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Je voudrais être sénateur

10/02/2013 10:25 EST | Actualisé 12/04/2013 05:12 EDT
Le HuffPost

Je voudrais avoir un fauteuil sur lequel pouvoir m'assoupir pendant les heures de bureau. Être grassement payé à siéger. C'est-à-dire être payé à rester assis. Être tout aussi grassement payé à ne pas siéger. C'est-à-dire être payé à ne pas être là.

Je voudrais être sénateur, parce que gouverneur général, ça ne fait pas très sérieux et c'est déjà pris.

Le gouvernement hyper-conservateur et ultra-réactionnaire de Stephen Harper nous avait promis de réformer le sénat et, dans nos rêves les plus fous, de l'abolir.

Depuis ses fausses promesses, Stephen Harper a nommé en catimini une flopée de loosers ramollis et un ramassis de nobodies inutiles.

Les récentes frasques du brouillon et bouillant sénateur Brazeau nous rappellent la pesante inutilité de cette antique institution de planqués bien payés.

Je parie que vous ne vous rappeliez même pas que notre premier ministre avait nommé, à la suite de leurs cuisantes défaites électorales de 2011, Josée Verner, Larry Smith et Fabian Manning au Sénat. Nommer au Sénat des gens que la population a rejeté démocratiquement, c'est comme servir les restes d'hier dans la soupe d'aujourd'hui. Ça passe mal. On rote, on vomit. Puis on oublie.

Si Stephen peut nommer n'importe qui au Sénat, il peut très bien me nommer moi aussi. Ne suis-je pas n'importe qui?

C'est pourquoi, mesdames et messieurs les fonctionnaires, monsieur le premier ministre, Monsieur votre Honorable gouvernail général et autres têtes couronnées concernées, je propose ici ma candidature officielle à titre de sénateur. Une candidature tout ce qu'il y a de plus sérieux, vous me connaissez, je ne ris jamais.

Quand je serai sénateur, je promets de ne pas ronfler. D'ailleurs, je ne ronfle jamais, sauf quand j'ai un verre dans le nez. Je promets donc de ne pas aller au Sénat bourré. Je promets aussi de ne pas battre ma femme, sauf au Scrabble. Quand je serai sénateur, je promets également de ne plus écrire de bêtises dans les blogues et de faire tous les jours ma prière à la Reine du Canada. Quand je serai sénateur, je promets enfin de prendre du ventre et d'avoir des cheveux blancs comme mes condisciples.

Je rappelle que le salaire d'un sénateur est de 130 000 $ par année, à peine plus que celui d'un chroniqueur de la vie ordinaire comme votre serviteur. Cependant le sénateur n'a pas à se creuser les méninges pour trouver des idées qui vous amuseront, il n'a pas non plus à serrer des mains moites pour se faire élire et il peut, par dessus le marché, avoir une autre job tout aussi payante pour arrondir ses fins de moins de pauvre sénateur.

Trudeau et Brazeau se dévêtent