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Est-on revenu au temps des culottes à Vautrin et du catéchisme des électeurs?

06/04/2014 08:32 EDT | Actualisé 06/06/2014 05:12 EDT

L'histoire des « culottes à Vautrin » est un classique dans le folklore électoral québécois. Iréné Vautrin, ministre de la Colonisation dans le gouvernement libéral corrompu d'Alexandre Taschereau, a été accusé d'avoir subtilisé des fonds à son ministère à des fins personnelles. Le fait qu'il se soit acheté une paire de pantalons à même le budget de la colonisation, alors qu'il visitait des colons dans les fins fonds de l'Abitibi, devint un objet de blague fort prisée pendant la campagne électorale de 1936. Cet incident a d'ailleurs grandement contribué à sa défaite et à la fin d'un régime libéral qui perdurait depuis 40 ans.

Un autre classique est le « catéchisme des électeurs ». Maurice Le Noblet Duplessis, qui a été élu premier ministre en 1936, avait été jusque-là chef du Parti conservateur. Mais il a réussi à obtenir l'appui, grâce à des manigances, de la plupart des députés qu'avait fait élire, en 1935, l'Action libérale nationale, un parti nationaliste de centre gauche dirigé par Paul Gouin qui a prôné le premier la nationalisation de l'électricité. C'est ainsi qu'est née l'Union nationale.

Comme instrument de propagande électorale, Duplessis avait fait publier Le Catéchisme des électeurs dont il a inondé la province. Ce document fournissait de l'information sur la corruption et le patronage pratiqués par les libéraux. Bref, il dénonçait le jeu de façade des politiciens professionnels qui font oublier habilement les vrais enjeux. Mais cet exercice vertueux s'est avéré une manœuvre d'une duplicité consommée. En effet, aussitôt arrivé au pouvoir, le nouveau premier ministre s'est mis à enfreindre sans vergogne les préceptes éthiques qu'édictait son catéchisme.

On peut certes faire un rapprochement avec la campagne électorale en cours où l'éthique est un enjeu important. Une campagne, vide de contenu, où sont évacués des enjeux aussi importants que l'éducation, l'environnement, la culture. Les chefs des trois principaux partis ne parlent pas aux électeurs occupés qu'ils sont à se parler entre eux. Ils emploient toutes sortes de tactiques, comme la peur d'un référendum improbable, pour mettre leurs adversaires sur la défensive. On a droit à de la politique spectacle et c'en est un de mauvaise qualité. C'est ce qui arrive lorsqu'une première ministre déclenche une élection hâtive dans le seul but d'obtenir un gouvernement majoritaire en violant allègrement la loi qu'elle a fait adopter sur les élections à date fixe.

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