Pascal Henrard

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Hallali contre le halal

Publication: 25/10/2012 10:37

C'est pas commode les accommodements. Cette fois, à l'occasion de Aïd elkebir, la fête musulmane du sacrifice du mouton, c'est la façon d'abattre la viande qui passe à la moulinette.

Vous ne saviez peut-être pas comment votre steak était tué. Vous ne vous doutiez peut-être même pas qu'avant de finir dans votre estomac, votre burger avait vécu une vie paisible et avait peut-être été immolé par un mollah ou avait été sacrifié en sacrifice. Maintenant vous le savez. Et vous doutez.

Des vilains intégristes exigeraient en effet que le pauvre petit mouton passe de vie à trépas en suivant la recette du Coran et, selon toute vraisemblance, ce ne serait pas tout à fait catholique...

Dans les abattoirs halal, les moutons deviennent des gigots en se vidant de leur sang de leur vivant tel que le stipule le manuel du rituel musulman alors que dans la bonne vieille tradition bouchère, on anesthésie l'animal avec un pistolet qui provoque un traumatisme crânien et assomme la bête en créant des lésions au cerveau et au système nerveux central. La vache devient légume avant de passer à la casserole ou de se faire hacher tel que le prévu par le guide du parfait roi du BBQ.

Le problème, ce n'est pas que la côtelette d'agneau soit halal ou pas, c'est qu'avant l'hallali, vous ne saviez pas ce que c'était.

À en croire les voix qui hurlent dans les tribunes comme le muezzin sur son minaret, nous serions tous en train de devenir musulmans sans être au Coran, oups, au courant. Mon Dieu! Si je puis dire!

Si vous ne voulez pas avaler du halal, deux solutions s'offrent à vous: devenir végétarien ou faire la grève de la faim.

Évidemment, si vous achetez votre viande après une corrida espagnole, pas de danger. Votre steak aura fini épuisé, déshonoré et vidé de son sang sous l'épée d'un matador tout ce qu'il y a de plus catholique.

Vous chialez contre le halal, mais saviez-vous que vous mangiez aussi casher? De nombreux aliments sur les tablettes de nos supermarchés ont été bénis par un rabbin et préparés selon les règles juives. Parce que les juifs ont bien le droit, eux aussi, de manger des céréales, de boire des boissons gazeuses ou de s'offrir des bons biscuits au chocolat sans se faire disputer par leur bon Dieu.

Ça y est, Dieu est partout. Et la guerre des religions fait rage dans notre assiette. Va-t-on se priver de manger par conviction? Dieu m'en garde!

 

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