Pascal Henrard

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Je vais devenir violent

Publication: 17/07/2012 10:57

Est-ce la seule chose qui puisse faire réfléchir le quidam? Une bonne paire de claques? Est-ce l'unique langage que vous puissiez comprendre? L'engueulade, les gros mots et la violence? Est-ce la seule façon de vous montrer que le monde ne vous appartient pas? Une bombe dans la gueule? Un avion dans un immeuble? Un coup de poing sur la table?

Qu'est-ce qu'il vous faut pour avoir un peu de civisme? Qu'est-ce que ça vous prend pour être un peu moins égocentré sur votre petit confort, obnubilé par vos petits plaisirs et aveuglé par votre grosse auto-suffisance? Vous aviez oublié que vous n'étiez pas seul sur cette planète.

À celui qui verse son cendrier plein à craquer de mégots dégoulinants de salive malade dans le caniveau. À celle qui laisse chaque jour les crottes molles de son sale cabot dans des sacs d'épicerie gluants déposés méthodiquement dans les bacs à fleurs du quartier. À celui qui lâche ses gobelets Tim Horton à tout bout de champ du moment que ce n'est pas dans une poubelle. À tous ceux qui croient que la lumière jaune, c'est pour vous obliger à pousser sur l'accélérateur et le klaxon en même temps.

Et ne me dites pas que la chaleur peut excuser tous les dérapages... En hiver, ça dérape pareil... Et pas seulement à cause de la glace.

À cette fausse blonde mais vraie conne qui conduit son Lincoln Navigator une cigarette à la main et le téléphone cellulaire de l'autre (mais comment fait-elle pour tenir son volant ?) tout en consultant son agenda. Et ne vous avisez pas de vous trouver sur son chemin.

À ce voisin qui éduque son chien comme il a éduqué ses enfants, c'est-à-dire en le laissant japper à tout moment de la journée.

À ces cols bleus hyper syndiqués qui sont toujours en pause et qui laissent tourner le moteur de leur camion pour que la température y soit parfaite pour leur petit derrière.

À ces mécontents pathologiques accrochés à leur convention égoïste et à leurs privilèges ancestraux qui ont oublié de voir que le monde avait changé et vont voter en conjuguant notre avenir à leur passé.

À ces faux intellectuels qui se battent aux nouvelles pour analyser le dernier lapsus de nos politiciens sur la couleur des zèbres, l'accent des babouins, l'odeur des chèvres ou le prix du sirop d'érable.

À cette machine impersonnelle qui laisse des messages de 5 minutes pour me demander si je veux faire nettoyer mes tapis ou si je vais voter pour celui-ci, pour celle-là ou pour tralala.

À ce chroniqueur de mauvais poil que vous êtes en train de lire et qui chiale pour chialer parce que c'est plus facile de chialer sur les poubelles qui traînent encore dans les ruelles que s'extasier sur un avenir qui nous appartient si on prend le temps de s'en occuper.

 

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