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Je me lance dans la mêlée montréalaise

02/10/2013 12:32 EDT | Actualisé 01/12/2013 05:12 EST

Quand le combat politique devient le prolongement du journalisme

J'assiste aux déconvenues de Montréal depuis le début des années 2000. Ayant prêté ma plume à une demi-douzaine de journaux de quartier, j'ai mis mon nez dans bien des dossiers aux incidences variées. J'ai réalisé, à mon corps défendant, que l'ancienne équipe du maire Tremblay faisait la promotion de projets destinés à mousser l'image de marque de notre métropole alors que les besoins les plus élémentaires des simples citoyens étaient relégués aux Calendes grecques.

La liquéfaction de Montréal

Une cohorte de sociétés paramunicipales voyait le jour afin de livrer plusieurs facettes de la gestion montréalaise à des firmes de consultants. La dilution du pouvoir central avait fait en sorte de transformer les mairies d'arrondissement en autant de petits royaumes favorisant le copinage et les appels d'offre douteux. On ne savait plus qui était responsable de quoi et même mes collègues des grands médias ne s'y retrouvaient plus.

Des citoyens bâillonnés

Les conseils d'arrondissement, créés pour donner la parole aux citoyens, étaient devenus des prétoires où d'obscurs promoteurs venaient défendre leurs projets face à des groupes de pression supposés représenter le bien commun. Curieusement, certains citoyens, plus téméraires que d'autres, prenaient la chance de venir y exposer des problématiques criantes de vérité : criminalité en hausse; bâtiments sur le point de s'effondrer; absence de sécurité piétonne autour des écoles; offre alimentaire déficiente; manque de logements abordables; hausse de taxes injustifiées ou dépenses sans queue ni tête ... les édiles prenaient des notes et promettaient d'intervenir. Et, tout cela était balayé sous le tapis de la routine municipale.

La fuite en avant

Depuis «Géranium Premier» (l'ancien maire Pierre Bourque), nos édiles ont pris l'habitude de nous étourdir avec des projets destinés à améliorer l'image de marque de l'ancienne métropole du Canada. On aurait dit que chaque projet constituait un bloc appelé à former une digue devant empêcher Montréal de sombrer dans l'oubli. Il fallait, à tout prix, que Montréal redevienne cette cité du Monde qui s'était démarquée lors de l'Exposition universelle de 1967.

Le billet se poursuit après la galerie

Expo 67


Le maire Drapeau, malgré quelques coups de génie, avait donné le feu vert au démantèlement des anciens quartiers ouvriers de Montréal et laissé les pouvoirs supérieurs venir éventrer la ville au moyen de projets autoroutiers démesurés. Depuis lors, plusieurs parcs municipaux ont été saccagés, le mobilier urbain n'a pas été remplacé, la chaussée et les trottoirs se sont lézardés, les terrains vagues ont pullulé et les familles ont quitté les lieux du sinistre.

Une médecine de cheval

Qu'à cela ne tienne, faisant la sourde oreille aux problèmes d'intendance qui se multipliaient, nos édiles et toute la classe politique nous ont servi une médecine de cheval destinée à revigorer une cité coupée de ses constituantes.

Les quartiers populaires représentaient les organes vitaux du corps municipal et, telles des métastases, les fruits de l'incurie politique ont vite fait d'hypothéquer la santé de notre ville. La spéculation immobilière à outrance, le ruissellement de la circulation vers les petites rues secondaires, la violence des gangs de rue, l'augmentation des charges foncières et la discrimination municipale envers les artistes et autres travailleurs autonomes, autant de symptômes d'un mal beaucoup plus profond.

De fait, nos habiles politiciens nous ont fait miroiter mille et une promesses pour nous faire oublier ce qui se tramait sous la couverture. Des centaines de millions de dollars ont été dépensées pour des études de faisabilité et des esquisses de projets farfelus qui ne verront jamais le jour. Seules, les industries de la consultation, du génie-conseil, quelques habiles promoteurs et spéculateurs ont été en mesure de tirer les marrons du feu. Bixi est un fiasco remarquable, le Quartier des spectacles n'est qu'un petit terrain de jeu pour touristes entourant la Place-des-Arts et nos abribus technos ont englouti des sommes démentielles.

Tous ces beaux projets - sur papier ou en temps réel - auront servi à mousser le développement de l'industrie du condominium, à telle enseigne qu'une énorme bulle immobilière nous bouche la vue. L'administration Tremblay aura agi comme l'antichambre de la spéculation à gogo. Tout le reste est à l'avenant.

Le temps de l'action

Refusant de m'acoquiner avec des partis politiques qui défendent les oligarchies en place ou qui font la promotion de vagues chimères, j'ai décidé de m'associer à une équipe de francs-tireurs. Fatigué de pousser mon crayon sur le papier de la critique - trop facile et pas assez terre-à-terre - j'ai décidé de me lancer dans la mêlée politique. Ainsi, à partir d'aujourd'hui, je rejoins l'équipe de Michel Brûlé afin de briguer le poste de conseiller de Ville à l'arrondissement du Sud-Ouest.

Conscient de l'ampleur du chantier municipal, Michel Brûlé a constitué une première équipe de collaborateurs qui sont issus de tous les milieux socioculturels et qui souhaitent mettre un terme à la dilapidation de nos ressources municipales. Nous ne souhaitons pas réinventer la roue, mais tout simplement améliorer le fonctionnement de cette ville qui est devenue un monstre bureaucratique. Prenant exemple sur les Mélanie Joly ou Jean-François Lisée de ce monde, j'entends profiter de ma tribune sur le Huffington Post Québec pour venir vous entretenir de ma campagne et... prendre le pouls de vos réactions.

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