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Attentat contre Pauline Marois: des questions

06/09/2012 11:48 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST
AP
A man is arrested by police outside the Parti Quebecois victory rally in Montreal on Wednesday, Sept. 5, 2012. A masked gunman wearing a blue bathrobe opened fire during a midnight victory rally for Quebec's new premier, killing one person and wounding another. The new premier, Pauline Marois of the separatist Parti Quebecois, was whisked off the stage by guards while giving her speech and uninjured. It was not clear if the gunman was trying to shoot Marois, whose party favors separation for the French-speaking province from Canada. Police identified the gunman only as a 62-year-old man, and were still questioning him Wednesday morning. (AP Photo/Montreal La Presse via The Canadian Press, Olivier Pontbriand)

Deux jours après les terribles événements qui ont fait un mort et un blessé grave lors du discours de Pauline Marois le soir de son élection à la barre du Québec, il reste beaucoup d'incompréhension, de tristesse et, surtout, de questions.

Comment, le soir d'une élection cruciale, un homme armé d'un AK47, la mine patibulaire cachée par une cagoule noire et affublé d'un peignoir ridicule peut-il se promener en plein centre ville sans se faire appréhender par la police alors qu'un étudiant avec un masque de clown peut se faire arrêter, menotter et verbaliser manu militari?

Comment un soi-disant fou a-t-il pu organiser et planifier minutieusement une opération de commando contre la nouvelle première ministre du Québec sans que personne ne lève le petit doigt ni même ne se doute de rien ?

Comment, au Québec, un homme peut-il se procurer un fusil d'assaut et des armes de poing sans que ça n'éveille le moindre soupçon? Et comment peut-il le faire aussi facilement?

Comment ça se fait qu'un fou fasse preuve d'autant de raisonnement et d'organisation lorsque vient le moment de fomenter son crime?

Comment cet homme malade a-t-il réussi à tirer sur deux personnes et mettre le feu aux portes du Metropolis en même temps?

Pourquoi n'y avait-il qu'une poignée de policiers autour du point sensible qu'était le rassemblement péquiste au Metropolis ce soir de victoire prévisible alors qu'à la moindre marche pacifique des derniers mois, le gouvernement Charest envoyait l'antiémeute, la cavalerie et l'hélicoptère?

Comment se fait-il que le tueur a été traité avec plus d'égards et de douceur par le SPVM que les manifestants ce printemps?

Pourquoi il est impossible à un étudiant à l'université d'approcher à moins de 100 mètres de Jean Charest alors qu'un individu visiblement dangereux et armé d'un fusil d'assaut a pu tenter d'approcher à quelques pas de Pauline Marois et mettre la vie de centaines de personnes en danger?

Comment se fait-il qu'il a fallu que se soient des civils qui empêchent un massacre?

Pourquoi un homme armé jusqu'aux dents, organisé, déterminé et qui crie des slogans politiques est d'emblée considéré comme un cas isolé, un homme malade alors que des citoyens qui veulent améliorer la société sont traité comme des terroristes?

Pourquoi vouloir absolument taire le contexte social et politique dans lequel ce geste a été commis?

Pourquoi tant de haine et si peu de compréhension?

Où va le Québec qu'on aime, le Québec pacifique, multiculturel, ouvert, accueillant, créatif, sensible à l'environnement, généreux, imaginatif, entreprenant, audacieux,...?

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