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2017 sera une année cruciale pour l'Europe

04/01/2017 08:56 EST | Actualisé 04/01/2017 08:56 EST

Alors que la fin de 2016 et le début de 2017 ont été marqués par des frappes terroristes tragiques en Allemagne et Turquie, il est évident que le principal défi de l'Europe cette année sera sa capacité à faire face à ce fléau.

Encore une fois, l'Union européenne ne risque ni plus ni moins que sa survie. Si elle n'est pas capable de montrer sa détermination à faire l'Europe de la sécurité et de la défense, alors qu'elle s'apprête le 25 mars à fêter le soixantième anniversaire des traités de Rome, elle succombera.

Des élections en série

Le défi est immense au moment où de nombreuses élections vont avoir lieu en Europe, à commencer par les Pays-Bas où le parti d'extrême droite dirigé par Geert Wilders, allié de Marine Le Pen au parlement européen, espère accéder au pouvoir ou être en mesure d'influer sur la future coalition gouvernementale.

Une arrivée aux affaires de ce parti sonnerait le glas de l'engagement européen de ce pays qui pourrait décider, à l'instar du Royaume-Uni le 23 juin 2016, de quitter l'Union européenne. Ce serait à la fois un symbole et une catastrophe pour un pays fondateur de la Communauté européenne en 1957.

L'élection présidentielle en France et les élections législatives en Allemagne apporteront aussi leur lot de conséquences pour l'Europe. Si un «Frexit» n'est pas à l'ordre du jour, c'est-à-dire une sortie de la France de l'Union européenne, la capacité de ce pays à influer sur le cours des évènements en Europe est en jeu. Plusieurs candidats ont carrément affiché leur hostilité à l'Europe sous sa forme actuelle quand le principal d'entre eux a évoqué d'une façon inquiétante une sortie du Conseil de l'Europe et, par suite, de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ce qui constituerait un formidable recul sur les plans juridique et politique.

Allemagne: l'extrême droite en embuscade

En Allemagne, l'élection législative risque d'être plus difficile que prévu. L'attaque terroriste sur le marché de Noël de Berlin au mois de décembre a considérablement fragilisé la chancelière Angela Merkel qui brigue un quatrième mandat. Les défaillances en chaîne des services de renseignements allemands risquent de lui causer un préjudice électoral non négligeable, même si elle demeure encore la clé de voûte de l'actuelle coalition au pouvoir à Berlin.

Le parti d'extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) est en embuscade. Ce que l'on sait moins, est que d'ici l'automne 2017, au cours duquel auront lieu les élections législatives, des élections régionales intermédiaires marqueront le temps politique: en Rhénanie du Nord Westphalie où résida le terroriste Anis Ari avant d'arriver à Berlin, mais aussi en Sarre et Schleswig-Holstein. Si l'AfD devait de nouveau faire une entrée remarquable dans les parlements régionaux, la position d'Angela Merkel serait encore plus fragilisée, à tel point qu'elle jouerait alors sa place comme chancelière avant même les élections législatives prévues entre le mois de septembre et octobre.

Des élections législatives auront lieu également en République tchèque, pays qui a été durement touché par la vague migratoire, appartenant au groupe des pays dits de Visegrad qui, avec la Pologne, la Hongrie et la Slovaquie, a été très touché par la montée du populisme en Europe.

Quelle orientation politique pour l'Europe?

De cette orientation politique qui sortira de ces différents scrutins dépendra l'orientation future de l'Europe, dès lors que les chefs d'État et de gouvernement, à travers le Conseil européen, ont un poids essentiel à jouer sur la nature politique de l'Europe à venir.

L'Union européenne doit ressusciter grâce à un projet politique innovant: il ne servira à rien de se rendre à Rome pour fêter les soixante ans des traités de Rome de 1957 si aucune envergure majeure n'est prise pour aller de l'avant, dans l'esprit du sommet de Bratislava du mois de septembre 2016.

L'Europe doit enfin rester porteuse d'espoir et de paix. Le 15 janvier à Paris aura lieu une grande conférence internationale sur le confit israélo-arabe. L'Europe doit apporter sa vision d'une paix durable entre Israël et les Palestiniens. À partir du moment où la sécurité et l'intégrité d'Israël ne sont plus contestées, où il est décidé de renoncer à la violence contre cet État, la création d'un État palestinien pacifique est envisageable rapidement, en ce compris un compromis raisonnable s'agissant de Jérusalem. Une coopération entre les deux États sera alors possible sur la base de «solidarités de fait» chères à Jean Monnet.

L'Europe doit aussi être porteuse d'un modèle de développement, tant sur le plan de l'aide au tiers monde, que s'agissant du développement durable et le modèle social.

Une année, c'est court. Il est urgent de réfléchir dès maintenant aux proposions qui doivent être mises sur la table le plus rapidement possible, dont les citoyens européens devront débattre à l'occasion de ces différents scrutins.

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