Philippe Gravel

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Saisir l'occasion

Publication: 21/04/2012 10:31

L'efficacité de la grève étudiante secouant le Québec depuis plus de dix semaines fut remise en question à maintes reprises en raison notamment de l'absence de pourparlers entre les leaders étudiants et le gouvernement. Il y a tout au plus quelques jours, le conflit semblait se diriger tout droit vers l'impasse : des factions du mouvement protestataire commettaient des actes de vandalisme alors que le gouvernement se montrait tout aussi intransigeant envers les revendications étudiantes qu'il ne l'avait laissé paraître depuis le début de la grève. Évidemment, cette radicalisation des camps n'augurait rien d'enviable quant à l'issue de la crise.

L'annonce effectuée dimanche dernier par la ministre Beauchamp en ce qui concerne l'instauration d'une commission indépendante permanente sur la gestion des universités constitue un premier pas notable vers la mise en place d'une table de négociation. Il s'agit là d'une belle opportunité pour le mouvement étudiant, qui la saisit d'ailleurs en acceptant l'invitation. En contrepartie, les conditions imposées par le gouvernement pour la tenue d'une discussion demeurent fermes : il n'est pas question de débattre au sujet de la hausse des droits de scolarité, dont l'annulation représente le cheval de bataille du mouvement étudiant. Alors que la FECQ et la FEUQ sont conviées par la ministre, la CLASSE est exclue des négociations, attribuable à son discours sans équivoque au sujet de la hausse et son refus de condamner les actes de vandalisme commis dernièrement par des étudiants.
Ce survol de la situation actuelle est nécessaire afin de saisir l'importance des pourparlers qui se trameront bientôt entre les deux belligérants. Alors que la situation était critique, l'ouverture offerte par la ministre laisse entrevoir une lueur d'espoir quant à une résolution négociée de la grève. Afin que cette flamme d'espérance ne s'éteigne pas, il serait essentiel pour les associations étudiantes de poser les gestes suivants :

Condamner les gestes de vandalisme : Alors que l'heure devrait être aux solutions, quelques éléments du mouvement étudiant font preuve de manque de jugement et d'irresponsabilité en utilisant la destruction de biens matériels comme moyen de pression. En voulant éviter d'adopter une position paternaliste envers leurs membres, les associations étudiantes se dissocient de ces gestes, sans toutefois les dénoncer. Il est véridique que le mandat qui leur a été octroyé ne concerne pas l'émission d'une ligne directrice encadrant les actions de leurs membres. Cependant, lorsque les choses dérapent, il serait de leur devoir moral de rétablir l'ordre afin de conserver la crédibilité du mouvement de contestation.

Faire preuve d'ouverture : Dans une négociation, il est possible de s'accrocher coûte que coûte à une position dans le but d'arriver à une entente à sens unique. Cependant, le risque encouru par l'adoption de cette attitude est grand : il y aura nécessairement un gagnant et un perdant. Et ce dernier pourrait malheureusement être le mouvement étudiant! Voilà pourquoi les associations étudiantes devront se montrer plus ouvertes lors des prochaines discussions avec le gouvernement concernant la hausse. Dans le cas où celui-ci maintiendrait sa volonté d'effectuer une modulation des frais de scolarité, des propositions pourraient être avancées comme une hausse négociée sur une plus courte période, laissant ainsi le temps à la commission permanente indépendante de faire son travail. D'autres propositions peuvent également être avancées comme l'annexion des frais afférents avec les frais institutionnels obligatoires, point qui n'a pas été grandement soulevé dans le débat et dont l'importance est sans doute sous-estimée. C'est donc à coup de compromis, provenant d'un côté comme de l'autre, que des solutions au conflit émergeront.

Il est primordial de réaliser l'importance des prochaines négociations ainsi que bien comprendre la manière dont elles se dérouleront. Entre les mains du gouvernement et des leaders étudiants, se joue désormais le sort de centaines de milliers d'étudiants. À la suite de semaines entières, la ministre sort de sa torpeur et paraît désormais prête à écouter les étudiants. Déjà, la contestation a porté fruit : de bonnes avancées ont eu lieu (je fais ainsi référence au régime de remboursement proportionnel au revenu ainsi que l'élargissement du programme de prêts). Cependant, il reste de nombreux éléments à négocier, pour le meilleur et pour le pire. C'est pourquoi j'invite les étudiants partageant une opinion semblable à la mienne à faire pression sur leurs associations étudiantes respectives afin que celles-ci modifient leur position de départ, c'est-à-dire le gel des droits de scolarité. Mais avant tout, les étudiants de l'ensemble de la province doivent exiger de leurs associations étudiantes qu'elles condamnent toute forme de vandalisme et de violence. Cela représente la clé pour l'entrée en jeu des pourparlers.

