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FFM 2013 : «La religieuse» et autres critiques

03/09/2013 03:24 EDT | Actualisé 02/11/2013 05:12 EDT

C'est en fin de semaine que s'est clôturée la 37e édition du FFM. Voici mes dernières critiques des films vus au festival.

- La religieuse(Guillaume Nicloux, France/Allemagne/Belgique) :

Tournée 46 ans après le film de Jacques Rivette, La religieuse est la seconde adaptation du roman controversé de Denis Diderot paru à la fin du xviiie siècle. On pense davantage à Thérèse d'Alain Cavalier que le film de Rivette en regardant cette nouvelle version à la fois sobre et léchée. Reprenant la critique anticléricale du roman, cette version se veut aussi une ode à la liberté. Ça reste une oeuvre classique et calculée, un brin trop sage -- sauf lors des moments avec une Isabelle Huppert, aussi démente que survoltée -- où il manque cette passion divine et cette émotion exquise.

Cote: *** sur 5

- Alone with You (Alberto Lecchi, Argentine/Espagne) :

Ce suspense tarabiscoté repose un peu trop sur un twist final tout en oubliant de tenir son spectateur en haleine. Avec sa mise en scène molle et froide, le film se laisse regarder avec un minimum d'intérêt grâce et surtout par la présence de la belle et talentueuse comédienne Ariadna Gil. Cette dernière effectue une longue et agonisante descente vers le chemin du salut et du pardon dans cet exercice de style vaniteux qui manque de simplicité.

Cote : ** sur 5

- Tourbillon (Bojan Vuk Kosovcevic, Serbie) :

Un premier film qui frappe fort. Construit en forme de triptyque dont certains liens se tissent et sont racontés sous des angles différents, ce drame puissant et ultra violent raconte le destin de gens marginaux peu après l'éclatement de l'ex-Yougoslavie dans les années 1990. À la fois ambitieux et rigoureux, ce film nous entraîne dans un véritable tourbillon de bruit et de fureur.

Cote : ***1/2 sur 5

- Monsoon Shootout (Amit Kumar, Inde) :

Bien qu'il rompt avec les codes usuels des autres productions indiennes courantes et commerciales (ni de chants ni de numéros musicaux et d'une durée très courte), ce premier long métrage de fiction d'un nouvel auteur s'inspire largement du cinéma de Tom Tykwer (principalement Run Lola Run, dont il reprend la formule de la décision, du destin et du hasard racontée sous trois perspectives différentes). Reste que l'exécution (avec ces nombreux plans sous la pluie) et l'emprunt d'éléments au polar noir -- digne d'un film de Johnnie To -- ne sont pas toujours à la hauteur.

Cote : **1/2 sur 5

- Rédemption (Joel Gauthier, Canada) :

Pour son second long métrage indépendant, Joel Gauthier réussit un petit coup d'essai avec ce drame de milieu au traitement efficace. Comme son titre l'indique, le jeune acteur-réalisateur-scénariste aborde la notion de pardon, de rachat et de seconde chance à travers une intrigue vigoureusement construite à défaut d'originalité.  L'émotion et une bonne direction d'acteurs (où domine le solide Patrice Godin) l'emportent sur le manque de moyen, certains lieux communs, une certaine faiblesse dans l'écriture (quelques scènes s'étirent inutilement) et une mise en images un brin répétitive.

Cote : *** sur 5