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J'ai parfois honte d'être Québécois

J'ai honte lorsque le fait de poser des questions sur la capacité d'accueil de notre société à l'égard d'une ruée massive d'immigrants illégaux nous expose à être associés aux racistes et aux xénophobes.

05/09/2017 10:03 EDT | Actualisé 06/09/2017 13:52 EDT
Getty Images/iStockphoto
J'ai honte lorsque toute critique à l'égard des pratiques sexistes, brutales et rétrogrades de ces extrémistes est censurée sous prétexte qu'elles constituent l'exercice de leur foi.

J'ai parfois honte d'être Québécois.

J'ai honte lorsque ma conjointe, qui est immigrante, me demande avec indignation pourquoi ceux qui contournent les règles établies par le gouvernement fédéral se voient accorder un passe-droit.

J'ai honte lorsque le fait de poser des questions sur la capacité d'accueil de notre société à l'égard d'une ruée massive d'immigrants illégaux nous expose à être associés aux racistes et aux xénophobes.

J'ai honte lorsque je croise des néo-québécois qui ont reçu une formation universitaire en médecine ou en ingénierie dans leur pays m'expliquer qu'ils se sont vu imposer de retourner au Cegep pour répondre aux normes des associations professionnelles alors qu'une mise à niveau universitaire aurait pu être suffisante.

J'ai honte lorsque s'inquiéter du fait que les douaniers soient obligés de bâcler leur processus d'enquête en raison du flux trop important d'immigrants illégaux est considéré comme « divisif ».

J'ai honte lorsqu'un premier ministre qui se comporte en animateur de pastorale en invitant « ceux fuyant la persécution, la terreur et la guerre » « indépendamment de leur foi» à venir au Canada, joue le lendemain à Ponce Pilate en nous reléguant les conséquences de ses déclarations, alors que de l'aveu même des représentants des demandeurs d'asile « quand le premier ministre a lancé l'invitation, ils se sont tous tournés vers le Canada. »

J'ai honte lorsque ce même premier ministre félicite une activiste qui refuse de retirer son niqab pour une cérémonie de citoyenneté et sanctionne la vente d'armes à une théocratie qui propage l'intolérance religieuse, bafoue les droits de ses citoyens et pratique un véritable apartheid à l'égard des femmes qui vivent sur son territoire.

J'ai honte lorsqu'un maire choisit de désigner la ville qu'il dirige comme étant une « ville refuge offrant des services municipaux aux immigrants sans papiers » alors que le centre-ville est déjà bondé d'itinérants à qui personne ne sait comment venir en aide et que bien des néo-québécois doivent se contenter d'être chauffeurs de taxi ou de dépendre de l'aide sociale pour survivre.

J'ai honte lorsqu'on se fait taxer d'être « raciste » parce qu'on estime que la priorité devrait être accordée aux demandeurs d'asile victimes de persécution et non à ceux qui choisissent des voies illégales pour améliorer leur situation économique.

J'ai honte lorsque mon voisin arabe et musulman, dont la femme porte le hijab, m'affirme spontanément que les employés de l'État ne devraient pas afficher leurs convictions personnelles politiques ou religieuses et qu'il ne voit aucun problème à l'interdiction des vêtements religieux pour les fonctionnaires, même ceux qui n'ont pas de contact avec le public.

J'ai honte lorsque des répondants de factions religieuses intolérantes et sexistes sont présentés comme étant les porte-paroles de toute une communauté ethnique ou religieuse.

J'ai honte lorsque des répondants de factions religieuses intolérantes et sexistes sont présentés comme étant les porte-paroles de toute une communauté ethnique ou religieuse.

J'ai honte lorsque toute critique à l'égard des pratiques sexistes, brutales et rétrogrades de ces extrémistes est censurée sous prétexte qu'elles constituent l'exercice de leur foi.

J'ai honte lorsque des représentants d'organismes publics bafouent la majorité des droits fondamentaux protégés par les chartes en accordant une importance démesurée à la religion, trop souvent fondée sur des textes antiques comportant des versets constituant une véritable incitation à la haine.

J'ai honte lorsque des solidaires d'opérette qui ont ouvert leurs portes aux factions religieuses les plus sectaires accusent ceux qui ne partagent pas leur vue « d'alimenter l'intolérance et d'affaiblir le vivre-ensemble ».

J'ai honte lorsque les bien-pensants déclarent que le Québec est une nation peuplée de racistes, d'islamophobes et de fascistes alors que notre société est l'une des plus ouvertes et tolérantes de la planète.

J'ai parfois honte, mais lorsque je nous compare au reste du monde, je suis fier d'être Québécois.

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