Cette offre de la ministre est l'occasion que nous attendions depuis le tout début. Prouvons au Québec que nous ne la gaspillerons pas.

 
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10:46 sur 23/04/2012
Excellent texte, mais les boycotteurs dans la rues se sentent investit d'une mission divine ou je ne sais pas quoi...alors la raison et l'ouverture ne sont pas au menu, les journalistes et les syndicats sont entrain de faire de GND un demi-dieu !
Je prédis que ce texte va se faire ramasser par les boycotteux....
13:34 sur 22/04/2012
Cet étudiant va sûrement se faire traîter de tous les noms par ses pairs, mais il a raison. La réflexion qu'il suggère est celle qui aurait du être faite dès le début. Le refus de se replier afin de mettre une offre sur la table afin d'arriver à une entente, n'est pas un signe de force, mais bien un signe de faiblesse aveugle. Si les leaders étudiants n'arrivents pas à mener leur troupe et de faire des suggestions réalisables, alors c'est un signe qu'ils ont un manque flagrant de jugement et un manque de compréhension du monde politique. Le "pointage de doigt" qui arrive au Quebec en ce moment se compare à un "mon père est plus fort que le tiens" et un "Pourquoi il en a pis moi j'en ai pas". La negociation n'est pas blanche ou noire, elle est grise. Elle devient plus foncée du côté de celui qui a les meilleurs arguments et les meilleurs solutions.
11:24 sur 22/04/2012
Vous mentionnez tous les étudiants du Québec, mais tout cela ce passe à MTL. ou en région par des étudiants de MTL, ici à Chicoutimi, la plus grosse action commence avec 50 etudiants pour finie à 20 étudiants qui bloquent des boulevards sans pancartes et sans savoir ce qu'ils font.

GND dit qu'il veut baiser le salaire des recteurs,(pas des profs, car c'est vers cela qu,il se dirige), couper dans la pub, augmenter l'impôt aux entreprises etc...

Bien cela ressemble à un programme électoral.

Qu.il se présente pour le PQ au prochaine élection et peut-être Mme. Marois le nommera ministre des finances.
11:14 sur 22/04/2012
Je donne 100% raison aux étudiants pour ce qui est de faire le ménage à la direction des universités et autre qui se paye toute sorte de cadeaux,voyages,bonis etc,et former un comité chargé de surveiller la bonne administration,mais quand le ménage seras fait il faudras que les étudiants fassent leur part,ce qui selon moi serait raisonnable est augmentation de $200 par année pendant 10 ans et les étudiants donc les parents gagnent plus de $150 milles par année un supplément de $100. par année
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09:25 sur 22/04/2012
Dans une négo, on met tous sur la table. Pas juste les trucs qui fait notre affaire, n'est-ce pas Line?
10:42 sur 23/04/2012
C'est mieux des assos étudiantes qui veulent rien entendre a part la gratuité scolaire, n'est pas GND?
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19:58 sur 21/04/2012
Je trouve que votre texte est déphasé par rapport à l'évolution de la situation. La donne a changé considérablement depuis quelques jours.

Il y a quelque chose de très adolescent dans cette demande du Gouvernement de condamner la violence. Ce n'est pas clair, ce qui est derrière ça. Peut-être simplement une volonté de reprendre l'initiative, en forçant les étudiants à baisser la tête.

Condamner la violence. C'est comme si Charest se prenait pour Gandhi, tout à coup. Ça ne colle pas. Il n'a pas condamné la violence des deux côtés, car bien sûr, la violence des policiers est normale. Nous les québécois, avons accepté une implication en Afghanistan, une implication très violente dans un pays étranger. Je n'ai pas entendu Charest condamner cette violence.

Le pacifisme improvisé de Charest doit maintenant être mis en relief par rapport à son humour cinglant, où il traite les étudiants de paresseux et il les invitent à aller dans notre sibérie.

Il serait bien débarrassé, si la nouvelle génération ne venait pas le mettre au défi.
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14:33 sur 21/04/2012
Bon texte, bonne analyse, bonnes suggestions.
Bien sûr qu'on ne négocie pas avec des vandales et des terroristes. Félicitations.
Frais afférents payables comme les prêts. Intéressant
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Pedro Individuo
11:16 sur 21/04/2012
On ne négocie pas avec les terroristes, point à la ligne
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13:10 sur 21/04/2012
Vous parlez du gouvernement-terroriste, n'est-ce pas, si on se fie à votre philosophie anarcho-capitaliste.
Mais je vous ai peut-être mal compris.
10:44 sur 23/04/2012
C'est le gvt qui brise la ville et tout sur son passage ? Qui prend les citoyens en otages ? je croyais que c'était la CLASSE....