Il y a chaque année des centaines, des milliers, peut-être des dizaines de milliers, de personnes qui disparaissent autour de nous. Que sont-elles devenues? Ce petit monsieur que vous croisiez presque tous les matins au café. Avec son gros nez crevassé et sa peau gris mat, il déambulait en dodelinant dans le quartier. Ça fait quelques semaines que vous avez remarqué sa disparition. Quelques mois plutôt. En fait, peut-être même un peu plus. Il n'est plus sur son balcon. Mais était-il là l'hiver passé? L'avez-vous revu au printemps? Est-il mort? Dans une maison de retraite? À l'hôpital? Ou dans un autre pays?
Et cette dame pliée en deux qui avançait chaque jour à petits pas, le dos courbé sous son manteau vert, été comme hiver, pour aller à l'église au bout de la rue? Vous ne l'avez pas revue depuis... depuis quand exactement? Avant les vacances? Avant le printemps? Avant encore? A-t-elle déménagé? S'est-elle fait frapper par un de ces camions de poubelles qui roulent à tombeau ouvert? A-t-elle succombé seule dans son minuscule 3 1/2 encombré des souvenirs d'une vie?
Vous avez aussi noté l'absence de ce beau grand jeune homme qui habitait avec sa maman. Il ne descend plus la rue en sens inverse sur sa planche à roulettes. Il est sans doute parti habiter avec sa blonde. Ou alors il étudie à l'étranger. Mais pourquoi ne vient-il jamais voir sa vieille mère? Sont-ils brouillés? Ou bien lui est-il arrivé quelque chose?
Et cette belle grande brune, une artiste disait-on, une chanteuse en fait. Vous la croisiez de temps en temps. Parfois elle vous souriait en fronçant ses sourcils sévères au-dessus de ses yeux sombres. Parfois elle semblait perdue dans ses pensées. Vous ne vouliez alors surtout pas la déranger. Vous ne la croiserez plus jamais. Plus jamais. Elle est partie rejoindre les étoiles. Vous l'avez lu dans le journal. Des gens passent dans notre vie et disparaissent. Sans laisser ni de traces ni d'adresse.
Ils meublent la ville de leurs existences. Vous ne leur avez jamais parlé, à peine salué d'un sourire muet quand vous les croisiez, vous ne savez ni comment ils s'appellent, ni ce qu'ils font dans la vie. Vous saviez juste qu'ils étaient là, vivants anonymes. Pourtant, il suffit de remarquer leur disparition pour que leur absence devienne une question. Une question sans réponse. Que sont-ils devenus?
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Dans un univers parallèle ? Qui sait !
Nous sommes entre l'infiniment petit et l'infiniment grand,
sur une petite planète, autour d'une étoile
parmi des centaines de milliards d'autres
dans une galaxie comme des millards d'autres connues,
dans un Univers probablement infini dans le temps et dans l'espace...
Alors ! Que sommes-nous dans notre apparente insignifiance ?
Peut-être sommes-nous une partie bien imparfaite
d'une présence dans tout l'Univers,
plus ou moins à notre image,
mais dans tous les états inimaginables
de développement et de perfection...
À rapprocher de cette célèbre pensée de Blaise Pascal
qui avait bien pressenti cette réalité maintenant confirmée :
« Car enfin qu'est-ce que l'homme dans la nature ?
Un néant à l'égard de l'infini,
un tout à l'égard du néant,
un milieu entre tout et rien. »
J'y réfléchis ici : « Le problème de l’exception humaine »
http://cercle-est-ouest.blogspot.ca/2009/07/numero-23.html
Il me semble que nous sommes à la fois dans l'infiniment petit et grand dans le sens où il me plaît à penser que l'homme serait tout aussi complexe qu'étant le Karma de Dieu il n'est pas pour autant Dieu.