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Qu'est devenu cet enfant insouciant?

13/08/2014 09:03 EDT | Actualisé 13/10/2014 05:12 EDT

On a tous un jour été un joli petit poupon craquant et fragile. Même le pire tortionnaire, même la pire tête de linotte, même le roi des cons, le prince des ténèbres ou le caporal-chef ont tous été un moment donné un petit bébé replet et mignon.

C'est fou, non?

Comment passe-t-on de bambin à bandit? Comment un gentil monstre peut-il devenir un vilain barbare? Pourquoi une jolie princesse peut-elle se transformer en vulgaire pouffiasse? Quel malheur a frappé un enfant insouciant pour qu'il devienne un politicien corrompu, une ministre vendue aux intérêts privés, un actionnaire vorace, un patron sans états d'âme ou un sanguinaire militaire?

Je ne voudrais pas donner l'impression de plagier Jean-Jacques Rousseau, mais ne devrait-on pas toujours, en tant que société civilisée qui a repoussé un matin la grande noirceur, qui a éliminé la barbarie à coups de civilisation, qui a inventé la brosse à dents électrique et qui a créé la démocratie et la justice sociale, ne devrait-on pas, disais-je, toujours nous assurer que les petits bouts de chou d'aujourd'hui qui deviendront les grandes gueules de demain soient plus intègres, plus gentils, plus cultivés, plus drôles, plus instruits, bref, plus bons que ceux qui les ont précédés?

Rappelez-vous que ce sont eux qui s'occuperont de nous quand on fera dans notre couche, quand il faudra nous préparer du manger mou et quand nous ne nous souviendrons même plus qu'on avait coulé notre économie dans du béton qui s'effrite et dans un système de santé plus malade que ses patients.

Il faut prendre soin de nos enfants aujourd'hui, maintenant, tout de suite. Il faut donner le meilleur de notre société à tous les enfants. Sans exception. Il faut leur montrer l'exemple, se serrer la ceinture si on veut qu'ils serrent la leur, être honnête si on ne veut pas qu'ils travaillent au noir, être économe si on ne souhaite pas qu'ils gaspillent encore plus que nous, être juste si on ne veut pas qu'ils profitent de nous quand nous n'aurons plus la force de profiter d'eux...

Sinon, un petit Adolphe, un jeune Mouammar, une gentille Margaret ou un insignifiant Augusto pourraient voir le jour et nous plonger, quand ils deviendront grands, dans une autre grande noirceur.

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