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Un grain de sable

10/09/2013 01:32 EDT | Actualisé 28/07/2014 03:35 EDT

Il suffit d'une poussière, de presque rien, d'un grain de sable glissé entre les lignes pour que la machine s'arrête. Et que l'on se sente revivre.

Dans la quête trépidante d'efficacité qui nous fait traverser le mois d'août en courant comme si la rentrée était une ligne d'arrivée et passer de septembre à décembre sans souffler, nous avons oublié que ce que nous aimons dans le temps qui passe, c'est le temps qui s'arrête.

Le plaisir de l'immobilité.

La vie sur pause.

Les vitrines des boutiques ont depuis longtemps déjà mis leurs manteaux d'automne, les pharmacies ont remplacé les crèmes solaires par les cahiers scolaires, les enfants retrouvent à contrecœur la routine des couchers avant dix heures et les mieux organisés d'entre nous font un grand ménage de printemps dans les habits d'été pour faire de la place aux vêtements d'hiver avant la fin de l'automne.

Pourtant il y a ce petit grain de presque rien qui s'est glissé dans vos baskets avec quelques centaines de ses confrères quand vous aviez marché sur les plages infinies de la mer Noire au milieu de l'été. En remettant vos souliers ce matin, le sable a rebondi sur le plancher. Et vous vous êtes rappelé qu'il suffisait d'une poussière, de presque rien, d'un tout petit grain de sable pour que la machine fasse la grève.

Vous avez ramassé les grains de sable sur le plancher, vous les avez remis dans vos souliers. Et l'esprit des vacances vous a chatouillé les pieds toute la journée.