne mettra pas le regroupement dans l'embarras. Ils ne sont pas obligés de répéter continuellement le même discours, car ils sont partisans et non pas des moutons.

Être partisan dans un regroupement, c'est comme être dans un couple. On s'allie avec les qualités et les défauts de notre partenaire. On se préoccupe de ses besoins, on lui porte attention sans non plus s'assujettir à ses moindres désirs. C'est également de rester indépendant de corps et d'esprit tout en prêtant attention à notre partenaire ou, dans ce cas-ci, notre regroupement. Être partisan, c'est accepter de faire partie d'un regroupement qui dépasse ses intérêts uniques tout en respectant ce que nous sommes puisque nous sommes partisans et non pas moutons.

Je suis un partisan et je ne suis pas pour autant un mouton. Et vous?

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